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Meryl Meisler, un toast « à la vie » !

Vêtue d’un tutu, une jeune fille à la peau laiteuse, adossée dans un fauteuil, les pieds en l’air et la tête baissée, les bras tendus, nous regarde, hilare. Quarante-cinq ans plus tard, le même regard malicieux illumine le visage de Meryl Meisler alors qu’elle contemple amusée cet autoportrait réalisé dans le salon de la maison familiale, située à Massapequa, un quartier résidentiel au sud de Long Island dans l’État de New York.

A 16 ans, armée de son premier appareil photo, l’adolescente entame un journal photographique, à la manière de Jacques Henri Lartigue, qu’elle cite avec Diane Arbus comme ses maîtres en photographie. Nouvel an, bar mitzvah, mariage, repas de famille, séance chez le coiffeur… Dans un noir et blanc lumineux, elle capture avec humour des instantanés de la vie de sa famille, riche de fantaisie et de joie de vivre. Ce même sens de la fête anime le Mystery Club, un groupe de dix familles juives du quartier, dont ses parents. Tour à tour, un couple du groupe organise une sortie surprise : maison hantée, cours de cuisine chinoise, soirée cabaret… « Mes frères et moi étions fascinés par l’histoire des soirées de nos parents. Plus tard, je voudrai photographier les groupes qui s’amusent. J’ai choisi de tourner mon regard vers ce qui me donne de la joie et de l’optimisme. »

En 1975, après une formation artistique à l’Université du Wisconsin, elle s’installe à New York où elle prend des cours de photographie avec Lisette Model, sans imaginer en faire un métier. La journée, elle tente de se faire un nom en tant qu’illustratrice, le soir, caméra vissée autour du cou, elle écume les pistes des clubs et discothèques. Au milieu des années 1970, la vie nocturne new-yorkaise est en plein essor, bars punk, scène disco, club latin, club de strip-tease, Meryl est là pour toutes les soirées. « Je ne vais jamais prendre de photos, je prends des photos là où je vais. »

Au début des années 1980, lasse des petits boulots, elle devient professeur d’arts plastiques. Elle décroche son premier emploi dans un collège public de Bushwick, au nord de Brooklyn, un quartier alors en pleine exhérédation. Changement de décor mais pas habituel, elle continue de photographier son entourage, désormais en couleur avec un appareil photo bon marché – sinon trop dangereux. Fidèle à sa devise, elle choisit de montrer la beauté et la force de la vie, même dans la plus grande pauvreté. Il a fallu attendre sa retraite, prise en 2010, pour qu’elle ouvre ses cartons où ces pépites dormaient depuis trente ans. Selon Fany Dupêchez, directrice artistique du festival, Meryl Meisler est « l’un des secrets les mieux gardés de la photographie américaine « . Gageons que cela ne restera pas longtemps ainsi.

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