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sept questions à l’animateur de Rock en Seine Arnaud Meersseman

Rock en Seine s’apprête à fermer la page des festivals de l’été 2022 en beauté et attend quelque 150 000 personnes du 25 au 28 août sur la pelouse du Parc de Saint-Cloud (Paris). Pour cette édition de reprise après deux ans d’arrêt forcé virtuel, les organisateurs sont passés à la vitesse supérieure et ne proposent plus trois mais quatre jours de musique au total (cinq jours étaient même prévus avant l’annulation de la venue de Rage Against The Machine pour raisons médicales le mardi 30 août). Si les festivaliers n’ont jamais autant voulu communier avec leurs groupes préférés, les artistes ont aussi eu des fourmis dans les pattes : le festival s’est retrouvé face à une offre pléthorique de concerts, comme nous le raconte Arnaud Meersseman, programmateur de Rock en Seine et Managing Administrateur d’AEG France.

Redémarrer la pompe d’un festival comme Rock en Seine après presque trois ans de pause, c’est forcément difficile. Qu’est-ce qui a été le plus compliqué dans cet exercice ?
Arnaud Meersseman : C’était compliqué surtout en termes de personnel, de former les équipes, notamment les techniciens, car il y a un gros volume de festivals cet été et un manque général de personnel. Avec l’inflation des coûts liée au contexte économique général, il y a aussi un vrai défi à maintenir les coûts plus ou moins dans le budget. C’était assez difficile.

Côté programmation, avez-vous remarqué une affluence de groupes demandant à jouer ?
Oui, c’était difficile de faire face au volume de groupes qu’on nous proposait. Aujourd’hui, la majorité des revenus des artistes proviennent des tournées et pendant les deux années de Covid beaucoup d’entre eux se sont retrouvés privés de revenus. Conséquence : tout le monde a décidé de tourner en même temps et on a dû refuser beaucoup de choses. Mais on avait tellement de propositions qu’on s’est dit que ce serait bête de passer à côté de tout ça. Alors à chaque fois on a ajouté des groupes, au point qu’on s’est même demandé à un moment si on n’allait pas faire une semaine complète ! (des rires)

L’annulation pour raison de santé de Rage Against The Machine à moins de trois semaines du festival, est-ce un coup dur ? Quelles sont les conséquences sur l’équilibre artistique et financier du festival ?
Oui, ça a été un coup dur car c’était un véritable événement de recevoir le groupe qui ne s’était pas produit en France depuis dix ans, avec déjà une première annulation ! Cela a peu d’impact sur l’équilibre artistique car nous étions un jour particulier, mardi, qui était tout seul. En ce qui concerne la partie financière, nous sommes assurés et cela n’a donc aucune incidence.

Comment avez-vous construit le programme cette année, qu’est-ce qui a guidé vos choix ?
Sauf Rage Against The Machine, qui était le seul report de 2020, tout le reste est nouveau : nous sommes repartis de zéro sur le lineup car nous pensions que les groupes qui avaient été bookés en 2019 pour 2020 ce ne serait pas très excitant en 2022. De plus , nous avons compris que nous avons un public fidèle, attaché à l’ADN rock du festival. C’est pourquoi nous sommes allés voir des artistes comme Nick Cave ou Arctic Monkeys. Mais l’idée était aussi d’ouvrir un peu le champ musical. D’abord parce que le vivier de groupes de rock est assez limité, mais aussi parce qu’il y a d’autres choses qui se passent dans la musique que le festival devrait refléter, nous en sommes convaincus. Pour nous, c’est un exercice difficile car nous a un public très grincheux qu’il faut ménager, donc on y va progressivement, par petites touches. On était allé beaucoup trop loin en 2018 avec le concert de PNL en tête d’affiche, ce qui était lié aux circonstances puisque nous avions été rattrapés par Kendrick Lamar (par Live Nation, concurrent majoritaire d’AEG à Rock en Seine ndlr). On reste donc sur une base rock mais cela ne nous empêche pas de nous ouvrir à la pop comme Stromae ou à la pop électronique avec des artistes comme The Blaze, FKJ ou Tame Impala.

L’affiche 2022 est riche et comprend une pluie de stars. Votre budget a-t-il explosé ou les artistes ont-ils un peu baissé leurs cachets car ils avaient besoin de jouer ?
Le jour où les artistes baisseront leurs cachets, nous le ferons savoir ! (il rit). Surtout, nous avons pris plus de risques mais nous voulions profiter de tout ce volume d’artistes disponibles. Et ça paye car nous étions déjà sold out fin mai pour jeudi avec Arctic Monkeys. Nous avons également bénéficié d’une réorganisation stratégique d’AEG (société majoritairement américaine de Rock en Seine) qui a reporté son festival londonien All Points East de début juin au dernier week-end d’août. Comme AEG a aussi un festival qui se déroule le même week-end à Bristol, nous avons pu faire aux artistes une triple offre Bristol, Londres et Paris. De cette façon, c’est beaucoup plus simple pour nous et c’est aussi plus facile de connecter les groupes.

Quelles sont les grandes exclusivités de cette édition ?
Arctic Monkeys et Tame Impala, qui ne jouaient nulle part ailleurs en France cet été, The Blaze est aussi un paria, tout comme London Grammar. Ça tombe bien car cet été aux festivals il y avait pas mal de têtes d’affiches similaires comme Angèle et PNL. Mais aujourd’hui, pour qu’un festival soit intéressant, il n’y a pas mille façons de se démarquer : mettre deux scènes dans un champ ne marche plus vraiment. Donc, soit vous avez un endroit pour mourir comme Coachella, soit vous avez une programmation hors du commun qui ne peut être trouvée nulle part ailleurs. Je pense que c’est très important d’avoir des exclusivités sur les têtes d’affiche, on y fait attention quand on travaille sur le programme et on le guette déjà pour 2023.

Quels groupes ou artistes as-tu le plus hâte de voir ?
Il y en a pas mal, certains attendent de jouer depuis deux ans. Je suis un grand fan d’Arctic Monkeys donc très heureux d’avoir décroché une date exclusive. J’ai hâte de voir November Ultra, tous les retours à ce sujet sont incroyables. J’attends aussi de voir ce que Yung Blud, assez fou à l’Olympia, va faire sur une grande scène. Idem pour les Parcels, que je trouve phénoménaux avec un petit côté Fleetwood Mac, et puis Tame Impala qui est toujours une expérience. Hâte de voir The Blaze aussi car ils vont sortir de nouveaux morceaux (ils ont sorti un premier single en juin et ils sortiront d’autres trucs bientôt) ainsi qu’une toute nouvelle scénographie en avant-première.

Rock en Seine à Paris du 25 au 28 août 2022 (voir le programme complet)



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