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Taïwan. La visite de Pelosi relance le débat à gauche

Les positions se sont multipliées ces derniers jours au sein des Nupes à propos de Taïwan. Ce dimanche, c’est Olivier Faure qui est intervenu dans le JDD pour livrer son point de vue suite à la visite du président de la Chambre des représentants américaine et les manœuvres militaires chinoises qui y ont répondu.

« Ce qui est discutable, c’est l’opportunité de la décision de Nancy Pelosi. Ni Joe Biden ni les alliés américains dans la région n’étaient favorables à une telle visite. Ce qui n’est pas discutable, c’est le désir des Taïwanais de vivre en démocratie. estime le premier secrétaire du PS, en utilisant une formule lancée sur Twitter vendredi.

Mais en réalité le socialiste est surtout interpellé pour réagir aux propos de Jean-Luc Mélenchon publiés sur son blog mercredi 3 août. L’insoumis déplore une « Provocation américaine à Taïwan ». « Quel est le sens de la visite de Pelosi là-bas ? », demande-t-il considérant que « Taiwan est un sujet tendu depuis la libération de la Chine » et « les USA veulent ouvrir un nouveau front ». « Pour les Français depuis 1965 et le général de Gaulle, il n’y a qu’une seule Chine. Elle siège au Conseil de sécurité. Taïwan fait partie intégrante de la Chine », poursuit-il en ajoutant que depuis la fin de « Tchang Kaï-chek (…) chacun s’en tient à une volonté de cohabitation pacifique, en attendant mieux. Quoi ? Les Chinois régleront le problème entre eux ». Et l’ancien candidat de livrer son poste : « Quels que soient l’ampleur et le niveau des critiques qui peuvent être adressées au gouvernement chinois, nous devons refuser de tolérer la guerre contre la Chine pour satisfaire les vues américaines sur Taiwan », il écrit en plaidant pour une France « non aligné » comme pendant la campagne présidentielle.

« Merci à Jean-Luc Mélenchon pour son soutien constant à la politique d’une seule Chine », réagit dès le lendemain, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur Twitter, l’ambassade de Chine. De quoi attiser le débat au passage. « Nous ne pouvons pas être des démocrates à géométrie variable et considérer que parce que telle ou telle nation offenserait un régime autoritaire comme la Chine, nous devrions nous conformer et abandonner Taiwan », déclare le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, interrogé sur BFMTV vendredi, évoquant la politique de la « non alignement » à une “vue assez datée” et la période de  » guerre froide « tout en faisant le parallèle avec les critiques adressées à la FI lors de la guerre en Ukraine. « Le nationalisme chinois est un outil de propagande pour justifier la barbarie. « Une seule Chine », c’est d’abord « une seule dictature ». La liberté et la démocratie sont des joyaux au cœur de nos luttes politiques », saute aussi l’écologiste Yannick Jadot sur Twitter.

Plus mesuré, Olivier Faure rappelle ce dimanche que « une Chine », « c’est aussi la position du gouvernement ». Mais pour le député de Seine-et-Marne « Ce qui n’est pas consensuel dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, c’est quand il croit que  »les Chinois vont régler le problème entre eux » et qu’il laisse ainsi la porte ouverte à l’annexion ». « Taiwan est un État de facto, avec un peuple, un territoire et des institutions démocratiques, juge le patron du PS. La traduction en France est une ambassade de Chine aux côtés d’une représentation permanente de Taïwan sur notre territoire. Ce statu quo doit être préservé. »

Les anti-Nupes du PS, eux, n’ont pas manqué de s’engouffrer dans la brèche. Comme le maire du Mans Stéphane Le Foll qui a une nouvelle fois dénoncé « une alliance d’opportunisme sans ligne ».

UN  » séquence «  dont s’inquiète le député Génération.s Benjamin Lucas puisque celui-ci pourrait, selon lui, « pour illustrer une volonté coordonnée et manifeste de certains de trouver un prétexte (aussi légitime soit-il) pour tirer sur la belle construction unitaire que nous avons forgée avec Nupes ».

Côté insoumis, Manuel Bompard est monté au créneau sur RTL en expliquant que « Le droit international confirme aujourd’hui le soi-disant concept d' »une seule Chine » » et « Lorsqu’il y a un différend territorial de cette nature, il doit être réglé à l’intérieur du pays en question, et les États-Unis n’ont rien à faire en jetant de l’huile sur le feu. Il y a suffisamment de désordre à l’échelle internationale pour ne pas en rajouter ». Jean-Luc Mélenchon, il a publié samedi une nouvelle note de blog dans laquelle il se disait « étendu » de la « crie à propos de (ses) répliques sur la visite de Nancy Pelosi à Taïwan ». Avertissement concernant « la formation de nouveaux grands blocs géopolitiques (qui) est l’enjeu de notre temps » et au risque d’escalade, il assure qu’il n’a pas « ne fait que répéter la doctrine constante de notre pays (la France, rappelons-le) depuis 1965 à l’égard de la Chine »faisant appel à la fois aux promoteurs « Bulletins de l’Église de l’Atlantique »que celles « informés, et cultivés (qui) n’interrompent pas un instant leurs vacances pour dire ce que tout le monde sait de Taïwan ». Et courir: « Où est passé l’actif président des amitiés franco-chinoises M. Raffarin ? Et les signataires de l’accord de coopération de l’UMP avec le Parti communiste chinois ? Et Fabien Roussel après son récent voyage d’amitié en Chine ? »

Le secteur international du PCF a néanmoins pris part au débat. « La visite officielle de Nancy Pelosi à Taïwan était conçue comme une bravade ; il s’avère être une provocation sans conséquence dans une situation mondiale déjà particulièrement dangereuse », a-t-il estimé vendredi sur les réseaux sociaux. « Remettre en cause, par des démonstrations de force ou des menaces, le principe d' »une seule Chine » (la République populaire de Chine proclamée en 1949) reconnu par l’ONU, y compris les Etats-Unis, alimente des processus de déstabilisation régionale dont personne ne peut contrôler les conséquences et les répercussions internationales. , il complète.Ce qui doit primer, c’est l’intérêt commun des peuples et des États de la région à garantir une coexistence pacifique. »



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