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Sobriété énergétique, le gouvernement s’attaque aux enseignes lumineuses

« Les Français sont à juste titre choqués par certaines pratiques. » C’est par ces mots que la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé dans une interview au Journal du dimanchedimanche 24 juillet, de vouloir prendre deux décrets sur les entreprises, dans le cadre d’une stratégie globale de sobriété énergétique.

L’un envisage d’interdire aux magasins climatisés de laisser leurs portes ouvertes, l’autre va généraliser « l’interdiction des publicités lumineuses quelle que soit la taille de la ville entre 1h du matin et 6h du matin, à de rares exceptions comme les gares et les aéroports ». Actuellement, seules les communes de moins de 800 000 habitants sont soumises à cette règle.

En cas de non-respect de ces nouveaux arrêtés, le ministre prévoit des sanctions : jusqu’à 750 € d’amende pour les portes ouvertes, et 1 500 € pour les enseignes lumineuses. Ces derniers sont ciblés par l’État depuis plusieurs années, notamment en raison de leur forte consommation d’énergie. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), chaque panneau publicitaire consomme, au bout de dix ans, 20 477 kWh, soit la dépense énergétique annuelle de quatre foyers français, soit 8,8 personnes. .

D’un point de vue environnemental, ces lumières artificielles perturbent également la biodiversité nocturne, causant « perturbations des rythmes biologiques et des cycles de reproduction, fragmentation des habitats, restriction des déplacements (…) voire apparition de maladies »chez les oiseaux diurnes, les chauves-souris ou les plantes, rappelle le site gouvernemental consacré à la biodiversité.

Sensibilisation

Pour l’Association nationale pour la protection du ciel nocturne et de l’environnement (ANPCEN), qui comptait 3,5 millions d’enseignes lumineuses en 2015 en France, l’annonce du ministre va dans le bon sens. « Depuis le premier décret de 2012 qui interdisait ces publicités dans les communes de moins de 800 000 habitants, on s’attendait à ce que l’État exerce un véritable contrôle sur les enseignes, car toutes ne le respectaient pas. Avec ces sanctions, on espère que la sensibilisation autour de la pollution lumineuse va encore s’accélérer »commente l’association.

D’autant que les Français sont de plus en plus conscients du problème. Dans une enquête TNS Sofres réalisée pour le ministère de l’Environnement en 2012, 84 % des Français se déclarent favorables à l’extinction des enseignes aux heures creuses. « Pendant le confinement, de nombreux citoyens se sont mobilisés pour interpeller leurs communes sur ce sujet »ajoute l’ANPCEN, qui a mis à disposition sur son site du matériel d’accompagnement des élus.

Eclairage public insuffisant

Les acteurs du commerce sont plus mesurés. « Il y a des entreprises qui polluent bien plus que les petites boutiques de prêt-à-porter. Je ne suis pas sûr que pour les grands groupes, une astreinte de 1 500 € soit vraiment coercitive »estime Charles Dassonville, secrétaire fédéral de la CGT Commerce.

Pierre Talamon, président de la fédération nationale de l’habillement, l’organisation représentative des entreprises indépendantes de prêt-à-porter, en convient : « Que ce soit pour la climatisation ou les enseignes lumineuses, nos magasins n’ont pas attendu l’intervention du gouvernement pour agir, car pour nous cela représente un vrai coût. »

S’il attend de voir le détail de ces mesures avant de se décider, Pierre Talomon prévient néanmoins d’un problème de sécurité : « Dans certaines communes, l’éclairage public n’est pas suffisant, au point que des commerces prennent le relais pour éviter qu’ils ne plongent dans l’obscurité. Le gouvernement doit en tenir compte. » Un problème déjà pointé du doigt par la Cour des comptes. Dans un rapport de 2021, ce dernier déplorait la « délabré » équipements, 40% des points lumineux ayant plus de 25 ans.

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