Nouvelles locales

Ukraine : accord d’exportation de céréales en vue, poursuite des bombardements


Kyiv | Un accord est sur le point d’être signé vendredi à Istanbul pour débloquer les exportations de céréales tant attendues par la communauté internationale face au risque de famine, alors que les bombardements se poursuivent dans l’est et le sud de l’Ukraine.

• Lisez aussi : Ukraine : les territoires séparatistes pro-russes bloquent Google

• Lisez aussi : Ukraine : HRW accuse Moscou de torture, détention et enlèvement dans le sud

La signature de ce texte majeur – âprement négocié sous l’égide des Nations unies et de la Turquie – est attendue vers 13h30 GMT. Elle se déroulera au somptueux palais de Dolmabahçe sur le détroit du Bosphore, en présence du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a indiqué la présidence turque.

L’Ukraine, dont la délégation conduite par le ministre des Infrastructures, Oleksandre Kubrakov, est déjà sur place, a cependant fait savoir qu’elle ne parapherait qu’un accord avec les Nations unies et Ankara, la Russie devant signer un « accord miroir » séparé.

Mikhailo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne, a en outre averti que son pays n’accepterait aucune escorte de navires russes concernant ses exportations ou la présence d’un représentant de Moscou dans ses ports, promettant une « réponse militaire immédiate » à toute « provocation » russe. .

La guerre qui entrera dans son sixième mois le 24 juillet est menée dans l’une des régions les plus fertiles d’Europe par deux des plus grands producteurs de céréales du monde. Jusqu’à 25 millions de tonnes de blé et d’autres céréales sont immobilisées dans les ports ukrainiens par des navires de guerre russes et des mines terrestres posées par Kyiv pour éviter un assaut amphibie.

Un accord « très important »

L’accord prévoit la mise en place de corridors sécurisés pour permettre la circulation des navires marchands en mer Noire, dont Moscou et Kyiv s’engagent à respecter la stricte neutralité.

Il serait initialement validé pour quatre mois, le temps de sortir ce qui s’est accumulé dans les silos de l’Ukraine, puis automatiquement renouvelé.

Cet accord est « très important », soulignait le Kremlin quelques heures avant sa signature.

« Il s’agit d’une part relativement faible des céréales ukrainiennes, mais il est néanmoins très important que ces céréales atteignent les marchés internationaux », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, confirmant également que le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou sera à Istanbul pour signer l’accord.

Il a également estimé qu’il fallait « permettre aux marchés de recevoir des volumes supplémentaires d’engrais et de céréales » de la Russie, dont l’exportation souffre des sanctions occidentales visant Moscou pour son offensive en Ukraine.

Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, a déclaré jeudi soir à l’AFP que Kyiv n’accepterait que « des solutions qui garantissent la sécurité des régions du sud de l’Ukraine, une position forte des forces armées ukrainiennes en mer Noire et l’exportation sûre des produits agricoles ukrainiens ». .

Les Etats-Unis se sont félicités de cet accord, même si « nous n’aurions jamais dû être dans cette situation au départ » et s’ils ont dénoncé le fait que Moscou « utilise les denrées alimentaires comme une arme ».

Mais dans le sud fertile de l’Ukraine, les agriculteurs restent sceptiques. L’accord prévu entre Moscou et Kyiv « donne un peu d’espoir », estime certainement un agriculteur de la région, Mykola Zaveroukha, qui s’attend à pouvoir exporter quelque 13.000 tonnes de céréales. Mais, ajoute-t-il aussitôt, « la Russie n’est pas fiable, elle l’a démontré année après année ».

Bombardements russes

Les forces russes poursuivent leur campagne de bombardements sans relâche dans la région de Donetsk (est), qui a été au cœur de l’offensive militaire russe ces derniers mois.

La présidence ukrainienne y recensait vendredi « cinq personnes tuées et 10 blessées dans la région au cours des dernières 24 heures ».

Ukraine : accord d'exportation de céréales en vue, poursuite des bombardements

« Il ne reste plus rien. Les fonctionnaires sont partis. Nous devons nous débrouiller pour rester en vie », a déclaré Lioudmila, une femme de 64 ans qui cueillait des abricots à Chassiv Iar, un village de la région visé par une frappe sanglante ( 45 morts selon les autorités locales) le 10 juillet. .

Du côté pro-russe, les autorités des deux territoires séparatistes du bassin minier du Donbass ont annoncé avoir bloqué le plus grand moteur de recherche internet au monde, Google, l’accusant de « favoriser le terrorisme et la violence contre tous les Russes ». .

Au sud, selon Kyiv, les forces russes bombardent des villages le long de la ligne de front dans la région de Kherson, où l’armée ukrainienne tente de récupérer des zones prises par Moscou au lendemain du lancement de son invasion fin février.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé vendredi l’armée russe d’avoir perpétré des actes de torture, des détentions illégales et des enlèvements de civils dans les territoires sous son contrôle dans le sud de l’Ukraine.

« Les forces russes ont transformé les zones occupées du sud de l’Ukraine en un abîme de peur et d’anarchie sauvage », a déclaré Yulia Gorbunova, chercheuse sur l’Ukraine à HRW. L’ONG précise avoir interrogé plus de 70 Ukrainiens ayant décrit plus de 40 cas de violations des droits de l’homme et documenté la torture de trois membres de la défense territoriale ukrainienne faits prisonniers de guerre et dont deux sont morts.



journaldemontreal

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page