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Quand Thomas Jolly arrive en ville

Le retour de starmaniaà partir du 8 novembre à La Seine musicale (Paris), quarante ans après la création de l’opéra rock par Michel Berger et Luc Plamondon, suscite chez Thomas Jolly la fièvre de l’attente. « Dans cette dernière ligne droite, ce qui nous manque encore, c’est le public. J’en ai besoin ! »s’exclame le réalisateur, qui s’interroge. « Vont-ils applaudir ? A quel moment ? Vont-ils chanter ? C’est la plus longue gestation de ma vie. Depuis trois ans que nous peaufinons, il nous manque encore la vie. Le spectacle vivant, c’est avant tout ce moment étonnant où l’on accouche devant tout le monde et où quelque chose de vivant sort et trouve son chemin. »

La pandémie de Covid-19 a retardé à deux reprises ce retour de starmania, dont Raphaël Hamburger, fils de France Gall et Michel Berger, est à l’origine. Le blockbuster prévu pour 2020 a vu ses coûts exploser, avec une facture qui s’élève déjà à 7 millions d’euros. Marc Ladreit de Lacharrière, qui la finance via sa société Fimalac Entertainment, n’a pas lésiné sur les moyens, avec Thomas Jolly à la scène, Sidi Larbi Cherkaoui à la chorégraphie, Nicolas Ghesquière aux costumes, 35 artistes à la scène, et des décors monumentaux qui devra être transporté en tournée avec une vingtaine de camions.

En attendant de chanter « SOS pour un Terrien en détresse », « L’un contre l’autre », « Besoin d’amour » ou encore « Le monde est défoncé », Thomas Jolly n’a pas chômé. En janvier 2022, il crée au Quai, le Centre Dramatique National d’Angers qu’il dirige, Le dragon, une fable russe d’Evgueni Schwartz. L’acteur, metteur en scène, créateur de la compagnie La Piccola Familia, a également monté en juin, à Angers, une adaptation monumentale des pièces Henri VI et Richard IIIde Shakespeare, qu’il a créé au Festival d’Avignon 2014 : une performance de 24 heures !

Issu du théâtre public, dont il est l’une des figures les plus marquantes depuis plusieurs années, le stimule à recréer un spectacle populaire qui a déjà réuni six millions de spectateurs lors de ses multiples déclinaisons en France et au Québec, depuis sa création, en 1979, avec France Gall, Daniel Balavoine, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault… puis Maurane en 1988. Il se lance un défi, dans un registre inédit qui dépasse le cloisonnement habituel entre scène publique et scène privée : « Je dois faire un geste artistique qui montre starmania dans toute sa force de travail populaire et exigeante. » Il est ravi de le jouer longtemps, dans de nombreux endroits et devant un large public., reposant sur « sur des interprètes aux signatures vocales très fortes qui donnent aux personnages leur singularité humaine ».Thomas Jolly a reconstitué le livret avec Luc Plamondon pour « restituer à l’histoire l’esprit originel de l’oeuvre »un peu éclipsé par la puissance des chansons. « Ils sont tellement légendaires qu’ils éclipsent l’intrigue. Nous voulions la remettre au centre du récit. »

Pour le réalisateur, « l’intrigue de starmania est shakespearien dans le sens où il met des mots simples sur des sentiments humains complexes : la mélancolie, l’ennui, le sens de l’existence, le désir de gloire, le vide de la vie… tout ce que l’on trouve dans Richard III »La dimension prophétique de l’opéra rock, qui se termine par l’attaque de la plus haute tour d’Occident, le fascine également. «  starmania a une dimension de travail mondial qui se déroule de façon épique, humainement et musicalement parlant. Il y a aussi cette ville futuriste à laquelle il était important pour moi de donner corps. »

Thomas Jolly n’en a pas fini avec les aventures artistiques extraordinaires : le monde entier sera son public lors des quatre cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, pour lesquels il vient d’être choisi comme directeur artistique. avec l’accord du président Macron. « C’est la proposition du siècle ! Je suis dans une telle joie que je ne peux exprimer l’honneur, la fierté et le sentiment de puissance que me procure cette nomination., joyeux Thomas Jolly. Exalté par cette chance « unique pour un artiste »il déborde déjà d’idées à penser « utiliser la Seine comme scène et les monuments de Paris comme toile de fond pour porter la voix de la France et accueillir le monde entier ».

« Un spectacle est une grande réconciliation » :Thomas Jolly cite cette maxime de Louis Jouvet.  » Que se passe-t-il, il ajoute, quand un rideau se lève ? Nous sommes vivants, tous au même endroit, au même moment, et chacun, avec sa lecture du monde, sa façon de penser, tous différents, nous faisons partie d’une société. »

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