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Nouvelles du Canada

Trois constats sur le 4-1 Croatie-Canada


Alphonso Davies est né de parents libériens dans un camp de réfugiés au Ghana. Il est venu à Edmonton dans son enfance. Il est avant tout un international canadien par choix. Lorsque les Whitecaps ont annoncé que Davies devenait citoyen canadien, la nouvelle était accompagnée de sa première convocation.

La suite de cette histoire, on la connaît : un transfert record au Bayern, une Ligue des champions. On aurait pu penser que Davies marquerait le premier but du Canada dans une Coupe du monde masculine, mais cela aurait été trop parfait, n’est-ce pas?

Parfois, il faut faire confiance à la poésie.

Aujourd’hui, la pilule est certainement dure à avaler pour les supporters canadiens : ce premier but est tombé dans une cause perdue, et l’équipe est mathématiquement éliminée. Néanmoins, on peut se consoler en se disant que le but de Davies est un symbole de ce nouveau Canada.

En termes d’ambitions, c’est lui qui tire ses collègues vers le haut. Il a été dans l’un des plus grands clubs du monde pendant des années. La réputation de la joueuse canadienne à l’étranger, c’est avec lui qu’elle a commencé à évoluer.

Il n’y aura pas 26 partants dans des clubs avec de nombreux records européens en 2026, lorsque le Canada accueillera la Coupe du monde. Mais quand on apprend que Tajon Buchanan et Alistair Johnston profitent du tournoi pour gravir les échelons du club, on ne peut que dire que deux résultats malheureux ne vont pas ralentir la progression de cette équipe.

Atiba était en jeu

Mettons cela de côté maintenant : il est difficile de comprendre pourquoi John Herdman a laissé Atiba Hutchinson commencer la seconde mi-temps. Le réservoir du vétéran semblait vide avant la pause et la Croatie a marqué ses trois premiers buts en partie par sa faute.

Et c’est là que nous nous arrêterons sur ce sujet.

Atiba Hutchinson disputait son 100e match pour le Canada. Il était le seul membre de l’équipe actuelle déjà en vie la dernière fois que le pays a participé à une Coupe du monde masculine, en 1986. Toute sa carrière, il s’est accroché à l’espoir d’aller, lui aussi, à une Coupe du monde.

Depuis une génération, des joueurs comme Atiba Hutchinson ont essentiellement tenu le programme masculin à distance. Des quadragénaires qui ont passé à autre chose et qui ont dû vivre de profondes émotions pour voir leur camarade réaliser ce rêve. Sans aucun doute, il les représentait tous.

Herdman apprendra de ce qu’il a fait au Qatar, comme Hutchinson a appris de ses prédécesseurs et des échecs d’antan. Son héritage ne sera pas défini par sa 100e sélection.

Vers un nouveau cycle

Ah ! les regrets d’avoir perdu contre cette Belgique…

Sans idées, sans dynamisme, les Diables Rouges ont offert à peu près autant de jeu que face au Canada, c’est-à-dire très peu. Dans notre aperçu du groupe F, un jeu de mots intelligent avec génération dorée et âge d’or était censé être totalement inoffensif. De toute façon, nous n’avons pas écrit un mot commençant par la lettre du groupe.

C’était finalement très proche de la réalité : le moment est presque venu pour ce groupe de joueurs de penser à l’avenir.

Les Belges font le bonheur de la planète football depuis longtemps. Kevin De Bruyne à Manchester City. Thibault Courtois au Real Madrid. Eden Hazard pas au Real Madrid. Mais ensemble, ils n’ont pas encore trouvé cette cinquième vitesse lorsque les enjeux sont à leur comble.

Les Belges ne sont pas éliminés du tournoi. Ils ont cependant la chance d’avoir trois points en banque, et un scénario dans lequel ils sont exclus des deux premières places du groupe F n’est en aucun cas exagéré.

Cependant, il serait réducteur de limiter la victoire marocaine aux échecs belges. Les hommes de Walid Regragui ont fait un beau match.

Comme les Canadiens avant eux, ils ont pris les mesures nécessaires pour empêcher les Belges d’avancer le ballon dans le tiers offensif avec précision. La société de statistiques Opta a noté après la rencontre de samedi que les joueurs belges avaient accumulé 26 touches de balle dans la surface adverse depuis le début du tournoi. C’est un tiers du total de la France, première équipe qualifiée pour les huitièmes de finale.

Très juste dans son organisation défensive lors du match nul face à la Croatie, le Maroc y a ajouté un peu de flair offensif – non, ce n’est pas un anglicisme. Les Lions de l’Atlas n’ont pas été transcendants dans le dernier tiers, et ils ont su flairer les petites occasions qu’il était possible de transformer en buts.

Le dernier match du Canada en phase de groupes sera compliqué. Mais ce sera aussi ultra-important.

Si vous êtes masochiste, jetez un œil sur les réseaux sociaux. Les cyniques sont de retour et vous lirez peut-être que l’équipe canadienne est composée d’incompétents.

Bientôt commencera un nouveau cycle de quatre ans – enfin un peu moins, merci la FIFA – avant une Coupe du monde. Le Canada, en tant que pays hôte, ne visera pas la qualification à la fin du processus. L’enjeu sera de continuer à faire progresser cette équipe.

Si l’équipe canadienne va chercher un résultat contre le Maroc, elle a au moins l’occasion de donner le ton de ce nouveau cycle, de trouver une poignée de positivisme à laquelle s’accrocher et de convaincre des millions de Canadiens qu’ils feront le bon choix en suite de ses aventures jusqu’en 2026.

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