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Vous avez besoin de revoir votre plan de retraite ?


Vu les circonstances, j’ai trouvé que la question tardait à venir. Il a finalement été demandé par Sylvain : « J’ai l’impression que plus rien ne marche ! L’inflation augmente d’un côté, le portefeuille fond de l’autre. A quoi bon faire un plan de retraite si c’est pour se faire ramasser comme ça ? »

En parlant de « ramasser », c’est ce que j’ai pensé des commentaires de nos lecteurs. Condensons un peu plus : quand vous n’avez pas prévu une inflation de 8 % et des rendements négatifs de 30 %, que faites-vous de votre plan ?

Réponse rapide : pas d’exception !

Au moins on ne le chamboule pas, à condition qu’il ait été préparé comme tout le monde au départ.

Planification

De quoi parle-t-on ? Sur la route parfois sinueuse qui nous mène à la mort : la planification financière. Le planificateur professionnel évaluera les revenus de retraite (donc le style de vie) à partir des sources disponibles : Régime des rentes du Québec (RRQ), pension de la Sécurité de la vieillesse (SV), régime de l’employeur, épargne, location, actifs immobiliers, etc.

Selon les objectifs, le conseiller recommandera une cible d’épargne. Cela dépendra également du niveau de risque avec lequel le client est à l’aise. S’il craint l’investissement en bourse, ses rendements attendus seront plus faibles. Il devra donc épargner davantage ou réduire ses ambitions.

Un tel plan repose donc sur des hypothèses de performance. Il prend également en compte la hausse des prix à la consommation. Les données sont cruciales pour préparer la retraite, car l’inflation, même à des niveaux normaux, fait des ravages à long terme. Là aussi, on se fie aux prévisions.

Quelles sont ces prédictions ?

Normes IQPF

Les planificateurs financiers sont libres d’utiliser ceux qu’ils jugent raisonnables, mais s’ils s’écartent trop des normes établies par l’Institut québécois de planification financière (IQPF), c’est suspect. La qualité du travail en souffrira, tout comme la retraite.

Les normes sont révisées chaque année en fonction de la conjoncture économique. La dernière mise à jour remonte au printemps.

Voici les hypothèses de projection côté retour :

  • Court terme : 2,30%
  • Revenu fixe: 2,80 %
  • Actions canadiennes : 6,30%
  • Actions étrangères (pays développés) : 6,60 %
  • Actions des pays émergents : 7,70 %

Du côté de l’inflation, nous prévoyons 2,10 % par an.

Maintenant la question : est-ce déconnecté de la réalité ?

Projections à long terme

On a tendance à tout voir en noir en ce moment, c’est normal. Malgré des prix qui s’envolent depuis plusieurs mois, réduits depuis cinq ans, le taux d’inflation dépasse à peine 2,3 %. Sur dix ans, il atteint à peine 1,82 %.

Il est vrai que ces chiffres ne tiennent pas compte des six derniers mois. Mais à long terme, l’impact sera calculé en décimales. Il en va de même pour les rendements boursiers qui, malgré des baisses importantes sur de courtes périodes, finissent toujours par grimper sur un horizon long.

Il en va de même pour la planification, un exercice de projection qui s’étend sur des décennies.

Et si l’inflation persiste pendant des années ? C’est peu probable.

« Si cela se produit, nous verrons tous les titres à revenu fixe offrir de meilleurs rendements. Au bout d’un moment, le rendement réel [soit les rendements moins l’inflation] devrait se redresser », explique l’actuaire Daniel Laverdière de la Banque Nationale, Gestion privée 1859. C’est ce qu’on a vu entre 1973 et 1982.

Oui, mais le plan ?

Un plan financier n’est pas non plus une photo figée. Elle doit évoluer, notamment suite à des événements majeurs : naissances, pertes d’emploi, séparation, décès. « Il faut aussi prévoir un scénario pessimiste alternatif, un test de sensibilité, conseille Daniel Laverdière. Quel sera l’impact sur ma retraite si mon rendement réel est inférieur de 1 % à ce que j’avais prévu à long terme ? »

Si un tel écart fait dérailler le projet, il peut être trop ambitieux.

Le contexte invite à la prudence

Il y a des ménages qui encaissent durement, cela ne fait aucun doute. Les retraités qui doivent composer avec une rente non indexée sont pénalisés. De plus, même si les ajustements arrivent trop tard au goût de certains, les prestations des régimes publics finiront par rattraper l’inflation. Comme les salaires, nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’ils suivent en parfaite synchronicité.

Pour qu’un plan fonctionne, vous devez :

  • Lorsque le contexte est favorable (faible inflation ; rendements élevés), on ne s’écarte pas du budget prévu, ou pas trop. On garde les surplus pour les moments creux.
  • Quand le vent tourne, on se serre un peu la ceinture, mais surtout on repousse les grosses dépenses.



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