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Neurologie |  Un biologiste de l’Université Laval perce le mystère de la COVID-19


Au début de la pandémie, Ayman ElAli a été surpris de constater que le COVID-19 créait souvent des problèmes neurologiques. Le biologiste de l’Université Laval, spécialisé dans les accidents vasculaires cérébraux (AVC), vient d’élucider l’un des mécanismes de ces troubles cognitifs dus au SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la COVID-19.



Neurologie |  Un biologiste de l’Université Laval perce le mystère de la COVID-19

Mathieu Perreault
presse

« La protéine S du SARS-CoV-2 induit un changement radical dans les cellules fonctionnelles des vaisseaux sanguins du cerveau, qui protègent ces vaisseaux », explique ElAli, qui est l’auteur principal d’une étude publiée cette semaine dans la revue Neurobiologie de la maladie. « Il y a une inflammation de ces cellules et elles deviennent dysfonctionnelles.  »

La protéine S est le fameux « spicule » (pic) qui permet au coronavirus d’infecter les cellules humaines. Il a des affinités avec les cellules du poumon, mais aussi de la cavité nasale, qui communique avec le cerveau. C’est cette protéine S qui est ciblée par les vaccins actuels.

Des cellules fonctionnelles affectées par la protéine S, appelées « péricytes », entourent les vaisseaux sanguins. Ils régulent le flux dans ces vaisseaux et modulent la réponse inflammatoire. Ils sont également susceptibles d’être attaqués par la protéine S.

La découverte permet d’envisager des traitements localisés qui empêcheraient le SARS-CoV-2 de se lier aux cellules de la cavité nasale, pour protéger le cerveau.

« Nous avons des inhibiteurs de cellules humaines ciblées par le coronavirus, que nous pourrions utiliser de manière localisée », précise ElAli.

Modèle animal

Les problèmes neurologiques vasculaires qu’étudient le biologiste et son équipe au Québec ne sont qu’une des causes des effets cognitifs de la COVID-19.

Et l’effet de la protéine S sur les vaisseaux sanguins du cerveau n’explique probablement pas tous les effets neurologiques vasculaires du COVID-19, prévient-il. Ces troubles neurologiques vasculaires comprennent des problèmes de mémoire, de la confusion et, dans des cas plus rares, des accidents vasculaires cérébraux.

Quelle est la prochaine étape ? «Nous avons travaillé sur des cellules humaines dans des tubes à essai», explique ElAli. Nous avons maintenant besoin d’un modèle animal pour reproduire nos résultats. Et seulement après cela, nous pouvons penser à essayer des traitements.  »

Les troubles cognitifs en chiffres

43% à 67% des patients hospitalisés pour COVID-19 ont une déficience cognitive temporaire.

La source: Frontières en psychiatrie

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