Politique

pourquoi l’objectif de 100 000 bornes de recharge n’a-t-il pas été atteint ?


Alors qu’Emmanuel Macron a fait de la planification écologique et de la réduction de l’empreinte carbone la pierre angulaire de son second mandat, où est l’objectif concernant le développement de la voiture électrique ? Au cours de son premier quinquennat, le chef de l’Etat avait promis la mise en place de 100 000 bornes de recharge d’ici fin 2021. La question de l’autonomie est en effet l’un des principaux freins à l’achat d’un véhicule électrique. Or, selon les informations de franceinfo, l’ambition en matière de bornes de recharge n’a pas été atteinte.

Fin avril, la France ne comptait que 60 000 bornes de recharge, selon le dernier décompte réalisé par l’Avere France, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique. Cela représente environ une borne pour 15 voitures électriques ou hybrides en circulation aujourd’hui en France.

Ça n’a l’air de rien, mais c’est quand même dans la moyenne haute de l’Union européenne, note Cécile Goubet, déléguée générale de l’Avere France : « La France s’en sort plutôt bien en termes de déploiement d’infrastructures de recharge par rapport à ses voisins. Nous sommes dans le top trois. A ces bornes ouvertes au public, il y a celles que l’on trouve en entreprise et celles que l’on trouve à domicile. » Selon une étude de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), l’Allemagne est la mieux dotée, suivie du Royaume-Uni et de la France. Ces trois pays représentent à eux seuls 75% des bornes de recharge du continent européen.

Toujours est-il qu’il faudrait quatre fois plus de bornes publiques d’ici 2025, selon les projections, pour pouvoir répondre à l’augmentation attendue des ventes de voitures électriques. Sans surprise, la couverture est la plus faible dans les zones rurales. Les propriétaires de voitures électriques disposent généralement d’une borne chez eux, dans le garage de leur maison.

Mais aussi, et cela peut paraître surprenant, les autoroutes sont sous-équipées en bornes de forte puissance, des modèles dix voire vingt fois plus rapides que ceux que l’on trouve chez les particuliers. Ces terminaux rapides sont aussi évidemment mieux adaptés à un trajet vacances de plusieurs centaines de kilomètres avec de courtes pauses.

« Si on a un véhicule qui est capable de prendre de très grosses puissances et qu’on a une borne qui fait de très grosses puissances, on peut faire 20 à 80% de sa pleine capacité en 18 minutes ».

Cécile Goubet, déléguée générale de l’Avere France

chez franceinfo

Le prix du ravitaillement est très variable, selon les terminaux et les opérateurs mais souvent supérieur à 20 euros. Selon un principe assez simple : plus le rechargement est rapide, plus il est cher. La Sanef, la société qui exploite l’A13 Paris-Normandie ou l’A1 Paris-Lille, promet d’équiper les 72 aires de son réseau d’ici la fin de l’année avec 500 de ces bornes de forte puissance. Les autres sociétés concessionnaires tablent sur 2023.

C’est en tout cas une évolution nécessaire pour lever l’un des principaux freins actuels à l’achat de voitures électriques, juge Flavien Neuvy, de l’observatoire automobile Cetelem : « L’utilisateur ou l’acheteur d’une voiture électrique veut pouvoir avoir la même facilité de recharger sa voiture électrique qu’il a cette facilité de ravitaillement. Alors avoir des bornes de recharge sur les aires d’autoroutes, c’est absolument stratégique et donc décisif pour l’évolution de l’achat de voitures électriques en France.

Entre les contraintes techniques, pour se connecter au réseau, et administratives, le délai pour l’installation d’une borne se compte en mois plutôt qu’en semaines. Sans parler de la récente pénurie de semi-conducteurs qui ne simplifie pas les choses. Didier Liautaud, Directeur Général d’Engie Mobilité Electrique, installe et gère des bornes de recharge pour des collectivités, des grandes surfaces ou des sociétés d’autoroutes : « Quand, par exemple, vous installez une borne où il y a quatre, cinq, six bornes de recharge ultra-rapide, vous êtes en cours de permis de construire.

« Parfois, l’installation de bornes de recharge très rapides peut prendre jusqu’à un an. »

Didier Liautaud, directeur d’Engie Electric Mobility

chez franceinfo

Face à ces obstacles réglementaires et à la demande croissante des automobilistes, une start-up italienne s’est lancée sur le marché de la recharge mobile. E-Gap n’a pas de réel concurrent pour le moment. Pour bénéficier de ses services, il faut télécharger une application sur son téléphone puis indiquer où est garée sa voiture. Un petit camion, électrique bien sûr, s’occupe du reste, explique Frédéric Courneau, directeur général d’E-Gap France : « On va pouvoir demander la quantité de recharges qu’on veut et dans combien de temps on le veut. On clique, on choisit notre carte de crédit – ça peut être la carte de crédit personnelle, la carte de crédit professionnelle – et j’en passe. » . Le camion est en route pour nous livrer l’énergie. Comme on demande un taxi, comme on commande une pizza, aujourd’hui on va commander la recharge de notre véhicule électrique. »

Le service reste limité pour le moment à trois camionnettes sillonnant Paris et capables chacune de recharger trois véhicules avec une puissance proche de celle des bornes d’autoroute. Ces utilitaires doivent eux-mêmes être rechargés, bien sûr. E-Gap espère à terme s’étendre, d’ici quelques années, à une vingtaine de villes françaises.



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