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policiers et journalistes visés

Dix membres des forces de sécurité ont été blessés et quatre journalistes ont été visés par des tirs dans la nuit de jeudi à vendredi en Martinique, où les violences ont suscité une vive réaction du gouvernement, alors que la crise se poursuit également en Guadeloupe.

La Martinique a de nouveau été le théâtre d’une nuit d’émeutes et les forces de sécurité, ainsi que des journalistes, ont été la cible de tirs à balles réelles, a annoncé vendredi le parquet de Fort-de-France dans un communiqué.

« Une autre nuit d’émeutes s’est déroulée hier avec de graves abus : barricades en feu, cambriolages et dégâts par les incendies, racket systématique des habitants », rapporte la procureure, Clarisse Taron, dans son communiqué.

Elle évoque également des « balles réelles » contre des policiers, des gendarmes et des journalistes.

Selon une source policière, dix policiers ont été légèrement blessés dans les incidents de la nuit, au cours desquels trois commerces ont été pillés.

Le parquet de Fort-de-France rapporte qu’un gendarme a été grièvement blessé lors d’une intervention sur un cambriolage.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait état sur Twitter tôt vendredi matin d’une dizaine d’interpellations dans la nuit, sans préciser si ce chiffre ne concernait que la Martinique ou aussi la Guadeloupe.


Une source policière a pour sa part évoqué six interpellations en Martinique, précisant que la situation était restée calme durant la nuit en Guadeloupe.

Dans un communiqué, le groupe Altice Media, propriétaire de BFMTV et RMC, a indiqué vendredi qu’une de ses équipes, ainsi que des confrères de l’Agence France Presse et de l’agence ABACA, présents en Martinique, avaient subi hier soir des tirs à balles réelles près de un barrage routier.

« Heureusement, ils n’ont pas été touchés », a déclaré le groupe, qui dénonce un « acte intolérable » et annonce qu’il va engager des poursuites judiciaires.

Crise sociale

La Guadeloupe et la Martinique, distantes de 120 km l’une de l’autre, connaissent un important mouvement de contestation, né du refus de l’obligation de vaccination pour les soignants et les pompiers, qui a dégénéré en crise sociale, révélant les attentes d’une population où beaucoup vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec taux de chômage élevé chez les jeunes.

La Martinique est la région française d’outre-mer la moins touchée par le chômage. Cependant, en 2020, le taux de chômage s’établissait à 12,4 %, soit 4,4 points de plus qu’en France métropolitaine, en raison d’un marché du travail étroit et d’un manque local de compétences.

Le niveau de vie médian de la population est de 17% inférieur au niveau national, le taux de pauvreté (29,8%) presque deux fois plus élevé.

Le mouvement social s’accompagne de violences urbaines nocturnes qui ont poussé le préfet de la Martinique à instaurer jeudi un couvre-feu de 19 heures à 5 heures du matin, tandis que le préfet de Guadeloupe a prolongé celui déjà en cours sur l’île.

Avec l’AFP et Reuters



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