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Nouvelles du Canada

Pourquoi Calgary a-t-elle le taux de chômage le plus élevé des villes canadiennes ?

Depuis le mois d’août, les pertes d’emplois sont constantes. En six mois, 30 600 postes ont été abolis à Calgary, tandis qu’Edmonton en gagnait 27 700 et Montréal, 71 400.

Que se passe-t-il dans la capitale économique de la province?

Le fossé entre employeurs et candidats

Mathilde Le Roux, conseillère emploi à l’agence Prospect, constate un décalage entre les compétences recherchées par les employeurs et celles des demandeurs d’emploi. Comme elle travaille beaucoup avec des francophones, la maîtrise de l’anglais est le premier obstacle, mais d’autres s’y ajoutent.

Je vais aborder quelque chose de très précis, mais j’ai reçu beaucoup de clients qui travaillent dans le domaine de l’ingénierie. Sauf que pour être ingénieur ici, il faut être reconnu par l’APEGA (Association des ingénieurs professionnels et des géoscientifiques de l’Alberta)explique-t-elle en ajoutant : Du coup, ces profils, où il y a des réglementations à respecter, seront très qualifiés, mais il faudra du temps pour que leurs compétences soient reconnues.

L’Alberta a ainsi attiré plus de 52 000 immigrants, nets, des autres provinces et de l’étranger au troisième trimestre de 2022. Le gouvernement provincial s’en réjouit, mais la réalité est aussi de longs mois d’attente non seulement de reconnaissance des diplômes et certifications, mais aussi des démarches administratives .

Le marché du travail de Calgary, la ville des hydrocarbures par excellence, se remet encore de la chute des prix du pétrole de 2014 et 2020, suggère également Mathilde Le Roux : Même si le secteur pétrolier et gazier commence à recruter, il s’est restructuré, nous avons donc besoin de moins de main-d’œuvre.

Le spécialiste des questions d’emploi au Fondation Canada OuestJanet Lane, ajoute de l’eau au moulin concernant cette suggestion : On a toujours des gens qui avaient des salaires élevés et qui n’ont toujours pas trouvé d’emploi équivalent ou d’emploi du tout.

Il n’existe pas de statistiques spécifiques à Calgary, mais la proportion provinciale de chômeurs de longue durée (au-delà de 27 semaines de recherche d’emploi) est élevée, à près de 22 %. C’est le taux le plus élevé des grandes provinces canadiennes et il nous vient des mises à pied de nos industries traditionnellesdit Janet Lane.

L’étrange coexistence du chômage et de la pénurie

Comment, alors, expliquer les inquiétudes face à une pénurie de main-d’œuvre ? Pour Janet Lane, la réponse est simple : Calgary n’attire pas les employés convoités.

 » Nous avons un taux élevé de diplômés postsecondaires à Calgary et beaucoup d’emplois qui n’exigent pas d’études postsecondaires. »

Une citation de Janet Lane, directrice de la Canada West Foundation

Sur 103 000 postes vacants en septembre 2022 en Alberta, les deux tiers, soit environ 70 000, exigeaient un diplôme d’études secondaires ou moins, a-t-elle déclaré.

Les métiers de la restauration, de l’hôtellerie et de la distribution font partie de ces secteurs de recrutement. En ce sens, la campagne publicitaire du gouvernement provincial est de peu d’utilité puisqu’elle ne cible pas les employés qu’elle tente d’attirer, selon Mme Lane.

Au lieu de cela, elle conseille d’encourager la formation pour ces emplois en demande.

La balance penche en faveur des employeurs

Cristina Schultz, de l’agence de placement À propos de la dotationconstate une autre lacune : celle des conditions de travail. Les demandeurs d’emploi recherchent des opportunités de travail hybride ou de télétravail, mais les offres disponibles et ce que veulent les employeurs sont des employés au bureauelle explique.

La roue grince aussi lorsque la question des salaires est abordée. Lorsqu’on parlait beaucoup de pénuries, les employeurs devaient faire preuve de créativité pour attirer les employés avec des avantages supplémentaires, des incitatifs et des augmentations de salaire. (…) Ils sont maintenant plus réalistes et plus conservateurs avec leur budget.

Dans ce jeu de pouvoir, les employeurs ont de meilleures chances de gagner, estime-t-elle, surtout avec le taux de chômage élevé : La balance penche un peu, mais pas encore complètement d’un côté.

Pas de panique, selon la Ville

Le directeur du département d’économie de la ville de Calgary, Oyin Shyllon, ne panique pas encore. Oui, avoir six mois de suppressions d’emplois est inquiétant, mais un vrai problème chronique se dessine à neuf mois, selon lui.

Il croit simplement que Calgary se trouve dans un cycle économique différent de celui des autres villes.

 » Nous avons connu une forte croissance de l’emploi par rapport à d’autres villes. Nous ralentissons maintenant. »

Une citation de Oyin Shyllon, chef du département d’économie, Ville de Calgary

Ce qui le rassure, c’est que les emplois perdus sont pour la plupart à temps partiel.

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