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Politique. L’Assemblée rejette de justesse l’impôt sur les superprofits

L’Assemblée nationale a rejeté de justesse ce samedi l’idée d’une taxe sur les « superprofits » ou « bénéfices exceptionnels » des grandes multinationales du transport de marchandises ou des compagnies pétrolières, malgré les protestations de la gauche et du RN.

Les votes ont été très serrés (96 pour, 114 contre) pour rejeter des amendements issus principalement des rangs de l’alliance de gauche Nupes mais aussi du Rassemblement national.

Quatre députés de la majorité se sont abstenus, dont Sacha Houlié et Caroline Janvier, qui avaient défendu le principe de cette taxe. Un de leur collègue d’Horizons a voté pour.

TotalEnergies a offert une remise de 20 centimes

Les députés de l’opposition souhaitaient une « taxe exceptionnelle de 25% sur les superprofits » des différentes entreprises, pétrolières et gazières, de transport maritime ou concessionnaires d’autoroutes.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a critiqué le principe d’une taxe, d' »accent idéologique », selon lui, et a salué les gestes opportuns de TotalEnergies et CMA CGM. Les géants de l’énergie et du transport ont proposé vendredi une remise à la pompe de 20 centimes pour l’un et une réduction des tarifs de fret de 750 euros par conteneur de 40 pieds pour l’autre.

Des députés de la majorité avaient déposé des amendements pour proposer cette taxe, retirée suite aux annonces des deux géants internationaux.

La majorité pouvait compter sur le soutien des républicains sur ce texte. « Notre ADN, c’est de moins taxer », a déclaré Véronique Louwagie.

« Oui, la pression de l’Assemblée nationale sur Total et sur CMA CGM a été efficace et je remercie tous les parlementaires, tous bancs confondus », s’est réjoui Bruno Le Maire, pour qui la contribution volontaire des deux groupes rapporte « plus d’argent au Français.

Une mesure adoptée en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Italie

Des propos qui ont déclenché l’ire de la gauche. « Le peuple français souffre quand Total se gave », a fustigé la dirigeante des Insoumis Mathilde Panot.

« Vous refusez une mesure légitime qui se répand autour de nous », a déploré la socialiste Christine Pires Beaune, citant les cas de l’Espagne, de la Grande-Bretagne ou de l’Italie qui ont adopté des taxes exceptionnelles sur les « surprofits ».

« Il fut un temps, dans cet hémicycle au début de la Troisième République, où les grands patrons siégeaient directement pour défendre leurs intérêts, ça avait le mérite de la transparence, maintenant ce sont des ministres », a attaqué le RN Jean-Philippe Tanguy, parlant de « nombre indécent » entre « le lobbying et la défense de la macronie ».

« Le seul lobbyiste ici, c’est moi », a balayé Bruno Le Maire.

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