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L’IRAN. Alors que les Iraniens manifestent depuis six jours, le président iranien Ebrahim Raïsi a promis, jeudi 22 septembre, qu' »une enquête [sur les conditions de la mort de Masha Amini] sera ouvert ».

[Mis à jour le 22 septembre 2022 23h27] La mort de Masha Amini le 13 septembre, alors que la jeune femme était aux mains de la police des mœurs, a provoqué un véritable tremblement de terre en Iran. Depuis six jours, les Iraniens manifestent plus que jamais, malgré la répression policière qui a déjà fait plusieurs morts. « La colère traverse les classes sociales, c’est du jamais vu », a déclaré l’historien Jonathan Piron à franceinfo.

Jeudi soir, heure française, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le président iranien Ebrahim Raïssi l’a assuré : « Une enquête va être ouverte ». Avant d’ajouter toutefois que le rapport du médecin légiste ne faisait pas mention d’abus par la police. Ebrahim Raïsi a également indiqué qu’il avait « contacté la famille du défunt » et lui a promis « d’enquêter diligemment sur l’incident ».

Dans les rues, des milliers de personnes sont descendues pour protester contre le régime de la République islamique depuis le 16 septembre 2022 et au fil des jours les mobilisations ont pris de l’ampleur pour devenir un soulèvement populaire. Les autorités peinent à contenir les foules de manifestants, dont certains s’en prennent à des symboles d’autorité comme des véhicules de police. Les mobilisations populaires en Iran ont déjà fait onze morts en quelques jours seulement, des victimes sont à déplorer tant parmi les manifestants qu’au sein des forces de l’ordre.

Images de manifestations en Iran

Toutes les grandes villes d’Iran sont prises d’assaut par des manifestants qui se rassemblent par centaines, voire par milliers. Ce sont des femmes de tous âges qui défendent leurs droits, mais aussi des hommes qui défilent dans les rues. Les manifestants s’en prennent aux symboles de la République islamique, notamment le hijab, dont le port est imposé aux femmes. Ils sont nombreux dans les rues pour l’enlever ou le brûler au milieu de la foule. Lors des mobilisations, ce sont aussi la police et les autorités qui sont visées : les véhicules de police sont souvent encerclés et immobilisés par la foule et parfois incendiés.

Pourquoi y a-t-il des manifestations en Iran ?

En Iran, les manifestations ont commencé le 16 septembre, jour de la mort de Mahsa Amini. La jeune femme de 22 ans est décédée en garde à vue, trois jours après avoir été interpellée par la brigade des mœurs pour « port de vêtements inappropriés ». La raison de son arrestation ? Elle ne portait pas correctement son hijab, car le voile doit couvrir les cheveux d’une femme selon les règles strictes de la République islamique. La mort de la jeune femme est considérée comme suspecte par une grande partie de la population et selon l’agence de presse Fars « de nombreux manifestants sont convaincus que Mahsa est morte sous la torture ». Les autorités comme le gouvernement nient être responsables de la mort de la jeune femme.

La mort de Mahsa Amini a été le déclencheur du soulèvement populaire et les femmes ont été les premières à initier le mouvement en premier sur les réseaux sociaux. Plusieurs vidéos de femmes iraniennes retirant publiquement leur hijab, se coupant les cheveux ou encore brûlant leur foulard ont été diffusées sur les réseaux. Depuis, la rébellion s’est installée dans la rue où des centaines de personnes se rassemblent pour dénoncer la mort de la jeune femme mais plus largement pour protester contre le régime en place. Des manifestations ont été organisées aux quatre coins de l’Iran, de la capitale Téhéran au Kurdistan, la région dont est originaire Mahsa Amini, en passant par toutes les grandes villes. Le mouvement a même dépassé les frontières de l’Iran puisque partout dans le monde des femmes iraniennes se joignent à la cause de leurs compatriotes en se coupant les cheveux.

Onze morts lors de manifestations en Iran

Le soulèvement populaire en Iran débouche sur de véritables affrontements entre manifestants et représentants des autorités locales. Dans les mouvements de foule, plusieurs attentats ont eu lieu et ont fait onze morts, selon le dernier bilan officiel publié le 22 septembre 2022. Parmi les victimes figurent quatre paramilitaires et des membres des forces de sécurité « mobilisés pour affronter les émeutiers » qui ont été poignardés ou abattu et sept manifestants ont également été poignardés à mort, selon les agences de presse iraniennes.

Pourtant, la télévision d’Etat fait état de 17 morts, « dont des manifestants et des policiers ». Mais comme l’a souligné franceinfo, le bilan pourrait être beaucoup plus élevé. L’ONG d’opposition Iran Human Rights (IHR) a déjà dénombré au moins 31 morts parmi les civils.

De leur côté, les autorités locales disent ne pas être impliquées dans la mort des manifestants. Cependant, plusieurs ONG, dont Amnesty International, ont pointé la « répression brutale » des manifestants par la police en plus de dénoncer « l’usage illégal de coups de feu, de billes d’acier, de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de bâtons pour disperser les manifestants ».



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