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L’Opep+ promet de produire plus de pétrole

Après la crainte d’une envolée des prix avec la décision de l’Union européenne de mettre en place un embargo progressif sur le pétrole russe, la perspective d’une baisse du prix du baril ?

Réunis à Vienne, les pays producteurs de pétrole de l’OPEP+, l’alliance regroupant les treize membres de l’OPEP, avec l’Arabie saoudite en tête, et dix autres pays, dont la Russie, ont annoncé jeudi 2 juin une augmentation plus importante que prévu de leur production. cet été pour tenter de freiner la flambée des prix avec la guerre en Ukraine. Depuis le début de l’année, les prix ont gagné près de 50 % en Europe.

L’OPEP+ augmentera son approvisionnement en pétrole de 648 000 barils par jour, contre 432 000 barils supplémentaires fixés les mois précédents, a indiqué l’alliance dans un communiqué, notant « l’importance de marchés stables et équilibrés ». L’alliance, créée en 2016, représente environ la moitié de l’approvisionnement mondial en pétrole.

Changement stratégique

Cette décision est une surprise, car les analystes tablaient, ces derniers jours, sur un statu quo de la production, en raison du souci affiché par les Saoudiens de ne pas fâcher les Russes. L’annonce est désormais considérée comme une réponse favorable de l’Arabie saoudite à l’exhortation des Américains à ouvrir les vannes. Le président américain Joe Biden doit se rendre dans la région dans les prochaines semaines.

C’est en tout cas une rupture avec la stratégie entamée au printemps 2021 par l’Opep+ qui visait à revenir progressivement aux niveaux d’avant la pandémie de Covid-19, après les coupes drastiques décidées face à l’effondrement de la demande lié aux restrictions sanitaires et blocages dans le monde entier.

L’objectif principal était de ne pas inonder le marché, alors que la demande de pétrole n’est pas encore revenue à son niveau de 2019, en raison du ralentissement chinois et d’un trafic aérien plus faible. Sans le dire ouvertement, les pays de l’Opep se réjouissent aussi de la flambée des prix qui gonflent leurs recettes budgétaires. Au premier trimestre, l’Arabie saoudite a enregistré sa plus forte croissance économique en dix ans.

Des conséquences encore floues

Normalement, une augmentation de la production devrait contribuer à réduire le déséquilibre actuel entre l’offre et la demande et donc à faire baisser les prix, ou du moins à les empêcher de s’envoler. Mais les analystes sont prudents.

Car plusieurs pays avaient déjà eu du mal ces derniers mois à pomper davantage et restaient en dessous de leurs quotas fixés par l’Opep+. C’est le cas du Nigeria, de l’Azerbaïdjan, de l’Angola ou encore du Congo, au maximum de leurs capacités. Pour que le nouvel objectif fixé par l’Opep+ soit atteint, l’Arabie saoudite devra produire davantage. C’est le seul pays qui peut le faire.

Reste l’attitude de la Russie, deuxième producteur mondial avec 11 millions de barils par jour, derrière les États-Unis, et premier exportateur mondial. « Il ne restera pas inactif dans cette recomposition géographique des flux pétroliers et cherchera à rebondir après l’embargo européen sur son pétrole »estime Lionel Ragot, professeur à l’université Paris Nanterre et conseiller du Cepii.

Selon lui, les Russes auront à cœur de montrer aux Européens qu’ils peuvent vendre leur pétrole ailleurs, notamment en Asie. « Mais face à leurs partenaires de l’Opep+, ils n’hésiteront pas à baisser les prix si la production augmente trop », souligne Lionel Ragot. Mi-mars, la Russie a ainsi vendu 5 millions de barils à l’Inde à 25 dollars alors que le prix du marché était à 90 dollars. Pour écouler sa production, elle continue d’accorder d’importantes remises, notamment à la Chine. Depuis le début du conflit en Ukraine, le pétrole russe, dit « Oural », se vend environ 30 dollars de moins que le prix du Brent.

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