Skip to content
Naufrage du Titanic : une « enquête policière » météorologique pour mieux comprendre la catastrophe


Et si les conditions météorologiques étaient la clé pour résoudre le « mystère » du Titanic ? Quatre jours après avoir quitté le port de Southampton en Angleterre le 10 avril 1912, l’imposant paquebot de croisière avait déjà parcouru environ 2 700 km quand, à 23 h 40, il heurta un iceberg sur tribord, avant de couler en quelques heures seulement, le percée de la coque.

Des études ont déjà éclairci – en partie – les circonstances et les terribles conséquences de l’un des plus grands drames maritimes de l’histoire moderne, notamment en analysant les nombreux objets récupérés du naufrage. Parmi les causes identifiées figurent la vitesse excessive du navire, ou la mauvaise organisation de l’évacuation des passagers.

Cependant, une question cruciale reste en suspens : pourquoi les vigies n’ont-elles signalé l’iceberg qu’à 500 mètres de l’impact, trop tard pour permettre une manœuvre d’évitement ?

Une mer calme et sans vent

« Plusieurs hypothèses ont été avancées par les chercheurs. Nous nous sommes demandé si nous pouvions les valider avec les éléments à notre disposition, explique Marie-Hélène Pépin, responsable de la documentation à Météo France, co-auteur du dossier « Le naufrage du Titanic et la météorologie » (04/2022) avec son collègue Xavier Popineau. En 1912, les services météorologiques échangeaient déjà des données entre eux.« Les circonstances météorologiques du drame peuvent ainsi être reconstituées, à l’aide de cartes détaillant avec précision les conditions atmosphériques de l’époque. »Cette nuit-là, le Titanic s’est retrouvé au milieu d’un anticyclone. La mer est calme, il n’y a pas de vent, observe M.-H. La graine. Ce qui a été confirmé par les récits des témoins, tous aujourd’hui décédés. » Ce n’est donc certainement pas une mer agitée qui aurait pu cacher l’iceberg fatal à la vue des vigies.

Le naufrage a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 au point 41°N-49°W (croix rouge) au cœur d’un vaste anticyclone (cercle bleu). Bibliothèque Météo-France

L’enquête se poursuit donc du côté des coupables, à savoir les icebergs issus de la fragmentation des glaciers continentaux du Groenland et de l’île de Baffin. « En analysant la carte de dérive des icebergs (ci-dessous, ndlr)on note que plusieurs sont en effet sur la route du Titanic, corroborant les messages envoyés par les bateaux à proximitépoursuit le responsable de la documentation de Météo France. L’hiver 1911-1912 fut particulièrement doux pour l’époque, ce qui explique ce phénomène« .

En effet, la température plus élevée a provoqué une plus grande fonte de la calotte polaire, facilitant le détachement de nombreux blocs de glace. Ce qui, malheureusement, n’explique toujours pas la réaction trop tardive de l’équipage face à l’obstacle naturel…

Naufrage du Titanic : une « enquête policière » météorologique pour mieux comprendre la catastrophe
La carte de dérive des icebergs de l’Atlantique Nord. Darchen, Jacques. Monographie n° 107.

Le sentier de l’illusion d’optique

L’explication tient peut-être en deux mots, comme une formule magique : « Fata Bromosa ». « Ce mirage, principalement observé dans les régions polaires, donne l’impression que l’horizon est surélevé par rapport à la réalité, comme si une couche de brume masquait les objets», précise Marie-Hélène Pépin. A ne pas confondre avec la « Fata Morgana », une autre illusion d’optique, observée notamment en mer Méditerranée.Fata Bromosa est favorisée par les eaux très froides, comme celles qui entourent les icebergs (…) et survient plutôt en début de nuit. Cette nuit-là, toutes les conditions étaient réunies», précise le dirigeant, qui considère donc l’hypothèse du mirage comme «très plausible« … reconnaissant, cependant, que »seulement un sondage du gradient thermique (variation de température avec la profondeur, ndlr) aurait apporté une preuve irréfutable« .

Même si des incertitudes subsistent, les travaux de Météo France éclairent non seulement le passé, mais aussi le présent, et peut-être même l’avenir. « Aujourd’hui, des accidents impliquant des collisions avec des icebergs continuent de se produire», souligne Marie-Hélène Pépin, évoquant le naufrage du navire de croisière « MV explorer », heurté par un iceberg en mer de Weddell (Antarctique) en 2007. «Avec le le réchauffement climatiquede nouvelles voies navigables s’ouvriront, tandis que dans le même temps, le nombre d’icebergs devrait se multiplier« , prévient le responsable. Avec l’amincissement de la calotte polaire avec la hausse des températures moyennes – une augmentation encore plus importante aux pôles qu’à l’échelle mondiale, les blocs de glace se détachent plus facilement. « C’est un sujet qu’il faut absolument creuser.», insiste M.-H. Pépin. Pour, peut-être, éviter de futures catastrophes qui viendraient raviver le douloureux souvenir du Titanic.

A lire aussi :

Naufrage du Titanic : une « enquête policière » météorologique pour mieux comprendre la catastrophe

14 avril 1912 : le naufrage du Titanic relaté par les journaux de l’époque

Naufrage du Titanic : une « enquête policière » météorologique pour mieux comprendre la catastrophe

L’épave du Titanic pourrait avoir complètement disparu d’ici 2030

Naufrage du Titanic : une « enquête policière » météorologique pour mieux comprendre la catastrophe

Qui était la vraie Rose dans Titanic ?

GrP1

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.