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Place aux lecteurs |  La rentrée scolaire, un « dilemme »


« Envoyons-nous nos enfants ou non ? Dilemme. Les parents connaissent trop bien la situation des écoles qui ferment et rouvrent avec quelques jours de préavis, mais cette fois le choix semble plus déchirant. Face à la hausse des hospitalisations, la raréfaction des tests rapides et les mesures sanitaires jugées insuffisantes, faut-il rouvrir les écoles cette semaine ?

Publié à 18h38

Place aux lecteurs |  La rentrée scolaire, un « dilemme »

Marie-Ève ​​Morasse
La presse

« Je ne sais pas où nous allons. C’est effrayant. »

Marie-Christine Mallette et sa famille suivent « toutes les recommandations » depuis 22 mois, mais en début de journée lundi, la maman se demandait si elle enverrait son fils de 7 ans à l’école le lendemain. Le sursis de 24 heures – gracieuseté de la tempête – n’était qu’un peu plus d’heures de tergiversations.

« Est-ce que je vais priver mon garçon d’aller à l’école ? Je peux ramener la maladie autant que lui », interroge Mmoi Mallette, institutrice dans une école primaire. Avant les vacances, dit-elle, ça allait bien dans sa classe. Mais même dans son école « exemplaire » en termes de mesures sanitaires, que l’attend-il pour les semaines à venir, maintenant que Québec craint un manque de personnel ?

« Moi, je dois aller à l’école, mais mon garçon… » Au bout du compte, la maîtresse avait pris une décision. Sa mère – une enseignante à la retraite – serait à nouveau appelée pour aider son fils jusqu’à ce que la situation soit « plus stable, moins dangereuse ».

« Chanceuse et très privilégiée » de pouvoir compter sur ses parents, Marie-Christine Mallette retrouvera ses élèves mardi en faisant « tout son possible » pour que le COVID-19 ne vienne pas chez elle.

Ses inquiétudes font écho à de nombreux témoignages reçus par La presse. Face à « l’opacité de l’information », comment prendre une décision éclairée ? demande, comme plusieurs autres lectrices, Hélène Lavertu, dont l’enfant va au collège.

« Si on pouvait se faire dépister facilement, qu’on n’était pas face à une explosion de cas… », énumère-t-elle. Dans le contexte où les écoles n’informent plus les parents lorsque des cas positifs surviennent dans un groupe, prendre des décisions « devient insoutenable », estime la femme.

«Il y aura intervention et analyse de la part de la Santé publique seulement lorsqu’il y aura 20 cas ou plus (sur une période de 14 jours) dans une école ou un centre», conseille le centre de services scolaire des Patriotes. .

Chaque situation apporte son inquiétude. « Si je dois me confiner, je mets mon équipe soignante dans une situation difficile et fragilise le système hospitalier », écrit une infirmière à La presse. « Ce qui me déroute le plus, c’est qu’il n’y a pas de mesures supplémentaires pour empêcher la propagation dans les écoles », ajoute-t-elle.

Chaque situation appelle des calculs précis. « Le risque d’attraper la COVID-19 est plus grand en les renvoyant à l’école, mais tout est un calcul de risques par rapport aux avantages depuis deux ans. Les dégâts des écrans et de l’isolement commencent à l’emporter sur l’avantage de ne pas contracter la maladie… », observe Edith Lemery Frenette, maman de deux adolescents de 12 et 13 ans.

Les étudiants ont « assez payé »

Pour le professeur de 4et année Catherine Chagnon, il ne fait aucun doute que les écoles doivent rouvrir. Les retards académiques accumulés depuis deux ans ne peuvent être rattrapés « en criant des ciseaux », et les étudiants ont « assez payé ».

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PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Le professeur de 4et Année Catherine Chagnon

En septembre 2020, rappelle-t-elle, les enseignants ont été « envoyés en pâture » dans les écoles, « sans vaccins, rien ». Surnommée « Madame Visière » par ses collègues car elle était l’une des rares de son école à le porter en plus du masque, elle a attrapé la COVID-19 un mois plus tard. Sa classe était fermée.

« Je me demandais si j’allais être intubée », dit-elle. Désormais triplement vaccinée, elle préfère que tout le monde soit en classe car « l’enseignement en présentiel est plus intéressant pour tout le monde ».

Ses élèves, dit-elle, ont hâte de rentrer chez eux, et nombre de ses collègues aussi. « Je pense qu’il y a beaucoup d’enseignants qui n’ont pas peur, mais on les entend moins, dit Catherine Chagnon.

Tant pour son fils au cégep que pour celui au secondaire, Mélanie Routhier se réjouit aussi de la réouverture des écoles. « C’est beaucoup mieux pour leur santé mentale », dit-elle.

Elle déplore néanmoins que « la charge » de la réussite de la réouverture repose sur les parents, « alors qu’on est déjà un peu dans un scénario catastrophe ».

« S’il ouvre les écoles, le gouvernement a la responsabilité de tout faire pour les garder ouvertes, pour s’assurer qu’elles ne referment pas dans trois semaines. Nous devons le rendre le plus cohérent possible. Avancer, puis reculer, c’est ce dont les gens ne sont plus capables », explique Mme.moi Routhier, qui déplore la difficulté d’accès aux tests rapides.

C’est ça le problème, dit Marie-Ève ​​Lessard, enseignante d’histoire au secondaire. Les conditions de la rentrée scolaire sont « dangereuses ».

« Nous n’avons pas d’échangeurs d’air, nous ne savons pas si nous avons des capteurs de CO2 fonctionnel, nous n’avons pas de tests rapides pour les lycéens, isolement [si un élève est positif] a été ramené à cinq jours », énumère Mmoi Lessard. Sans oublier, ajoute-t-elle, la disparition des bulles de classe, qui a permis de mieux tracer les contacts.

Cinq jours : durée pendant laquelle les enfants de moins de 12 ans présentant des symptômes de la COVID-19 doivent s’auto-isoler, quel que soit leur statut vaccinal.

400 : nombre d’échangeurs d’air installés dans les écoles de la province à ce jour.

Source : Gouvernement du Québec



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