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Qui était Sarah Bernhardt ?


Le théâtre, une première vocation pour Rosine Sarah Bernardt

Née d’une courtisane hollandaise et d’un père inconnu, Rosine-Sarah Bernardt (le H viendra plus tard) est née en septembre ou octobre 1844, à Paris. Impossible de connaître exactement sa date de naissance car son acte de naissance a brûlé dans l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris en 1871. Cela donne déjà au personnage un caractère mystérieux.

Sarah vit une enfance solitaire en Bretagne avec une nounou. Sa mère l’envoya alors au pensionnat d’Auteuil puis au couvent de Grand-Champs à Versailles. Là, elle découvre sa vocation pour le théâtre en jouant le rôle de l’ange Gabriel pour une pièce écrite en l’honneur de l’archevêque.

Un caractère trop fort pour la Comédie Française

Grâce à l’amant de sa tante, le duc de Morny (demi-frère de l’empereur Napoléon III), elle suit des cours de sculpture et de peinture. En 1859, elle entre au Conservatoire d’art dramatique sur une lecture inspirée de deux pigeons par Jean de La Fontaine. En 1862, elle entre à la Comédie-Française, mais son caractère fougueux enflamme et embarrasse ses membres. En 1866, Sarah gifle un membre et se retrouve expulsée de la prestigieuse institution. Entre-temps, elle donne naissance à un fils, son unique enfant, après une liaison avec un noble belge.

Malgré son renvoi de la Comédie-Française, sa réputation n’est pas entachée. Elle côtoie de belles personnes, artistes et écrivains, dont Georges Sand et Alexandre Dumas. Son cliché le plus célèbre a été réalisé par Nadar, le portraitiste officiel de l’entreprise à l’époque. Tout mondain qui se respecte doit être passé par son atelier. Sarah Bernhardt signe un contrat avec le Théâtre de l’Odéon. Elle triomphe dans le rôle de la reine de Ruy Blas par Victor Hugo. Le chef de file du romantisme surnomme son actrice « la Voix d’Or » et lui permet de devenir une star. D’autres surnoms suivront, comme « le Divin » ou « le Scandaleux ». Sa silhouette élancée ne plaît pas à tout le monde. Moins élogieux que ses contemporains, Alexandre Dumas laisse entendre qu’elle ressemble à « une éponge sur un manche à balai ».

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Une extravagance et des positions politiques assumées

Sarah Bernhardt n’hésite pas à assumer ses fonctions politiques. Lors du siège de Paris en 1870, elle transforme son théâtre en hôpital militaire. Après la Commune, elle prend la défense de l’anarchiste Louise Michel. Au moment de l’affaire Dreyfus, elle affiche publiquement son soutien à Emile Zola.

En 1878, lors de sa tournée à Londres – qui fait d’elle la première star du monde du spectacle (elle donne 37 interviews le lendemain de son arrivée) – le public est témoin de son excentricité. En visite au zoo de la capitale, elle ramène un guépard et un caméléon sur son épaule. Plus tard, elle adoptera un crocodile, qui ne fera qu’une bouchée de ses pauvres bichons, et un boa constrictor qui périra tragiquement après avoir avalé les coussins de son canapé.

Comble du loufoque, l’actrice ne dort pas toujours dans son lit. Non, parfois elle préfère s’allonger dans un cercueil en bois rose doublé de satin blanc pour trouver le sommeil… pas encore éternel.

Sarah Bernhardt dans des rôles masculins

Pour elle, excentrique et classique ne s’excluent pas. Alors Sarah Bernhardt revient jouer à la Comédie-Française. Elle est magistrale en Phèdre de racine ou Hernani par Victor Hugo. En 1880, elle démissionne pour fonder sa propre entreprise. Elle va se produire dans le monde entier, à Londres, à Copenhague, mais aussi en Russie ou aux Etats-Unis. La Dame aux camélias triomphe sur la Cinquième Avenue. Des tournées américaines, la star en fera pas moins de sept. Et elle est payée plus que gracieusement : 5 000 francs or par représentation, l’équivalent de 20 000 euros aujourd’hui. A l’époque, c’était du jamais vu !

En 1893, la comédienne prend la direction du Théâtre de la Renaissance, fondé en 1838 par Victor Hugo et Alexandre Dumas, puis celle du Théâtre des Nations en 1898, qu’elle rebaptise de son nom, Théâtre Sarah-Bernhardt. Elle écrit elle-même quelques pièces. Agée de plus de cinquante ans, elle interprète les rôles de jeunes hommes dans Lorenzaccio d’Alfred de Musset, Hamlet de Shakespeare ou L’Aiglon d’Edmond Rostand.

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Sur scène jusqu’à la fin de sa vie

A la toute fin du XIXe siècle, Sarah Bernhardt assiste à une incroyable révolution : l’invention du cinéma par les frères Lumière. Véritable touche-à-tout, elle ne peut pas passer à côté. Elle doit être sur scène. En 1900, la voici devenue actrice de cinéma en jouant dans le film Duel d’Hamlet par Clément Maurice. Elle tient le rôle… d’Hamlet ! En 1914, en récompense de son immense travail, elle reçoit la Légion d’honneur.

Après avoir joué dans d’innombrables tragédies, vient le moment dramatique de sa vie. En 1915, en raison d’une tuberculose osseuse, un chirurgien ampute sa jambe droite. Elle a 70 ans, il lui manque une jambe, mais elle continue de se produire sur scène, même si elle doit se produire assise. Sa devise, rappelons-le, est « Quand même ! « . Rien ne l’arrête. Elle rend même visite aux soldats sur les lignes de front de la Grande Guerre dans une chaise à porteurs.

Parfois, elle se lève et joue debout, aidée par une jambe de bois qu’elle ne supporte pas. Un jour, Sacha Guitry entend les traditionnels trois coups qui ouvrent une salle et s’exclame « La voici ! ». S’il a toujours le mot pour rire, l’auteur et réalisateur n’en est pas moins généreux en compliments. Il la décrit ainsi : « Personnage fabuleux, légendaire. Actrice incomparable absolument géniale. Je dirais même plus : brillante à souhait. »

Il est justement en plein tournage d’un film de Guitry, Le voyant, que « le monstre sacré » du théâtre commence à montrer des signes de fatigue. Elle ne supporte plus ses crises d’urémie, dues à une insuffisance rénale aiguë qui la tue le 26 mars 1923. Sarah Bernhardt meurt dans les bras de son fils, à Paris, à l’âge de 79 ans. Un siècle plus tard, sa légende est vivante et bien!

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