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LREM peut-elle obtenir la majorité aux législatives ? Premiers résultats, dernier sondage


ENSEMBLE. Selon un dernier sondage Ipsos, Ensemble !, le groupe de la majorité présidentielle, serait sur le point d’obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale, après les élections législatives, notamment avec la montée au pouvoir de Nupes.

[Mis à jour le 7 juin 2022 à 23h42] Et si Emmanuel Macron n’obtenait pas la majorité à l’Assemblée nationale ? Impensable il y a quelques semaines au soir de la réélection du président de la République, l’idée fait son chemin. Ce mercredi 8 juin, un sondage Ipsos donne Ensemble ! au coude à coude avec les Nupes. En effet, Ensemble ! arrive en tête avec 28% des intentions de vote, suivi de très près par l’Union de gauche (27,5%). Selon ce même sondage, au second tour, l’Ensemble ! coalition obtiendrait entre 275 et 315 sièges, ce qui n’assurerait pas nécessairement la majorité (289 sièges). De son côté, le Nupes obtiendrait entre 160 et 200 sièges. Pas de quoi rassurer le président de la République et son entourage.

Ce coude à coude se voit aux urnes. Le week-end du samedi 4 juin et du dimanche 5 juin, les Français de l’étranger ont été appelés à faire entendre leur voix afin de choisir leurs députés. Dans la quasi-totalité des circonscriptions concernées, Together et Nupes se sont qualifiés au second tour. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale place ainsi dix candidats sur onze circonscriptions au second tour des élections législatives.

Comme en 2017, Emmanuel Macron a noué une alliance afin d’obtenir la majorité aux législatives. Pourtant, le contenu de la coalition mise en place en 2022 est très différent de celui d’il y a cinq ans. Par un simple accord avec le MoDem de François Bayrou, le président de la République est passé à une confédération regroupant six partis politiques en plus du parti qu’il a fondé en 2016. Unis sous la bannière « Ensemble », LREM, le MoDem, Agir ( Franck Riester), Horizons (Edouard Philippe), Territoire du Progrès (Olivier Dussopt), En Commun (le parti de Barbara Pompili présidé par Philippe Hardouin) et le Parti radical (Laurent Hénart) ont scellé un pacte de soutien à Emmanuel Macron, menant des négociations pour le répartition des circonscriptions. Ainsi, selon l’accord trouvé, 400 candidatures étaient réservées à LREM, entre 101 et 110 pour le MoDem, ainsi que 58 pour Horizons, les autres formations remportant chacune moins de 10 circonscriptions.

Une coalition qui n’est pourtant pas sans risque, s’inquiète-t-on en Macronie. Notamment vis-à-vis d’Edouard Philippe. Si l’ancien Premier ministre a toujours montré sa loyauté envers le chef de l’Etat, son poids politique, mais aussi son côté sympathie (personnalité politique préférée des Français), accordez-lui le statut à la fois d’allié et de dissident de poids. en cas de désaccord. Car si Emmanuel Macron n’obtient pas la majorité (289 sièges) avec les seuls candidats LREM et que ce sont les députés estampillés Horizons qui le permettent, la force politique de son ex-locataire de Matignon n’en sera que décuplée, lui qui peut alors brandir la menace de ne pas voter en faveur d’un texte émanant du gouvernement ou de la majorité parlementaire. En 2017, LREM avait remporté 314 sièges, terminant cependant avec 268 députés après plusieurs scissions et, donc, sans majorité absolue à elle seule.

Pour les élections législatives, beaucoup moins de sondages que lors de l’élection présidentielle sont réalisés par les différents instituts. Cependant, des sondages sur les intentions de vote sont réalisés et permettent d’obtenir une photographie, à l’instant T, de ce à quoi pourrait ressembler la prochaine Assemblée nationale. Selon les derniers résultats des études menées, « Ensemble » recueillerait entre 28% des suffrages exprimés au premier tour. Un score qui serait sensiblement proche de celui de la NUPES, une marge d’erreur d’environ 2 points étant à prendre en compte. En revanche, selon les projections, ce sont LREM et ses alliés qui obtiendraient la majorité des sièges au palais Bourbon. Mais comme on l’a vu plus haut, la majorité absolue est loin d’être garantie, puisqu’il faut 289 sièges pour être majoritaire. Selon les derniers chiffres, Together gagnerait entre 275 et 315 places dans l’hémicycle. Actuellement, la majorité présidentielle représente 350 sièges.

Si les sondages ne prédisent pas le choix des électeurs et le résultat final des élections législatives, la tendance donne à la coalition « Ensemble » la majorité à l’Assemblée nationale, même si les députés d’Emmanuel Macron seraient moins nombreux qu’en 2017. Lors de la présidentielle , le président de la République est arrivé en tête au premier tour dans 266 circonscriptions, avant d’être placé en tête dans 418 d’entre elles au second. Or, le 24 avril, ni Jean-Luc Mélenchon ni aucun représentant de la NUPES n’étaient présents compte tenu du mode de scrutin.

La République en marche est-elle vraiment devenue « Renaissance » ?

Ces derniers jours, la nouvelle du changement d’identité de La République en marche a beaucoup circulé. Après s’être appelée En Marche à sa fondation il y a six ans, puis LREM une fois Emmanuel Macron au pouvoir, la formation politique a dû changer de nom pour s’appeler « Renaissance ». L’annonce a été faite par Stanislas Guerini, jeudi 5 mai 2022, lors d’une conférence de presse au siège du parti. « C’est bien un changement de nature et de nom que nous amorçons. C’est une refondation de LREM pour construire un parti présidentiel qui s’appellera Renaissance », a-t-il expliqué. Exit LREM, place à Renaissance ? Pas assez.

Cette modification n’est pas définitive. Surtout, l’annonce pourrait être prématurée. C’est ce qu’explique Playbook, qui cite une source interne du parti. La majorité serait visiblement « surprise » d’avoir appris cette annonce du changement de nom du principal parti de la coalition au pouvoir. Ce même terme « Renaissance », déjà utilisé comme nom de la liste LREM aux élections européennes de 2019, devrait en réalité être utilisé pour un « processus de refondation » pour fondre LREM dans un ensemble plus vaste. Cette union qui « absorbera les petits partis », selon la source de Playbook, devrait également inclure « Agir » et « Territoires du progrès », petites formations sur la même ligne politique que LREM. Une hypothèse que Stanislas Guérini a semblé confirmer lors de son passage sur RTL le 6 mai : « Nous avons décidé de lancer la création d’un nouveau parti politique, qui s’appellera Renaissance, ce n’est pas encore fait, mais qui rassemblera (…) partis politiques, c’est la proposition que nous allons faire à nos partenaires, je pense à Agir, aux Territoires du progrès (…) ». Le tout dans le but de « créer un parti politique plus large », a-t-il expliqué. La transition de LREM à Renaissance, ce n’est donc pas pour tout de suite.

GrP1

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