L'Europe

Moscou organise des référendums de rattachement à la Russie dans les zones occupées

Des référendums pour rallier la Russie ont débuté vendredi dans quatre régions d’Ukraine contrôlées par Moscou et les forces séparatistes pro-russes. Des consultations condamnées par les Occidentaux qui y voient une annexion déguisée. L’Ukraine, qui revendique des avancées militaires à l’est, a averti qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de ces votes qui durent jusqu’à mardi.

Des référendums d’annexion par la Russie ont débuté, vendredi 23 septembre, dans quatre régions d’Ukraine contrôlées en tout ou en partie par Moscou, alors que Kyiv réclamait de nouvelles avancées de son armée dans l’est du pays.

Ces scrutins sont qualifiés de « simulacres » par Kyiv et l’Occident et qui, de surcroît, marquent une escalade majeure du conflit.

Les critiques internationales n’ont pas empêché Moscou de poursuivre ses projets de référendums en Ukraine. Les scrutins, qui ont commencé à 05h00 GMT, se termineront le 27 septembre dans les régions séparatistes de Donetsk et Louhansk (est), et dans les zones sous occupation russe des régions de Kherson et Zaporijia (sud).

Le scrutin, annoncé en urgence cette semaine sur fond de succès militaires ukrainiens, se fait notamment au porte-à-porte, selon des images des médias russes. Les autorités ont déclaré qu’il s’agissait d’une mesure de sécurité.

La télévision russe a diffusé à plusieurs reprises des images d’électeurs votant dans des urnes mobiles dans des halls ou des cours d’immeubles. Des centaines de bureaux de vote doivent être ouverts dans les quatre territoires, et d’autres en Russie pour permettre aux personnes déplacées de voter.

« Nous espérons qu’après le référendum, ils arrêteront de nous bombarder, que nous retrouverons la paix et l’ordre », a déclaré à l’AFP Vladimir Chotov, originaire de la région de Louhansk et venu voter à la représentation de Donetsk. à Moscou.

Sans aller jusqu’à dénoncer les sondages, la Chine, partenaire le plus proche de Moscou, y est pourtant allée de ses critiques, appelant au respect de l’intégrité territoriale.

Signe de cette démarche, une rencontre surprise a eu lieu vendredi à New York entre le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba.

De nombreux Russes fuient leur pays

Les scrutins ont été décidés après la fulgurante contre-offensive ukrainienne début septembre, qui a permis la reprise de la région de Kharkiv dans le nord-est, et que Kyiv veut poursuivre vers Lougansk, Donetsk et Kherson.

Vendredi, l’Ukraine a revendiqué la prise de Yatskivka sur la rive est de la rivière Oskil dans la région de Donetsk (est), ce qui semble confirmer la poursuite de l’avancée des forces Kyiv. Elle dit aussi avoir avancé au sud de Bakhmout, une ville de l’est que l’armée russe tente de prendre depuis des mois sans succès.

L’annonce précipitée de ces élections s’est accompagnée de celle, mercredi, de Vladimir Poutine de décréter la mobilisation immédiate d’au moins 300 000 réservistes. Il a également menacé d’utiliser des armes nucléaires.

>> À lire aussi : Ukraine : « mobilisation partielle » russe, menace fantôme de Vladimir Poutine ?

Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux et prétendant montrer la mobilisation dans une localité de Yakoutie, en Sibérie, des hommes au visage fermé ont embrassé leurs proches avant de monter dans un bus.

Dans une autre vidéo publiée par la chaîne populaire Telegram, Mash, une ligne d’hommes peut être vue debout devant un avion de transport de troupes sur un tarmac la nuit.

D’autres ont reçu une convocation après avoir été interpellés lors de manifestations contre la mobilisation mercredi.

« Je m’attendais aux (procédures) habituelles : l’arrestation, le commissariat, le tribunal. Mais se faire dire : ‘Demain tu vas à la guerre’, (…) ça a été une surprise », a raconté à l’AFP Mikhail Suetin, 29 ans. , qui a refusé de signer le document.

L’annonce de la mobilisation a également convaincu de nombreux Russes de quitter le pays, sans qu’il soit possible de quantifier l’ampleur du phénomène.

Les gardes-frontières du Kazakhstan ont fait état d’un afflux à la frontière russo-kazakhe et ont assuré que la situation « était sous contrôle spécial ».

Une personne interrogée par l’AFP sous couvert d’anonymat a déclaré avoir fait la queue huit heures pour entrer au Kazakhstan, encore douze heures pour rejoindre la Mongolie.

La Finlande a fait état d’un doublement des entrées à la frontière russe depuis l’annonce de la mobilisation. Vendredi soir, le pays a annoncé qu’il prendrait des mesures pour limiter « de manière significative » l’entrée de citoyens russes sur son sol, après avoir déjà divisé par dix les visas touristiques accordés.

Avec l’AFP


France 24 Europe

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page