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Masque dans les transports : encore envisagé ?


MASQUE COVID. L’obligation du port du masque dans les transports en commun n’est pas à l’ordre du jour malgré un nouveau pic de contamination. La ministre de la Santé, Brigitte Bourguinion, a assuré que les mesures actuelles « suffisent ».

[Mise à jour le 23 juin à 19h18] Le masque fera-t-il son grand retour dans les transports ? Ce n’est pas la tendance au gouvernement. Brigitte Bourguinion, ministre de la Santé, a été interrogée sur le sujet ce jeudi, alors que depuis quelques jours les épidémiologistes alertent sur l’augmentation constante des cas de Covid-19 en France. « Les mesures actuelles suffisent si tout le monde le fait, si tout le monde respecte les gestes barrières », a déclaré le membre de l’exécutif. « Il existe encore tout un éventail de possibilités pour se protéger et protéger les autres », a-t-elle rappelé. Le ministre de la Santé a assuré que « l’idée n’est pas de revenir à des mesures plus contraignantes pour le moment ». « Nous surveillons cette situation au quotidien pour reprendre, si nécessaire, d’autres mesures », a-t-elle ajouté. Par ailleurs, Brigitte Bourguinion a rappelé que la vaccination « reste l’arme la plus utile » pour freiner la circulation du virus, notamment chez les personnes âgées et immunodéprimées. Elle a appelé à « intensifier » la campagne de rappel des Français de plus de 60 ans.

Alors que depuis lundi 16 mai, les Français peuvent utiliser les transports à visage découvert, la situation actuelle est préoccupante. Mi-juin, le nombre moyen de nouveaux cas confirmés quotidiens a augmenté de près de 50 % en une semaine. L’arrivée de BA.5, une sous-lignée d’Omicron plus contagieuse que son prédécesseur BA.2, annonce un été sous le signe de la contamination. Pour l’épidémiologiste et président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale Alain Fischer, le retour du masque dans les transports « est sérieusement discuté » (commentaires tenus sur le plateau de Télématin 22 juin). Ce retour des mesures sanitaires dans les transports s’appliquerait « certainement » aux personnes fragiles et « probablement » au reste de la population. Selon lui, cette précaution reste une « mesure de protection collective ». Il estime qu’en « faisant le petit effort de porter le masque », on « contribue à protéger les personnes fragiles ». La situation sanitaire impose-t-elle vraiment le retour du port du masque ?

Alors que la progression de la circulation du SRAS-CoV-2 est préoccupante, avec 50 000 cas détectés chaque jour en France métropolitaine, Santé Publique France a publié le 16 juin un nouveau point de situation épidémiologique relativement alarmant. « En semaine 23 (du 06 au 16 juin ), la circulation du SARS-CoV-2 s’est accélérée sur l’ensemble du territoire métropolitain après une première semaine d’augmentation plus modérée », peut-on lire. Dans ce contexte, renforcé par « l’adoption la moins systématique de mesures préventives », l’organisation recommande « l’application des gestes barrières », une précaution « indispensable » pour « limiter la propagation de l’épidémie et protéger les populations les plus vulnérables ». Par ailleurs, compte tenu de la canicule qui a récemment touché le pays, il est précisé que « la ventilation des lieux clos doit être limitée aux heures les plus fraîches de la journée ».

L’assouplissement des gestes barrières est-il en cause ? Pour une partie de la communauté scientifique, la levée de l’interdiction du port du masque a été trop précipitée. Yves Buisson, président de la cellule covid-19 de l’Académie de médecine, a expliqué à nos confrères de Télégramme que ce redémarrage de l’épidémie était principalement dû « à l’assouplissement, sûrement trop précoce, des mesures de lutte contre la transmission du virus ». Selon l’épidémiologiste, le variant BA.5 sera « probablement largement majoritaire début juillet car il est plus transmissible ». Son confrère Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a également a recommandé « le retour des gestes barrières, mais aussi du masque dans les transports pour limiter l’importance de cette petite vague de BA.5 » lors de son entretien sur Europe 1. Enfin, pour l’infectiologue Anne-Claude Crémieux, le port du masque est très utile dans les « salles très fermées de plusieurs centaines de personnes. Cela peut être le métro. Dans la rue, non », comme elle l’a expliqué sur France information.

Existe-t-il des consignes officielles sur le port du masque ? Pour l’instant, la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, qui voit ses heures comptées après sa défaite aux législatives, assure que les mesures actuelles sont « suffisantes ». Le ministère a indiqué « suivre de très près l’évolution de la circulation du virus, grâce notamment à un bon niveau de tests », comme le relaye le Télégramme. Le cabinet contacté a également affirmé que le rebond épidémique que traverse actuellement l’Europe était « lié aux variantes BA.4 et BA.5 de la famille Omicron », précisant qu’il ne « présente pas un facteur de gravité accru ». . Le ministère a déclaré avoir transmis, « avec le professeur Alain Fischer », « un message clair à destination des plus fragiles, afin de les inciter à recevoir leur deuxième rappel ». « Parallèlement, nous développons l’accès aux soins. Nous appelons aussi les Français à respecter les gestes barrières et à être vigilants avec les plus exposés au virus », a-t-il enfin précisé.

Quelles sont les recommandations pour le port du masque ?

Pour l’heure, les établissements de santé, les hôpitaux et les Ehpad sont les seuls lieux qui restent soumis à l’obligation du port du masque. Ainsi, l’obligation du port du masque ne concerne désormais que les soignants, les patients et les visiteurs des établissements de santé et de soins comme les hôpitaux, les pharmacies ou les laboratoires de biologie médicale. Toutefois, si les transports restent dispensés du port du masque, qu’il soit rétabli ou non, son port reste recommandé, notamment en cas de trafic intense et « pour toutes les personnes qui s’estiment menacées par le virus » comme dans tous les espaces intérieurs.

A ce titre, les transports et les centres commerciaux figurent dans la liste des « lieux clos et grands rassemblements » où le masque est recommandé aux « personnes fragiles, en raison de leur âge ou de leurs pathologies » (comme l’indique le site gouvernemental). Le gouvernement rappelle que « le masque reste un outil efficace pour prévenir la transmission du Covid-19 », au même titre que « d’autres gestes barrières comme l’aération régulière des lieux clos ou le lavage fréquent des mains ». « Il faut garder ces bons réflexes pour protéger au mieux les plus fragiles », conclut le communiqué. Ces recommandations sont aussi un appel à la prudence dans ce contexte de poussée épidémique juste avant la période estivale.



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