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Nouvelles locales

Sera-t-on un jour capable de prédire les tremblements de terre ?

Le sol commence-t-il à bouger avant même qu’un tremblement de terre ne se produise ? Et si oui, peut-on l’observer, anticiper la catastrophe de quelques heures, et ainsi limiter son coût humain et matériel ? La question se pose une nouvelle fois au lendemain du séisme qui a fait près de 3 000 morts au Maroc le 8 septembre.

A défaut de pouvoir y répondre – du moins jusqu’à présent – par l’affirmative, les scientifiques ont plutôt concentré leurs efforts ces dernières années sur le développement de systèmes de détection, notamment au moyen d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA). Leur objectif n’est pas de prédire les tremblements de terre, mais de les repérer et d’estimer au plus vite leur ampleur, à partir des ondes sismiques émises.

Comme ces ondes n’apparaissent qu’après le déclenchement du séisme, les délais d’alerte sont très courts : quelques secondes au mieux avant les premières secousses. Ceci est particulièrement utile pour les tsunamis, qui ne surviennent que quelques minutes après que la terre ait tremblé.

« Grande nouvelle » qui reste à confirmer

Sur la prédiction en tant que telle, le « Graal » de la sismologie, il pourrait bien y avoir du nouveau. Un article publié le 20 juillet dans la revue La science « suggère fortement que oui, il y a une phase de glissement lent avant les grands tremblements de terre »tel que résumé pour La Croix l’un de ses auteurs (1), Quentin Bletery.

« Cela doit encore être confirmé, mais si ce changement existe effectivement, c’est une très grande nouvelle. »se réjouit ce géophysicien, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), qui veut néanmoins rester prudent. « Cela signifierait qu’il serait à terme possible de prédire les tremblements de terre, à condition que la technologie d’observation continue de progresser. »

Comment ces scientifiques sont-ils arrivés à ce résultat ? En compilant les données GPS enregistrées dans le sol au cours des deux jours précédant 90 grands séismes. L’ajout de ce très grand nombre de données (plus de 3 000 séries temporelles GPS) a permis de mettre en évidence des signaux très faibles au milieu de beaucoup de « bruit ».

Le Pérou se prépare

Cependant, à l’issue de cette opération, Quentin Bletery et son équipe ont observé une augmentation du signal dans les deux heures précédant les séismes.. « Le signal est statistiquement significatif, mais il reste assez faibleprécise le chercheur. Elle pourrait donc s’expliquer autrement que par l’existence de glissements lents sur la faille. Des collègues vérifient que c’est bien ce dont il s’agit. »

Même si cette découverte était confirmée, ces scientifiques ne pourraient pas en faire grand chose pour le moment. Car pour voir émerger un signal, il a fallu additionner toutes les données jamais enregistrées (sur 90 séismes majeurs). « A l’échelle d’un seul tremblement de terre, nous ne verrions rienexplique Quentin Bletery. Pour que cela change, il faudrait améliorer considérablement la précision des instruments. Ou déployez beaucoup plus d’instruments. »

En parallèle de ces recherches exploratoires sur la prédiction, ces Français poursuivent leurs travaux sur la détection des séismes – après son déclenchement en tant que tel donc. Sur cet aspect, les travaux de Quentin Bletery et de son équipe sont bien plus avancés.

Leur algorithme basé sur les ondes gravitationnelles pour estimer la magnitude des grands séismes sera intégré dans un système d’alerte au Pérou, où la probabilité qu’un séisme puissant se produise est très élevée.

New Grb1

Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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