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Qu’est-ce que la Nuit des longs couteaux survenue en juin 1934 ?


« L’action de nettoyage est terminée». C’est en ces termes, empruntés à un communiqué officiel, que le quotidien Le petit journal annonça le 3 juillet 1934 le massacre qui venait d’avoir lieu au sein du parti nazi. En quelques jours, des centaines de membres des sections d’assaut (en allemand SturmabteilungSA) ont été arrêtés et assassinés par les SS.

La Nuit des longs couteaux est l’expression utilisée par les historiens pour désigner cette purge sanglante perpétrée par les nazis au sein de leur propre parti. Elle commença dans la nuit du 29 au 30 juin 1934 et dura jusqu’au 2 juillet.

Pourquoi la Nuit des Longs Couteaux a-t-elle eu lieu ?

Comme en témoigne le titre de Petit Journal, cette vaste série d’assassinats avait pour but de « nettoyer » le NSDAP, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands, de ses opposants internes. Les cibles faisaient toutes partie du Sturmableitung (SA), l’organisation paramilitaire du parti nazi alors dirigée par Ernst Röhm.

De 1926 à 1933, cette division joua un rôle décisif dans l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler qui entretint des relations amicales avec Röhm. Mais en 1934, les actions et la violence de cette armée alors composée de près de trois millions d’hommes commencent à devenir gênantes pour le Führer. Et le ton commençait à monter entre les deux anciens camarades.

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La montée de la SA et de son chef n’était pas non plus du goût de certains hauts dignitaires nazis, dont Heinrich Himmler, Hermann Göring et Joseph Goebbels. Ils profitèrent donc de la situation pour unir Hitler contre Röhm. Göring et Goebbels ont chuchoté à l’oreille d’Hitler qu’il était nécessaire de se séparer de la direction de la milice afin d’unifier le parti.

Mais c’est l’intervention de Himmler et de son acolyte Reinhard Heydrich qui s’est avérée décisive. Ils ont fabriqué un dossier de fausses preuves suggérant que Röhm complotait un coup d’État soutenu par la France contre Hitler. Il n’en fallait pas plus pour convaincre ce dernier d’éliminer le dirigeant et de procéder à un « nettoyage » de la SA.

Combien de victimes la Nuit des longs couteaux a-t-elle fait ?

Plusieurs divisions, notamment les SS, sont mobilisées, une liste de cibles à éliminer est dressée et la purge commence enfin dans la nuit du vendredi 29 juin au samedi 30 juin 1934. Au petit matin, des dizaines de fonctionnaires sont arrêtés et puis assassiné dans toute l’Allemagne, notamment à Berlin et à Munich.

Les SS débarquèrent en force à la pension Hanselbauer à Bad Wiessee dans les Alpes bavaroises, où séjournaient Röhm et d’autres responsables SA. Hitler, présent sur place, l’accusa de trahison et le fit arrêter et emprisonner. Le 2 juillet, on lui a donné dix minutes pour se suicider, mais c’est finalement un officier SS qui l’a tué.

Au cours des jours suivants, des dizaines d’autres personnes – des membres des SA, leurs conjoints ou amis ainsi que d’autres opposants – ont été tuées. Difficile d’estimer le nombre exact d’assassinats perpétrés entre le 29 juin et le 2 juillet 1934 dans la mesure où les troupes allèrent bien au-delà des ordres initialement donnés en haut lieu.

Une liste dressée après les événements par la Gestapo mentionne 77 noms. Cependant, les historiens estiment que la Nuit des longs couteaux a tué entre 150 et 200 personnes. Malgré la violence de l’opération, selon le spécialiste de la Seconde Guerre mondiale Ian Kershaw, elle a été bien accueillie par la population allemande qui voyait ainsi en Hitler un garant de l’ordre public.

Le président Paul von Hindenburg a lui-même félicité le Fürher pour son action décisive, le remerciant d’avoir « étouffé dans l’œuf les intentions des traîtres« . Après la mort de Röhm, la direction des SA fut confiée à l’officier Viktor Lutze qui n’avait pas l’ambition de son prédécesseur. Himmler et Göring profitèrent de ce massacre pour affirmer leur fidélité à Hitler. .

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