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Nouvelles locales

Velours de Lyon, une entreprise qui fait de la douceur


Lyon (Rhône)

De notre correspondant régional

« Peu de gens le savent, mais le fil de soie est très rugueux par nature : la matière doit passer par ici pour se révéler ! », confie Jean-François Renaud, directeur des Velours de Lyon, qu’il considère comme un « usine de douceur ». Implantée sur deux sites, entre Décines-Charpieu (Rhône) et Saint-Just-en-Chevalet (Loire), l’entreprise réceptionne, chaque jour, des centaines de mètres de fil – soie, viscose ou encore Lurex – qu’une cinquantaine de salariés travaillent à tisser, teindre et finir pour créer du velours, sous toutes ses formes.

L’entreprise produit chaque année 80 000 mètres de tissu qui servent à recouvrir les sièges des grands théâtres et maisons de couture comme Gucci, Lanvin ou Armani, dont les créations sont fièrement exposées dans toute l’usine de Décines-Charpieu. .

Comme au temps des canuts, au 19èmee siècle, la vie quotidienne y est rythmée par le claquement des métiers, dont le rythme ne ralentit pas en ce mois de décembre 2022. Au moment de la pandémie, l’entreprise a connu une période de crise, avec 80% du chiffre d’affaires en moins . Elle a frôlé le dépôt de bilan. Mais, depuis, les commandes ont recommencé « plus beau »à tel point qu’elle doit imposer des délais très longs à ses clients…

Le chiffre d’affaires est d’environ 5 millions d’euros pour 2022. Il provient à 90% du prêt-à-porter de luxe et de la haute couture, les 10% restants provenant de l’ameublement. Vous pourriez penser que le velours n’est plus à la mode. « Il n’a en effet jamais cessé d’être recherché », assure le dirigeant. Pour sa noble réputation, son allure éblouissante, mais surtout pour son toucher unique. « C’est le seul tissu 3D : on le remarque tout de suite au milieu d’une collection ! »

La production est vendue entre 70 et 200 € le mètre linéaire pour les vêtements et 30 €, en moyenne, pour le reste. Le prix élevé est justifié par un procédé de fabrication « complexe et délicat ». Tout est fait sur place : une fois tissés et rasés, les morceaux de tissus passent entre les mains des teinturiers, avant d’être envoyés aux ramettes de finissage, qui travaillent le poil. Pour Clémence, responsable du laboratoire d’essais, maîtriser les différentes phases de production est  » une chance «  : gage de qualité, il permet également une grande réactivité.

L’histoire de Velours de Lyon commence pendant la Grande Guerre, lorsque François Renaud, le grand-père, se lie d’amitié dans les tranchées avec un agent travaillant dans le prêt-à-porter. Les deux amis ont créé l’entreprise ensemble. Elle se dessine progressivement, au gré des rachats et des déménagements. A l’heure de la mondialisation, dans les années 1990, le marché est devenu plus difficile : les fournisseurs ont fui, les fabricants ont disparu. Velours de Lyon a trouvé le moyen de résister en misant sur le haut de gamme.

Aujourd’hui, l’entreprise dirigée par les trois frères Renaud – Gilles à la direction commerciale et Patrick à la finition, et Jean-François à la direction générale – continue de développer de nouvelles compétences : dans le petit atelier attenant au tissage, « Nous avons même commencé à fabriquer les bobines en bois nécessaires à la préparation du fil ! », on glisse. Mais pour répondre à des demandes de plus en plus pointues – une robe plus ou moins droite, une couleur jamais demandée auparavant, une « croquant » « froissé » –, l’entreprise doit se doter d’une main-d’œuvre au savoir-faire spécifique qu’elle peine à trouver, même à la sortie des écoles de mode.

Habiba, qui peint à la main des détails de tissu depuis 1997, le dit avec une pointe d’inquiétude : « Ceux qui travaillent ici sont entrés dans le métier il y a longtemps ou sont venus se former sur le tas ! » Pour faire face au « rush » du moment, c’est Maryline, une ancienne retraitée, qui la rejoint. Pour Jean-François Renaud, le destin de l’entreprise, « qu’aucun des enfants ne s’apprête à reprendre »dit-il, devient un sujet de première importance.

Dans un avenir proche pourtant, rien n’empêche le numéro un national du velours, qui ne craint pas la concurrence, de se diversifier. L’usine de Décines-Charpieu vient d’accueillir deux impressionnants métiers « Jacquard 2.0 » qui vont permettre de pousser encore plus loin le savoir-faire de l’entreprise, et de s’ouvrir à un tout nouveau marché : celui des tissus techniques.

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