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Politique

RAPPORTS. Lave torrentielle, poches d’eau, gouttes… Au Mont-Blanc, la fonte des glaciers est sous surveillance


La fonte accélérée des glaciers est l’une des préoccupations majeures du massif du Mont-Blanc. Cette baisse est étroitement surveillée par les scientifiques, notamment pour prévenir les risques.

En moyenne, les glaciers des Alpes françaises reculent de 1,50 m par an à cause du réchauffement climatique. Christian Vincent, chercheur à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE), est l’un des scientifiques français qui connaissent le mieux ces glaciers. C’est une sorte de guetteur des glaciers. Il a co-fondé un programme de surveillance des glaciers, appelé Glacio-Clim, qui mesure régulièrement l’évolution de six glaciers en France depuis des décennies.

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Ce jour-là dans la vallée de Chamonix, il faisait plus de 20°C. Le site du glacier des Bossons illustre justement le risque croissant en montagne. « Nous sommes au pied du glacier et il y avait un lacdécrit Christian Vincent. Lorsque le glacier a diminué en épaisseur et en largeur, le lac a grossi et est devenu menaçant pour la population. »

Des risques multiples

Le lac a été vidé. Le risque était que l’eau dévale la pente, entraîne la terre et les roches dans la vallée et crée un « écoulement massif ». Le spécialiste des glaciers Christian Vincent a dû élargir son domaine d’expertise pour évaluer la dangerosité de ces lacs de fonte : « On constate que le nombre de ces lacs est en augmentation ces dernières années. Heureusement, tous ces lacs ne sont pas dangereux. La difficulté est de savoir quels lacs sont menaçants pour la population en aval. »

D’autres risques concernent des poches d’eau au sein même des glaciers, comme à Tête-Rousse au-dessus de Saint-Gervais. Il y a aussi le décrochage qui fait peur pour le glacier de Taconnaz. Il est plaqué contre le rocher sur une pente raide, d’environ 40 degrés. Elle tient grâce aux températures négatives mais cette glace se réchauffe. Et les scientifiques craignent le moment où elle descendra jusqu’à 0°C. L’eau va alors circuler en dessous et le glacier risque de glisser. « À l’avenir, nous savons que ces glaciers risquent d’être déstabilisés, ce qui risque de provoquer de gigantesques avalanches de glace.explique Christian Vincent. Pour le glacier du Taconnas, cela pourrait aller jusqu’au fond de la vallée. Nous n’en sommes pas encore là, cela prendra probablement quelques décennies, mais nous savons qu’à long terme il existe une possibilité de déstabilisation de ce glacier. »

La fin des glaciers arrive plus vite que prévu

Ces risques ne sont pas nouveaux mais ils s’intensifient avec l’accélération de la fonte. Si le phénomène de déclin n’est pas récent, son accélération est nouvelle. Les glaciers des Alpes françaises perdent de la masse depuis près de deux siècles. Mais on est passé d’un rythme de 40 cm en moyenne par an au cours du siècle dernier à 1,50 m au cours de la dernière décennie. L’accélération date des années 1980.

La majorité des glaciers sont désormais en sursis. Si la courbe des émissions de gaz à effet de serre se poursuit, leur fin est programmée. Cela arrive plus vite que prévu, explique Christian Vincent : « On a calculé que tous les glaciers de taille moyenne culminant en dessous de 3 500 m d’altitude – et qui représentent les trois quarts de la surface glaciaire en France – risquent de disparaître avant 2050. »

« On ne s’y attendait pas car de précédentes simulations réalisées il y a une quinzaine d’années prévoyaient plutôt une disparition de ces glaciers vers 2070. »

Christian Vincent, chercheur à l’IGE

sur franceinfo

Le réchauffement dans les Alpes est de 2°C. Le retrait des glaciers s’est encore accentué au cours des deux dernières années. La perte était de 3,50 m en 2022, année sombre. Elle devrait être de 2,50 m cette année pour les grands glaciers. Ces deux dernières années marquent une rupture.

francetvinfo

Cammile Bussière

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