Nouvelles locales

« Pour s’amuser, il faut avoir connu la misère »


Luc Dionne, le scénariste, a pris plaisir à lire les séries de bandes dessinées et de romans de Bob Morane. Aujourd’hui, il aime lire Astérix au bord de sa piscine. Il se souvient encore que la conseillère d’orientation de l’école lui avait proposé de suivre des cours de littérature et d’écriture. De retour chez lui, il confie son projet professionnel à son père, lui disant que le conseiller d’orientation n’était pas doué. Son père a simplement répondu: « Fils, tu ne sais jamais ce que l’avenir nous réserve. »

Vous habitiez le quartier Duvernay.

Dans mon quartier, il y avait des mecs plus âgés que moi, dont Claude Meunier et Serge Fiori qui ont un jour donné un spectacle à mon école avec le groupe Harmonium. Nous étions indisciplinés. La musique s’arrête. Serge prend le micro et dit : « Si tu n’aimes pas notre musique, on va (juron) camper ici ».

Tu jouais au hockey jusqu’à ce que tes pieds gelent.

Tôt le matin, avec mes amis les Pouliot, Vermette et Varin, nous avons joué sur la patinoire du parc Saint-Ernest. La tradition de mon grand-père de mettre du poivre dans nos bas était nul. J’ai aussi été batteur pour le Concorde de Laval Junior.

Omerta est la toute première série télévisée que vous avez écrite.

Après avoir travaillé dans plusieurs domaines, notamment comme attaché politique au Québec, j’ai écrit ma toute première série télévisée. Finalement, mon conseiller avait plus de flair que moi.

La famille campait dans une tente.

L’été, nous sommes partis, mon père, ma mère et les quatre enfants, pour Myrtle Beach, avec une boîte sur le toit, notre immense tente et nos valises.

L’escale à Washington était souvent de trop.

Chaque année nous nous arrêtions à Washington, ce qui signifiait que nous arrivions à Myrtle Beach dans le noir, pas de lumières pour nous éclairer, mais des centaines de moustiques pour nous piquer.

Tu étais plus trempé que ta voiture.

J’avais un vieux Vega qui était tellement crevé que je suis sorti du lave-auto tout mouillé. D’ailleurs, mon père m’avait interdit de garer cette vieille voiture devant la maison.

Vos premiers jobs ?

J’étais emballeur à l’épicerie Jean-Paul Théorêt. Ensuite, j’ai travaillé au Centre de la Nature, en tant que moniteur. Je ne comprends toujours pas, à ce jour, pourquoi quelques jeunes de 12 ans, par une température atteignant -30°C, sont venus glisser et patiner un mardi soir.

Votre père a consacré sa vie à l’enseignement.

Mon père enseignait les mathématiques à l’université et la majorité de mes professeurs étaient ses élèves. De plus, les livres pour les cours de mathématiques à l’école ont été écrits par lui.

Ta mère est une excellente pianiste.

Maman, Jeanne Barbier, qui fêtera ses 90 ans dans quelques jours, a fait partie de plusieurs chorales.

Maman, continue de jouer du piano, on ne dort pas.

Quand nous étions au lit, maman jouait du piano. Cependant, lorsqu’elle a arrêté de jouer, on lui a dit : « Maman, s’il te plaît, n’arrête pas, nous ne dormons pas encore ».

Tu t’inquiétais quand ta mère quittait la maison.

Ma grand-mère avait trouvé la solution pour guérir mon anxiété. Une bouillotte sur le ventre et elle m’a donné deux bonbons Smarties.

Smarties?

Elle m’a dit qu’ils avaient le goût de Smarties, mais ce n’en étaient pas. Mon anxiété a été chassée et je mange toujours des Smarties.

Vous êtes trompettiste.

J’ai intégré plusieurs corps de clairons, dont le Corps de Tambours et Clairons des Châtelaines de Laval, avant même un match des Expos. J’ai joué de la trompette puis j’ai donné des cours de trompette.

Vous avez fait vos études secondaires à l’école Georges-Vanier de Laval.

J’étais inscrite au programme AMI (Approche Modulaire Individualisée) qui m’a amené à apprendre par la lecture et des exercices, accompagné d’un enseignant.

Vous avez progressé à votre rythme.

J’ai progressé à mon rythme dans le cadre d’un planning préétabli. Cependant, je dois admettre que j’aurais dû accélérer mon rythme.

Ta mère s’inquiétait de ta solitude.

Souvent, je restais dans ma chambre pour faire beaucoup de lecture. Mon père l’a rassurée en lui disant de ne pas s’inquiéter, car cela faisait partie de ma formation de vie.

Vous êtes quatre enfants.

Mes frères Serge, René-Claude et ma sœur Carole, qui dirige l’agence moulage spécialisée dans la figuration la plus demandée au Québec. Je l’ai contactée, car elle était directrice d’une association de motards, et je lui ai demandé d’en trouver une trentaine pour faire quelques extras dans Omerta.

Vous vous estimez chanceux d’avoir vécu une belle jeunesse.

Oui, étant fan de musique : Robert Charlebois, au Parc-nature, Ginette Reno, à la montagne, Harmoniu

L’une de vos rencontres les plus importantes a été avec Paolo Noël et René Angélil.

Nous tournions le film Omerta. Les deux ont insisté pour manger avec les techniciens.

Ils se sont confiés sur les belles années du cabaret.

Nous avons écouté attentivement leurs aventures. Le monde du cabaret, la mafia montréalaise, sauf qu’ils ont souvent tellement ri qu’ils n’ont pas fini leur histoire.

Êtes-vous un bon bricoleur ?

Je suis doué pour démolir, mais je trouve rarement le temps de reconstruire ce que j’ai démoli.

Vous êtes l’enfant de votre vie conjugale.

Ma conjointe Annie Létourneau est formidable, tant à la maison, car je suis comme une enfant, que dans notre travail. Son travail est si important parce que c’est elle qui maintient l’histoire ensemble.

Vous vouliez ramener un personnage que vous aviez tué.

Un bon matin, Annie m’a dit : « Le personnage que tu veux ramener dans la série télé, on a un gros problème, tu l’as tué il y a deux ans ».



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