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Pouvoir d’achat. L’Assemblée poursuit son marathon avec le budget rectificatif

Après quatre jours de débats houleux sur le projet de loi en faveur du pouvoir d’achat, l’Assemblée nationale a entamé vendredi une nouvelle course à haut risque, celle de l’examen du budget rectificatif incluant la suppression de la redevance qui sera débattu ce samedi.

« Notre Assemblée peut être le bruit et la fureur » mais « je propose qu’elle soit la lumière du mois d’août », a imagé vendredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, lors du coup d’envoi des débats de l’après-midi sur la deuxième partie de le paquet de mesures pour faire face à l’inflation galopante.

Après le vote sur la première partie peu avant 6 heures du matin vendredi, la Première ministre Elisabeth Borne s’est félicitée que « l’esprit de responsabilité » ait « gagné pour protéger nos concitoyens ». La partie n’est pas gagnée pour le camp présidentiel, privé de majorité absolue.

Le projet de loi de finances rectificative pour 2022 prévoit le maintien de la décote carburant et du bouclier tarifaire sur l’énergie, la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, le financement de l’OPA de renationalisation d’EDF et la suppression de la redevance audiovisuelle.

« Vous partez des préceptes du néolibéralisme. Il faut partir des besoins », a immédiatement attaqué l’Insoumis Eric Coquerel à la tribune, estimant qu’il fallait lutter contre « la dette écologique ».

TotalEnergies annonce un rabais à la pompe

Les échanges doivent se poursuivre jusqu’à ce samedi soir, voire dimanche. Le gouvernement a déjà éclairci, au moins en partie, plusieurs sujets. Alors que la pression s’accroît, même majoritairement, pour taxer les « superprofits » des grands groupes, la pression s’est notamment mise sur TotalEnergies et le géant du transport maritime CMA CGM.

La première a commodément annoncé vendredi matin une remise à la pompe de 20 centimes le litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis de 10 centimes le litre le reste de l’année.

CMA CGM va baisser ses tarifs de fret de 750 euros par conteneur de 40 pieds (environ 67 m3) vers la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer.

Mais la gauche et les membres de la majorité restent sur leur faim, estimant que le geste posé par Total était loin des « milliards » de superprofits accumulés. Thierry Benoit (groupe Horizons) a déclaré en séance qu’il « appréciait[ait] le geste de Total » mais n’est pas « satisfait[ait] ne pas « .

Détaxe des heures supplémentaires, rachat de RTT, tickets restaurant… : ce qui a été voté vendredi

Le Maire continue de l’épingler sur « l’escroquerie intellectuelle » de la gauche qui réclamerait des impôts à tout prix. « Aujourd’hui, nous avons des dizaines d’amendements déposés, qui entraîneraient des milliards d’euros d’impôts supplémentaires », a-t-il déclaré. Mais « une taxe n’a jamais amélioré la vie de nos compatriotes ».

Plus ouvert aux propositions de la droite, le ministre accepte une augmentation des aides de l’État, actuellement à 18 centimes le litre de carburant. Le soutien de LR est espéré pour faire adopter ce projet de budget sans devoir compter sur les voix du RN.

Les députés ont déjà approuvé vendredi une augmentation du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires pour 2022, qui passe ainsi de 5.000 à 7.500 euros.

Ils ont aussi donné leur feu vert à la possibilité pour les entreprises de racheter aux salariés les journées de RTT auxquelles elles auraient renoncé, le gouvernement ayant accédé à une demande de la droite pour y inclure une promesse de sa candidate à l’Elysée Valérie Pécresse .

Les eurodéputés ont également voté le doublement des aides défiscalisées que les entreprises peuvent verser aux salariés pour couvrir leurs frais de carburant, faisant passer le plafond de 200 à 400 euros.

Ils ont également validé une mesure favorable à la hausse des titres restaurant, anticipant la revalorisation des exonérations pour les employeurs.

La redevance débattue ce samedi

La suppression de la redevance, promesse d’Emmanuel Macron sera débattue ce samedi. La gauche est au vent et les socialistes proposent plutôt une « contribution universelle et progressive » pour financer l’audiovisuel public.

La question n’est pas tranchée, alors que le ministre des Comptes publics Gabriel Attal s’est dit « prêt » à se pencher sur la piste d’une « cession fiscale ».

« Construire des majorités de projets pour apporter des solutions concrètes aux Français, nous avons réussi » jusqu’ici, estime Elisabeth Borne, dont la méthode est à l’épreuve sur ce premier paquet de mesures du législatif.

Dans le projet de loi « d’urgence » pour le pouvoir d’achat, la revalorisation des retraites et des prestations sociales, le relèvement du plafond de la « prime Macron » et encore, dans un rare moment d’harmonie, la déconjugaison de l’allocation adulte handicapé.

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