Skip to content
Plus Canada Soccer s’explique, plus les questions se multiplient


Dès le troisième paragraphe de la lettre des joueurs publiée dimanche, dans laquelle ils annoncent avoir refusé de participer à leur match amical contre le Panama, le nœud du problème – si tant est qu’une des questions soulevées soit plus cruciale qu’une autre – apparaît : les joueurs écrivent en ayant a récemment appris qu’en 2018, Canada Soccer a signé une entente avec Canadian Soccer Business (CSB) qui compromet la capacité de l’association à exploiter le succès de ses équipes nationales sur le terrain.

(Un petit clin d’œil ici : les joueurs ont-ils appris très récemment l’existence de l’accord, annoncé en 2018, ou viennent-ils tout simplement de ressentir toute l’étendue de ses répercussions ?)

CSB, une entreprise fondée par des propriétaires d’équipes de la Premier League canadienne, a signé une entente de 10 ans avec Canada Soccer en 2018. C’est CSB, depuis ce temps, qui s’occupe notamment de tous les partenariats commerciaux et droits de diffusion pour les programmes des équipes nationales féminines et masculines. L’entreprise affirme avoir investi des dizaines de millions de dollars dans le soccer canadien.

Les termes de l’accord ne sont pas publics, et c’est justement ce que déplorent les acteurs. Comment l’accord a-t-il été structuré ? Comment l’argent est-il distribué ?

Ce n’est pas nouveau que des questions se posent quant à la gestion interne de Canada Soccer. Les réactions de certaines anciennes vedettes de l’équipe nationale canadienne en disent long. Le gardien Craig Forrest, sur Twitter, a écrit vendredi que si l’association canadienne était transparente, professionnelle et digne de confiance, nous n’en serions pas là et que nous aurions dû nous mettre d’accord avant le premier match de qualification.

Kaylyn Kyle, médaillée olympique en 2012, a remercié l’équipe masculine d’avoir défendu une poste qui nous anime depuis des années et que c’est travail d’entraîneur et mentalité de joueur qui a mené le programme masculin à la Coupe du monde et le programme féminin à l’or olympique.

Le Canada a battu la Suède en finale du tournoi olympique de Tokyo.

Photo: Radio-Canada / François Nel

L’ancien joueur international s’est peut-être souvenu de cette déclaration de Canada Soccer publiée fin 2021, lorsque les champions olympiques ont remporté le prix de l’équipe de l’année décerné par Postmedia et La Presse canadienne.

Il lisait que les trois podiums olympiques de l’équipe féminine étaient le résultat de l’investissement continu de l’organisation nationale dans le soccer féminin et que la médaille d’or était l’initiative stratégique décrite dans le plan stratégique de la fédération nationale.

Pourquoi, alors, doit-on encore parler de mettre sur pied un championnat professionnel féminin au Canada, alors que ceux des pays européens se développent à une vitesse fulgurante? Les joueurs ont également inclus cette demande dans leur lettre, ainsi qu’une structure de rémunération équitable pour les hommes et les femmes. La fédération américaine, qui a rendu publiques toutes les données de son accord avec ses équipes nationales, pourrait servir d’exemple dans ce domaine.

(L’équipe féminine a également réagi en précisant qu’elle ne considère pas que des pourcentages égaux des bourses versées par la FIFA, qui se situent dans deux stratosphères selon que l’on est joueuse ou joueuse, comme une forme d’égalité salariale. Les joueuses parlaient de pourcentage dans leur lettre. Mais les joueurs sentent que les négociations avancent, ce qui est un rare bon signe dans tout ce brouhaha.)

La question qui accompagne nombre de ces questions est la suivante : pourquoi ne s’est-on pas occupé de X ou Y avant d’en arriver là ? Canada Soccer donne l’impression d’être une organisation qui ne voit pas venir les coups et qui est dépassée par les événements lorsqu’un uppercut entre en contact avec son menton.

En septembre 2021, Radio-Canada et CBC dressaient le portrait d’un marché des produits dérivés où le Canada n’était qu’un figurant. Les Canadiens venaient de remporter l’or olympique. L’association s’est ainsi inutilement privée de revenus, ce qui jette une lumière peu flatteuse sur le ton presque belliqueux du président de Canada Soccer, Nick Bontis, lorsqu’il a expliqué dimanche en conférence de presse les raisons économiques pour lesquelles les propositions des joueurs sont impossible à réaliser à ses yeux.

Quelques milliers de chandails vendus n’auraient pas plongé Canada Soccer dans l’argent comptant du jour au lendemain. Mais cette histoire nous rappelle pourquoi tant d’anciens ont des doutes sur les compétences de gestion de l’organisation.

Les joueurs doivent reprendre la compétition jeudi à Vancouver pour un match de la Ligue des Nations de la CONCACAF contre Curaçao. La Coupe du monde au Qatar n’est pas demain matin, mais c’est comme ça. Il est dans l’intérêt de tous de s’asseoir et de trouver, en l’absence de terrain d’entente, quelques pistes qui permettraient d’y parvenir.

Plus Canada Soccer s’explique, plus les questions se multiplient

canada

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.