Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles locales

Montréal et le bruit! | Le Journal de Montréal


Chaque année, vers la fin du mois d’août, l’été nous frappe à nouveau.

En l’espace de quelques jours, les collégiens regagnent leurs cours puis cèdent la place aux jeunes lycéens tandis qu’à la radio, des voix familières reprennent leurs micros. On a beau rappeler l’été qu’on n’est toujours pas satisfait et qu’il est de service jusqu’en septembre, il choisit à chaque fois ces circonstances pour s’essouffler subitement.

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez un avis à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?

Montréal et le bruit! | Le Journal de Montréal

Et le temps s’accélère.

C’est peut-être parce que je vieillis, mais il me semble que l’été qui vient de s’écouler a été particulièrement mouvementé cette année. J’ai peut-être basculé du côté des cyniques, mais je me souviens du temps où Montréal préférait s’offrir un peu de répit.

Des chantiers partout

Il y a quelques années, on pouvait s’y déplacer tranquillement pendant quelques semaines. Les automobilistes, mais aussi les cyclistes et les piétons n’ont pas rencontré un si grand nombre de chantiers – 85 majeurs cet été selon l’administration municipale. Transformée en véritable boucherie, Montréal s’est littéralement réveillée chaque jour depuis quelques semaines au son des sirènes de recul des camions, du tambour des marteaux-piqueurs et du grincement furieux des pelles mécaniques contre l’asphalte.

Alors que les chantiers n’ont épargné quasiment aucune rue, alors que la cacophonie s’est propagée, comme certains rêvaient de le faire sur une plage très loin d’ici, une circulation monstre a persisté comme un paysage, piégeant ainsi les automobilistes dans un insupportable jeu de coups de klaxon et certains cyclistes dans un dédain de plus en plus prononcé pour tout ce qui n’appartient pas à leur caste prestigieuse. Au milieu du désordre, on pouvait alors apercevoir quelques piétons désorientés, très souvent apeurés, ensevelis sous les cris, la poussière.

Langue

Et aussi une langue étrangère de plus en plus insistante.

C’est qu’au milieu du vacarme estival, ce fut encore plus la montée de l’anglais qui provoqua le sifflement le plus aigu à nos oreilles. Les données du dernier recensement ne nous concernent plus, mais elles nous indiquaient la semaine dernière que la métropole avait perdu 2,4 % de sa population francophone depuis 2016.

Flâner à Montréal cet été, c’était le voir violemment : la métropole québécoise n’est plus une ville francophone, comme le stipule sa charte. Se promener à Montréal cet été, c’était presque entendre davantage cette musique rare et joyeuse en Amérique que constitue la langue française. Se promener dans Montréal, c’était rencontrer des étudiantes françaises, des hôtesses dans les bars de Saint-Henri, qui vous accueillent en anglais, se faire servir dans la langue de Durham sur Saint-Denis ou voir que des quartiers historiquement francophones comme Hochelaga, Rosemont et le Plateau s’anglicise sans que nous trouvions de raison d’un rugissement durable.

Montréal est bruyant.

Et tandis que nous nous contentons une fois de plus d’exprimer notre indifférence redondante, le bruit des chantiers continue de camoufler le gémissement d’une langue française en danger.

Un jour, nous devrons répondre au bruit autrement que par notre silence.


GEN-COVID-19

Rémi Villemure, Auteur et étudiant à la maîtrise en histoire de Montréal



journaldemontreal

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page