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Que vaut le nouvel album des Rolling Stones « Hackney Diamonds » ? Première écoute et premières impressions


Les Rolling Stones sortent aujourd’hui leur 24ème album studio. Mick, Keith et Ronnie ont produit un disque varié, cohérent et énergique qui réserve quelques bonnes surprises mais souffre aussi de sa volonté de rester dans le game.

Comment aborder le nouvel album des Rolling Stones Des diamants de Hackney ? Difficile de le prendre comme un disque de rock parmi d’autres. D’abord parce que ce 24e L’album studio est le premier depuis le décès en août 2021 de leur défunt batteur Charlie Watts. C’est aussi leur premier disque de chansons originales en 18 ans et l’album Un plus gros coup paru en 2005. Faut-il y voir leur chant du cygne, alors que leur chanteur Mick Jagger vient de fêter ses 80 ans et que leur guitariste Keith Richards le rejoindra le 18 décembre au club des octogénaires ? Évidemment, non. Les Pierres roulent toujours et semblent plutôt en forme sur ces douze morceaux. Première écoute et premières impressions.

Cette stupide obsession d’être au courant

Ce qui frappe en premier, c’est la dynamique du groupe. Deux explications à cela. D’abord, les Stones ont travaillé dès décembre 2022 dans une certaine urgence, Mick Jagger ayant fixé une échéance assez proche à ses complices, celle de la Saint-Valentin 2023 (en février), comme il l’avait expliqué lors de leur conférence de presse en septembre. Le groupe venait de terminer sa tournée en août 2022 et les musiciens étaient toujours aussi chauds et connectés. Puis, leur fidèle producteur Don Was n’étant pas disponible, ils ont fait appel à Andrew Watt, 32 ans, connu pour son travail avec Ozzy Osbourne, Dua Lipa, Miley Cyrus et Iggy Pop, et surtout grand fan des Stones – en studio. il portait un t-shirt de groupe différent chaque jour. Sa mission, selon le grand organisateur Mick Jagger : faire un album »qui est fier de l’héritage des Stones mais avec le son du présent« .

Si les Rolling Stones ont longtemps été intemporels, être actuels, ne pas être datés, rester actuels, apparaît comme une obsession sur cet album, et c’est là son principal défaut. On l’a vu avec le premier single En colère et son clip flashy qui se voulait désespérément jeune en convoquant la jeune actrice en vogue Sidney Sweeney (Euphorie, Lotus Blanc). Retirez les images et l’implication vocale de Mick vous saute aux yeux, tout comme le travail de dentelle de Keith et Ronnie sur ce titre d’ouverture de l’album, écrasé pourtant par un rythme pachydermique, et noyé dans un gâchis shot aux stéroïdes.

De mieux en mieux

Sur les deux pièces suivantes, Se rapprocher Et Cela dépend de toi, le swing et la subtilité de Charlie Watts nous manquent déjà. Son remplaçant Steve Jordan, collaborateur de longue date du groupe en tournée et avec les X-Pensive Winos de Keith, frappe sa batterie de manière très marquée et n’a pas la grâce du défunt. De son côté, Mick chante les tourments amoureux comme s’il avait vingt ans, et pourquoi pas, cependant le lâcher prise »Je suis trop jeune pour mourir, mais trop vieux pour perdre» («Je suis trop jeune pour mourir mais trop vieux pour perdre« ). Mais on n’entend pas le piano d’Elton John sur Se rapprocher, pas plus que nous ne pouvons distinguer la section de chaîne sur Cela dépend de toi. Il aurait fallu tailler, laisser respirer les chants.

Alors que nous commençons à pleurer sérieusement, survient la petite explosion Bite ma tête, un titre presque punk franchement divertissant qui donne envie de discuter gentiment avec un invité de marque à la basse, Paul McCartney, pourtant si discret qu’on ne le remarque pas. Mick change également de registre, évoquant «un putain de navire qui coule« ce qu’il essaie de faire »s’enfuir rapidement», sur un solo enflammé de Keith. A partir de là, l’album va enfin s’épanouir. Ouf de soulagement.

