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VOD de la semaine – « Bottle Rocket » de Wes Anderson

Wes Anderson étant devenu presque une institution du cinéma pop américain, il est intéressant de remonter aux origines, à son premier film, « Bottle Rocket », inédit (en salles) en France pour cause d’échec commercial aux Etats-Unis. Échec compréhensible en raison de sa fantaisie indéfinissable et de son humour distant. C’est évidemment un film de jeunesse, dont la mise en scène reste discrète et retenue. Mais ce n’est pas si mal car Anderson, comme beaucoup d’autres cinéastes-designers (par exemple Tim Burton), a actuellement tendance à surcharger ses films d’effets spéciaux et de décors intrusifs. Ici son travail n’est ni kitsch ni exotique pour un sou ; il raconte simplement les élucubrations de trois post-adolescents qui auraient pu naître de l’esprit fantasque d’un J.-D. Salinger. Ce sont apparemment des fils de bonne famille – dont un assez riche – qui ont décidé de devenir braqueurs. Ils ourdissent quelques plans boueux et les exécutent mal, avant de passer au vert comme de vrais gangsters après un gros coup. Mais ce ne sont que des gosses immatures, qui n’ont pas l’ombre d’une méthode (ni d’une motivation profonde), qui les mène au désastre. Ils sont menés par Dignan, le leader survolté du groupe et probablement le plus naïf, incarné par Owen Wilson, l’un des futurs acteurs préférés d’Anderson – et co-scénariste du film -, ici assisté de ses frères, Luke et, dans un petit rôle hilarant, Andrew. Comme l’aspect policier et les scènes d’action sont souvent écourtés, Anderson contrebalance l’intrigue principale – la mythomanie criminelle de Dignan qui mène l’équipe au désastre – par une touchante idylle entre Anthony et Inès, une femme de chambre paraguayenne (du motel où ils séjournent). Episode qui ne manque pas de délicatesse, et adoucit la farce en n’empêchant pas les gags de foisonner autour des gaffes à répétition des héros zéro. Si le style Anderson est encore embryonnaire, il est compensé par la fraîcheur, presque la candeur du film, par son côté road-movie, ses décors naturels raffinés, souvent désertiques, et ses dialogues subtilement absurdes. Anderson, roi des pince-sans-rire.

NB : « Bottle Rocket » — parfois rebaptisé en France « Tête brûlée » — est la version longue d’un court métrage du même nom du réalisateur avec les mêmes acteurs.

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