Skip to content
« Normalement les coûts pourraient baisser un peu dans les semaines à venir », estime un spécialiste

« Normalement, les coûts pourraient baisser un peu dans les prochaines semaines », a estimé lundi 17 janvier sur franceinfo Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’université Paris Dauphine, spécialiste des matières premières et de l’énergie, après la forte hausse des prix des carburants. Les prix du carburant ont atteint un niveau record la semaine dernière, le diesel dépassant pour la première fois 1,60 euro le litre. Le sans plomb 1995-E10, l’essence la plus populaire, s’est vendu 1,6821 euros, soit une hausse de plus de 2 centimes par rapport au précédent record établi la semaine précédente.

franceinfo : Comment expliquez-vous cette augmentation ?

Philippe Chalmin : Dans le prix des carburants, trois éléments entrent en jeu. Il y a un élément qui est la fiscalité, il y a le dollar et enfin le pétrole. La flambée actuelle des prix est un peu liée à la faiblesse de l’euro face au dollar et surtout à la hausse considérable du pétrole qui vient de clôturer à un peu plus de 86 dollars le baril. Il y a deux ou trois mois, les niveaux de 60 à 70 dollars étaient jugés relativement élevés. Nous vivons donc une vraie tension sur le marché mondial du pétrole et cela se traduit par une semaine de retard sur les prix à la pompe.

Est-ce parce qu’il y a plus de demandes ?

Il a deux phénomènes. Les prix du pétrole sont également corrélés à notre anticipation de l’impact que la variante Omicron aura sur la vie économique de la planète. La variante Omicron semble s’estomper un peu. Les marchés le pensent aussi et s’il y a moins d’Omicron il y a moins de Covid, on voyagera plus, on prendra nos voitures, l’avion. La demande mondiale de pétrole augmentera donc peut-être un peu plus vite à un moment où les producteurs affichent quelques difficultés à tenir leurs engagements. L’OPEP et la Russie se sont engagées à augmenter leur approvisionnement du marché de 400 000 barils par jour chaque mois et évidemment ils n’y parviennent pas car il y a des problèmes au Nigeria, en Angola et en Libye. Plutôt que d’anticiper un surplus mondial, certains parlent de déficit. A 86 dollars, le pétrole est encore assez loin des records de 2008, 147 dollars, et entre 2010 et 2013 on errait entre 100 et 120 dollars le baril.

Les prix vont-ils continuer à augmenter ?

Je ne pense pas que le prix du pétrole continuera d’augmenter, d’autres le pensent, mais il est suffisamment élevé pour donner des carburants à des niveaux record. Nous sommes à un niveau plafond et normalement les coûts pourraient baisser un peu dans les semaines à venir. Il faut tenir compte de l’augmentation de la production aux États-Unis et dans d’autres pays. Donc normalement les prix devraient baisser. Mais je me suis relativement trompé ces dernières semaines pour que vous ne preniez pas mes prédictions trop au sérieux et il y a des gens qui pensent le contraire.



francetvinfo

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.