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Orange : la course à la succession de Stéphane Richard s’accélère


Une femme, un profil interne ou un candidat externe pour diriger Orange ? La course à la succession de Stéphane Richard, condamné dans l’affaire Tapie/Crédit Lyonnais, s’accélère, alors que le PDG sortant est censé quitter son poste fin janvier.

Trois profils ont déjà été retenus par le comité de sélection du groupe pour devenir PDG : l’actuel directeur général délégué, Ramon Fernandez, le directeur commercial de l’opérateur américain Verizon, Frank Boulben, et la présidente de Schneider Electric France, Christel Heydemann.

A la tête de l’opérateur historique depuis 2011, mais condamné en novembre dans l’affaire d’arbitrage dont avait bénéficié Bernard Tapie, Stéphane Richard doit quitter ses fonctions le 31 janvier au plus tard, alors que son mandat courait jusqu’à mi-2022.

Ces quelques semaines devraient laisser le temps de sélectionner les candidats à la relève et de mettre en place la nouvelle gouvernance de l’entreprise, sur laquelle l’Etat, premier actionnaire avec plus de 20% du capital, a son mot à dire. dire.

Un scénario étudié depuis plusieurs mois est quasi certain : la séparation des fonctions de président et de directeur général.

Plusieurs groupes dont l’État est actionnaire ont mis en place une telle gouvernance, comme Renault, après le départ de Carlos Ghosn, ou Engie, où Gérard Mestrallet est passé en 2016 de PDG à président non exécutif.

Christel Heydemann, actuelle présidente de Schneider Electric France, à Paris le 21 novembre 2017 (AFP / Archives – ERIC PIERMONT)

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, donne sa préférence à la nomination d’une femme à la tête d’Orange, après avoir entendu les trois candidats « aux profils intéressants », dont Christel Heydemann, a indiqué mercredi le ministère. AFP.

« A compétences égales, le ministre souhaite qu’une femme prenne la direction d’Orange », a précisé cette source au ministère, précisant que, si l’Etat est actionnaire de référence d’Orange, « il y a un processus de recrutement et un conseil d’administration qui décide finalement ».

– Prochaines audiences à l’Élysée ? –

« Le ministre souhaite que davantage de femmes accèdent aux postes de gouvernance dans les grandes entreprises », a déclaré le ministère de l’Économie, alors qu’une seule femme dirige actuellement une entreprise du CAC 40 en France, la directrice générale d’Engie, Catherine McGregor. Mais à partir du 1er juillet, Estelle Brachlianoff deviendra PDG de Veolia.

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, ancienne directrice d’Orange France, a pour sa part démenti tout intérêt pour le poste.

« Je ne pourrai jamais me désintéresser du sort d’Orange… Maintenant, je suis parti et (…) je n’ai jamais regretté ce choix. (…) Je suis bien dans mon rôle de présidente de France Télévisions et j’ai bien l’intention de continuer à l’exercer jusqu’au bout », a-t-elle déclaré mercredi sur France Inter.

Au-delà de Bercy, la balle est désormais dans le camp de l’Élysée. Selon plusieurs médias, son secrétaire général, Alexis Kohler, doit entendre les candidats devant le conseil d’administration du 24 janvier de l’opérateur qui doit se pencher sur la gouvernance.

« Il y a un processus de sélection en cours, là encore avec une méthode de sélection, donc le gouvernement n’a pas à s’immiscer dans ce processus », a commenté mercredi Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, sans vouloir confirmer.

Orange : la course à la succession de Stéphane Richard s’accélère

Stand de l’opérateur Orange au World Mobile Fair de Barcelone, Espagne, le 29 juin 2021 (AFP / Archives – Josep LAGO)

D’autres points restent en suspens, dont celui de la rémunération. Avec un salaire annuel d’environ 1,5 million d’euros, Stéphane Richard est l’un des managers les moins bien payés du CAC 40, ce qui pourrait faire l’objet de négociations pour la personne retenue.

En novembre, Stéphane Richard a été reconnu coupable de complicité de détournement de biens publics dans le dossier arbitral controversé rendu en 2008 entre l’homme d’affaires Bernard Tapie, depuis décédé, et le Crédit Lyonnais. A l’époque, le patron d’Orange était directeur de cabinet de la ministre de l’Economie de l’époque, Christine Lagarde.

Présent dans 26 pays à travers le monde, Orange est un géant des télécoms qui emploie plus de 140 000 personnes, dont plus de 80 000 en France. L’opérateur français a réalisé un chiffre d’affaires de 42,27 milliards d’euros en 2020.


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