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Quels sont les enjeux du voyage du pape François au Canada ?

A ceux qui disaient depuis des semaines qu’il n’était pas « pas en état » voyager, il adresse une réponse claire. En s’envolant pour le Canada dimanche 24 juillet, François montre qu’il n’a pas l’intention d’annuler ses voyages, malgré ses douleurs au genou et sa difficulté à marcher.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle le pape tient beaucoup à ce voyage de six jours. Loin de là. Parce que s’il juge le déménagement  » essentiel « selon l’un de ses collaborateurs, c’est qu’il s’apprête à accomplir un geste historique et tant attendu au Canada : demander pardon pour le rôle joué par l’Église catholique dans le fonctionnement des pensionnats pour autochtones entre 1830 et 1996.

Iqaluit, Maskwacis et le lac Sainte-Anne, des lieux hautement symboliques

Au total, 150 000 enfants sont passés par ces 132 écoles gérées par les Églises, à la demande de l’État fédéral canadien, qui les finançait, et dont le but était d’assimiler les communautés autochtones à la Nation canadienne. Au moins 5 300 agresseurs sexuels y ont sévi et entre 3 500 et 10 000 habitants ont péri dans ces lieux surpeuplés et mal aérés où, comme le résument aujourd’hui les rescapés de ces écoles, « tuer l’Indien dans l’enfant ».

C’est cette terrible histoire qui amènera François en Amérique du Nord, pour accomplir un « pèlerinage pénitentiel »comme il l’a lui-même décrit le dimanche 17 juillet. Les organisateurs canadiens parlent d’un  » pèlerinage de guérison, de réconciliation et d’espérance ». Au cours de son voyage, le pape François visitera Edmonton et Québec, avant de passer quelques heures à Iqaluit, une ville du Grand Nord canadien où 3 900 des 8 000 habitants sont des Inuits.

Au cours de son voyage, François visitera des lieux hautement symboliques, comme le lac Sainte-Anne, où de nombreux autochtones se rendent chaque année en pèlerinage, ou le cimetière d’une réserve où vivent des autochtones, à Maskwacis. Au cours des neuf discours prévus pendant le voyage, qui seront tous prononcés en espagnol et traduits en anglais et en français, François aura également l’occasion d’aborder l’un des thèmes qui lui est familier : la colonisation idéologique.

« Votre identité et votre culture ont été blessées, de nombreuses familles séparées, de nombreux jeunes ont été victimes de cette action (…) soutenu par l’idée que le progrès passe par la colonisation idéologique, selon des programmes étudiés en détail plutôt que dans le respect de la vie des peuples », il dit aux représentants des indigènes le 1euh Avril au Vatican.

Début avril, François recevait en effet depuis longtemps des autochtones canadiens. C’est devant eux qu’il avait prononcé ses excuses pour la première fois, insistant notamment sur son « outrage »son  » la douleur «  et son  » la honte « . Trois mots qui devraient également revenir régulièrement tout au long du voyage, au cours duquel la demande de retour au Canada d’objets indigènes du Musée du Vatican pourrait être abordée.

La visite du pape complète un cycle d’excuses présenté par l’Église catholique qui a commencé en 1991, avec une déclaration de la Conférence oblate du Canada. Puis vinrent, au fil des ans, les excuses présentées par les congrégations religieuses impliquées dans les pensionnats, jésuites du Canada anglais, missionnaires et évêques du pays.

Les paroles insuffisantes de Benoît XVI

En 2009, à la suite d’une rencontre organisée au Vatican avec des rescapés des pensionnats, Benoît XVI a également « a exprimé sa tristesse pour l’angoisse causée par la conduite déplorable de certains membres de l’Église » dans les internats. Mais les mots avaient été jugés insuffisants.

Sur les 94 recommandations du rapport de la Commission canadienne de vérité et réconciliation, publié en 2015, dont seulement quatre concernent les Églises, les 58e mentionne spécifiquement le pape : « Nous demandons au pape de présenter des excuses au nom de l’Église catholique romaine aux survivants, à leurs familles et aux communautés touchées pour les abus spirituels, culturels, émotionnels, physiques et sexuels que les enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont subis dans les pensionnats. par l’Église catholique. »



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