Avec Toute la terre entièredont le riff semble volé Filles par Iggy Pop, on comprend surtout que cet album a été construit en partie sur des démos écrites à différentes périodes du groupe – en effet, Andrew Watt a d’abord trié une centaine de démos qui lui avaient été soumises. D’où la variété de ce disque. Certes, on aurait aimé que Mick soit un peu plus retenu vocalement sur ce titre mais la sauce prend son envol à mesure qu’il devient plus intimiste et laisse émerger la nostalgie : «Les rues dans lesquelles je marchais sont pleines de verre brisé / Et partout où je regarde, il y a des souvenirs du passé« .

Joli clin d’œil à « Exile »

Un ciel de rêveun titre country shuffle, qui n’aurait pas été déplacé dans le chef-d’œuvre L’exil sur la rue principale, apparaît comme une véritable oasis après ces débuts bruyants. Ici les guitares, l’harmonica et l’orgue Hammond se balancent doucement à l’unisson pendant que Mick fait du Dylanian au micro, chantant volontairement fort »Je dois faire une pause pendant un moment« (J’ai besoin de faire une pause). Une chanson que l’on sait qu’on réécoutera avec plaisir. Tout gâcher, l’un des deux titres sur lesquels Charlie Watts (enregistré en 2019) est à la batterie, prend les commandes de la danse, et avec son clin d’œil appuyé à Nile Rodgers de Chic, on a là un potentiel hit disco.

Vivre près de l’épée, avec Charlie Watts de nouveau aux baguettes et son ancien complice à la basse Bill Wyman, de retour après avoir quitté le groupe il y a trente ans, c’est un bon gros rock illuminé par le joyeux piano boogie woogie d’Elton John en plus. Euphorisant. Me conduisant trop fort, une ballade country, gracieuse et aérienne, offre une pause agréable. Sur Dis-moi franchementKeith saisit le micro pour une chanson plaintive, plus épurée également, où se dessine une sensibilité bienvenue – »Mon avenir est-il entièrement dans le passé ? demande le guitariste.

Le son du ciel

La dernière ligne droite est une ascension vers les étoiles qui nous console de tout. Doux sons du ciel, écrit à l’origine par Mick seul au piano, est un gospel de 7 minutes qui construit lentement la puissance et un hommage probable à Charlie Watts. Lady Gaga, venue presque par hasard comme voisine de studio, est redoutable en chanteuse soul, avec Merry Clayton comme modèle évident (mais aussi Lisa Fischer, la chanteuse star des Stones), somptueuse interprète de Donnez-moi un abri en duo avec Mick Jagger. Avec Stevie Wonder, qui ajoute sa touche magique aux claviers (piano, Rhodes, moog), c’est sans doute le point culminant de cet album, les Stones à leur meilleur, comme on les a aimés, comme on les aime et tels qu’ils sont. ‘nous les aimerons.

L’album se clôt sur une autre pépite hautement symbolique : Blues des pierres roulantesune reprise de Pierre qui roule de Muddy Waters, la chanson dont ils tirent leur nom et qu’ils n’avaient jamais reprise, pas même sur leur excellent album de reprises de blues Bleu et solitaire (2016). Cette chanson de Muddy Waters que Mick tenait avec quelques autres sous le bras lors de sa légendaire rencontre avec Keith sur un quai de la gare de Dartford en 1961, ils la reprennent de la plus belle des manières : dépouillée, habitée, et même légèrement dissonante au en commençant avant de créer l’union parfaite de la guitare et de l’harmonica. Une pure merveille. Un dernier point sur l’album ou sur la carrière des Stones ? Tssst tssst. Vous n’en avez pas fini avec les Rolling Stones. Ils ne s’arrêtent jamais. Le groupe a travaillé non pas sur les douze chansons de l’album mais sur une vingtaine. Où sont les autres ?

« Hackney Diamonds » des Rolling Stones (Polydor) sort vendredi 20 octobre 2023

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Jewel Beaujolie

I am a fashion designer in the past and I currently write in the fields of fashion, cosmetics, body care and women in general. I am interested in family matters and everything related to maternal, child and family health.
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