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Regain d’intérêt pour le Canadair, un appareil conçu au Québec


Oubliez le Boeing 737 ou l’Airbus A380 ; l’avion de l’heure ne transporte pas de passagers, mais des tonnes d’eau pour combattre les incendies en Europe. Le Canadair, né du génie québécois, est sur toutes les lèvres, et sa production repartira hors Québec.

Au Farnborough Air Show, le constructeur De Havilland, qui avait acquis les CL-215 et CL-415 de Bombardier, a ressenti un regain d’intérêt pour le petit avion jaune et rouge, infatigable allié des pompiers et véritable star. médias européens.

« C’est la saison des incendies en Europe et nombre de nos clients sont malheureusement occupés à lutter contre les incendies. C’est certain que dans le contexte, on sent vraiment une plus grande demande », confirme Jean-Philippe Côté, vice-président chez De Havilland Canada, lors d’une entrevue avec Le Journal.

Conçu par Canadair à Montréal, avec l’aide du gouvernement du Québec, l’avion a été lancé en 1969. Il a longtemps été le seul du genre à combattre les incendies, et il a la particularité de pouvoir renflouer de 5000 à 6000 litres d’eau en touchant un lac ou un océan.

Le programme avait été repris par Bombardier dans les années 1980, les composantes étant alors fabriquées à son usine de Saint-Laurent. Faute de contrats, il a été vendu en 2015.

Actuellement, il y a encore 160 Canadairs en circulation dans le monde; certains sont utilisés depuis plusieurs décennies.

« Beaucoup d’entre eux sont parmi les premiers exemplaires et ont plus de 40 ans d’utilisation, c’est un avion très durable », a déclaré M. Côté.

Changements climatiques

Ces dernières années, la production de l’avion avait été arrêtée, mais, en raison du changement climatique et de la multiplication des incendies à grande échelle, l’intérêt des gouvernements est grandissant.

De Havilland est également en discussion depuis plusieurs mois avec au moins six pays de l’Union européenne, notamment la France, pour la fabrication d’une vingtaine d’avions.

« Cette demande justifiait la relance de la production. Nous avons commencé des investissements pour apporter des améliorations à l’avion. Le poste de pilotage et certains systèmes seront modernisés et des matériaux plus durables seront utilisés », explique M. Côté.

Avantages pour nous

Ce nouvel avion, le DHC-515, devrait obtenir sa certification en 2025. Une première livraison est prévue pour 2026. L’assemblage aura lieu à Calgary et il devrait nécessiter l’embauche de 500 ouvriers, mais De Havilland promet que les impacts seront se faire sentir jusqu’à Québec.

« Nous avons des opérations de fabrication à Victoria, d’ingénierie dans l’Ouest canadien et à Toronto, mais plusieurs de nos fournisseurs sont au Québec, dont Pratt & Whitney, qui fournira les moteurs. Ce sera un produit très canadien », dit Côté.

Malgré un regain d’intérêt pour son ancien produit, Bombardier ferme la porte à l’idée de fabriquer à nouveau des avions ravitailleurs.

« Bombardier a réussi à recentrer ses activités sur les jets d’affaires, et nos projets de recherche et de technologie sont davantage axés sur l’écoresponsabilité », a déclaré le porte-parole Mark Masluch.

– Avec la collaboration de Sylvain Larocque

Le Canadair en quelques chiffres

1944 : Année de fondation de la compagnie Canadair

1969 : Début de la production du Canadair, le tout premier bombardier à eau de l’histoire

1986 : Rachat du programme par Bombardier

2015 : Le programme est vendu à Viking Air, filiale de Longview Aviation, propriété de Sherry Brydson, riche héritière de la célèbre famille Thomson. Une autre filiale de la compagnie, De Havilland, obtient après coup les droits de Canadair

220 : Nombre de Canadair fabriqués entre 1969 et 2015

160 : Nombre de Canadair encore opérationnels

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