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premiers blocages de pêcheurs français à Saint-Malo

Des pêcheurs français ont effectué, vendredi à Saint-Malo, une première opération de blocage de bateaux anglais. Ils entendent ensuite limiter l’accès des marchandises au tunnel sous la Manche dans l’après-midi, pour exiger le règlement des différends de pêche post-Brexit avec le Royaume-Uni.

Ils l’ont annoncé jeudi et ils ont tenu parole vendredi 25 novembre. A Saint-Malo, le blocus tenu par les pêcheurs français a duré environ une heure, de 8h à 9h, avec une dizaine de bateaux de pêche participant à l’opération, activant bombes fumigènes. En raison du mauvais temps, il n’y avait pas de ferry entre l’Angleterre et la ville corsaire.

Des navires français bloquent un bateau de pêche en provenance de Jersey. Signe de la bonne humeur, le capitaine d’un bateau a offert un pavillon français et breton au capitaine du bateau de Jersey, qui l’a hissé jusqu’au mât.

« Quand l’Europe et le gouvernement ne mettent pas à exécution les menaces, au bout d’un moment, il faut reprendre le contrôle, car sinon vous avez l’impression que vous n’irez nulle part. Nous ne sommes pas des fauteurs de guerre, nous voulons que nos droits soient respectés, un accord a été conclu, l’accord anglais n’est pas respecté », a déclaré Pascal Leclerc, président de la commission des pêches d’Ille-et-Vilaine.

Des bateaux ont prévu de bloquer l’entrée des ferries en provenance de Grande-Bretagne vers deux autres ports de la Manche : Ouistreham, puis Calais.

« Le Royaume-Uni doit respecter l’accord post-Brexit »

Dans l’après-midi, c’est à bord de leurs camionnettes que les pêcheurs ont prévu de bloquer, de 14h à 16h, l’accès des camions de marchandises au terminal de fret du tunnel sous la Manche.

« Nous ne voulons pas d’aumônes, nous voulons seulement récupérer nos licences. Le Royaume-Uni doit respecter l’accord post-Brexit. Trop de pêcheurs sont encore sur la touche », a déclaré jeudi Gérard Romiti, président du comité national. de pêches lors d’une conférence de presse.

Symbolique à l’entrée des ports – où la houle risque de ne pas permettre toutes les actions envisagées – l’initiative est plus menaçante à proximité du tunnel, par lequel transitent 25 % des échanges entre le Royaume-Uni et l’Europe.

Londres a reçu le message et a réagi jeudi soir, se disant « déçu » par ces « menaces de protestation » et exhortant la France à « veiller à ce que des actes illégaux ne soient pas commis et que le commerce ne soit pas affecté ».

L’objectif est de bloquer « les exportations (…) vers l’Angleterre, pour toucher la population britannique et sensibiliser les gens à ce qui se passe. Ils ont accès au marché européen et nous n’avons toujours pas accès à leurs eaux », a expliqué Olivier Leprêtre, président de la commission des pêches des Hauts-de-France.

« L’arbre qui cache la forêt »

C’est une « action coup de poing pour montrer de quoi nous sommes capables, mais si nous devons aller plus loin, nous ciblerons d’autres produits », a-t-il ajouté, précisant que le slogan était « de laisser passer les passagers et de bloquer le fret ». Pour le président du comité national, « cette question de permis est l’arbre qui cache la forêt : sa résolution dépendra des relations à long terme avec le Royaume-Uni ».

Tout en s’interrogeant sur la force de l’engagement européen aux côtés des pêcheurs de l’UE, Gérard Romiti s’est félicité de l' »ultimatum » lancé mercredi par la Commission européenne, qui a demandé à Londres de régler ce différend avant le 10 décembre.

En vertu de l’accord Brexit signé fin 2020 entre Londres et Bruxelles, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’étendue des pièces justificatives à fournir.

Au total, depuis le 1euh En janvier 2021, la France a obtenu « plus de 960 licences » pour pêcher dans les eaux britanniques et anglo-normandes, mais Paris demande toujours plus de 150 autorisations, selon le ministère français de la Mer.

Dans ce numéro brûlant, le ton est monté à plusieurs reprises. En mai dernier, une flottille française se dirigeait vers Jersey pour un blocus de quelques heures, entraînant l’envoi de patrouilleurs britanniques. A l’automne, Paris a menacé Londres de « mesures de rétorsion », avant d’y renoncer provisoirement pour laisser une chance aux négociations à Bruxelles.

Les pêcheurs français se sentent aujourd’hui réconfortés par le soutien renouvelé dimanche dernier du président Emmanuel Macron et de sa ministre de la Mer Annick Girardin, qui ont assuré qu’ils se battraient jusqu’au bout pour défendre leurs intérêts.

Avec l’AFP

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