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Nouvelles locales

Pour les Nupes, un retour sous le signe de la vie chère

Le PCF à Strasbourg, les écolos à Grenoble, la France insoumise à Châteauneuf-sur-Isère, les socialistes à Blois… Les universités d’été des partis Nupes se tiennent jusqu’à dimanche. Au même moment, mais pas au même endroit. Deux mois après les élections législatives qui ont vu la coalition de gauche entrer en vigueur à l’Assemblée nationale, cette apparente dispersion ne signifie nullement que cette union vacille. Au contraire, les universités d’été seront toutes le théâtre d’un croisement où chaque parti enverra ses représentants aux autres.

Préparer la réponse au gouvernement

« Nous sommes fiers de cette coalition qui nous permet d’additionner les électorats », confirme le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, de Grenoble. Et la gauche va avoir besoin de cette unité. Emmanuel Macron a confirmé sa stratégie à l’été avec la loi sur le pouvoir d’achat : il gouvernera le plus souvent avec la droite de LR et l’abstention bienveillante du RN sur un certain nombre de textes. Des défis majeurs se présentent donc à la gauche, qui devra combattre des projets de régression sociale particulièrement durs : la réforme des retraites, celle de l’assurance-chômage, alors que le président de la République vient de proclamer officiellement la « fin de l’abondance »c’est-à-dire des politiques d’austérité encore plus violentes. « L’enjeu de ce retour est d’arriver à dégager une perspective politique contre l’union des droites »confirme le leader du PCF, Christian Picquet.

S’appuyer sur les mobilisations sociales

« Il va falloir être combatif sur la question de la vie chère », estime l’eurodéputée insoumise Manon Aubry. L’élu regarde vers le « marcher contre la chère vie », auquel Jean-Luc Mélenchon a fait appel au début de l’été, normalement prévu au mois d’octobre. En fait, la bataille parlementaire, malgré sa position renforcée, ne suffira pas à la gauche. Les partis Nupes se tournent donc vers les syndicats et le monde associatif pour tenter d’élargir la mobilisation qui servira de point d’appui contre les projets de Macron, alors que 84% des Français s’attendent à des mouvements sociaux d’ampleur à la rentrée, selon un sondage Elabe. Une première réunion s’est tenue le 23 août, rassemblant les partis Nupes mais aussi plusieurs centrales et associations syndicales. Un premier contact qui débouchera sur d’autres rencontres. « Il y a un besoin de respect les uns pour les autres »prévient André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale. « Evidemment, une telle action doit se faire en lien avec ce qui sera décidé par les organisations syndicales selon leur propre calendrier », ajoute le député communiste, faisant allusion aux mouvements du 21 septembre pour les soignants et à l’appel à la grève lancé par la CGT pour le 29 septembre. « Ce travail est en cours, et j’espère qu’il sera terminé mi-septembre », confie, de son côté, le député socialiste Jérôme Guedj.

Soutenir la coalition

Par ailleurs, les quatre partis réfléchissent à l’avenir de la coalition. Doit-elle « structurer » pas plus loin ? Jean-Luc Mélenchon avait proposé la création d’un groupe parlementaire unique au lendemain des législatives, une option rejetée par les autres partis. Le député insoumis Manuel Bompard lui a proposé la constitution d’une liste commune pour les européennes… en un peu moins de deux ans. En fait, les insoumis sont les plus désireux de pérenniser cette coalition dans laquelle ils sont les plus nombreux. « C’est un des objectifs de cette rentrée », confirme Manon Aubry. Elle ajoute que c’est avant tout « dans les combats communs que forgent les Nupes ». « Nous poursuivons le travail commun, sans dénaturer chacune des formations politiques », précise le socialiste Jérôme Guedj. André Chassaigne formule même une proposition dans ce sens : « Nous pourrions travailler à l’élaboration d’un texte alternatif commun au budget qui sera présenté par le gouvernement. Nous devons pouvoir apporter une solution alternative au grave problème de la vie chère que connaissent les Français », assure le député communiste. « Nous devons répondre à deux exigences »croit encore Jérôme Guedj, qui sont « la forte aspiration à l’union de la gauche exprimée par les électeurs et une base programmatique à la hauteur des urgences sociales du moment ». Selon le socialiste, le parlement Nupes peut être le bon cadre pour avancer. Sur les élections européennes, les écologistes, les socialistes et les communistes ne ferment pas la porte tout de suite. Mais tous invoquent des questions fondamentales qui restent à discuter et un calendrier encore lointain… « Personne n’a encore décidé de ce que nous voulions faire avec Nupes »se souvient l’écologiste Charles Fournier. « Nous devons inventer la prochaine étape, qui n’est pas la prochaine élection. »

Éviter le piège de la diabolisation

Afficher l’unité de la gauche est une nécessité face à la stratégie clivante du gouvernement. « Ne soyez pas dupe, insiste André Chassaigne, de la volonté du gouvernement d’affaiblir les Nupes ». Avec, notamment, des polémiques visant en premier lieu les insoumis : sur un supposé « antisémitisme » ou en comparant le FI au RN. « Nos adversaires politiques et leurs médias ont tout intérêt à mettre en lumière scène la diabolisation des Nupes et la banalisation RN » (voir entretien p. 4) , confirme Jérôme Guedj. Cependant, les partenaires des rebelles considèrent qu’il « ne donne pas le bâton pour te faire battre ». Ce qui passe, pour Christian Picquet, par « non seulement être dans la posture et l’éclat permanent de l’éclat »mais aussi par propositions réalisables et mobilisateurs ». Un diagnostic partagé par le député socialiste Guillaume Garot qui appelle la gauche à « mener les débats de fond sur notre pacte social »sans pour autant« défendre des positions caricaturales qui effraient un grand nombre de Français ». Les Nupes auront un nouveau grand rendez-vous pour en discuter : la Fête de l’Humanité, qui se déroulera du 9 au 11 septembre, à laquelle ils participeront tous, dont Jean-Luc Mélenchon, qui y reviendra après six ans de absence.

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