Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Bourse Entreprise

« L’idéal aurait été de réduire la fabrication de canons et d’augmenter les moyens de guerre climatique », estime Jean Viard.


Plus de 551 milliards d’euros sous les matelas des Français, selon les chiffres de la Caisse des Dépôts : l’épargne du Livret A et la brochure développement durable et solidaire vont désormais financer en partie l’industrie du tourisme. C’est notre question de société du jour avec le sociologue Jean Viard.

C’est une épargne bien remplie qui attire le désir, le petit livre A et le petit livre du développement durable et solidaire. Plus de 551 milliards d’euros économisés par les Français, selon la Caisse des Dépôts.

Jusqu’à présent, cet argent sert à soutenir la création et le développement de projets de PME dans la transition énergétique, ou dans l’économie sociale et solidaire, ou encore dans le logement social. Il en sera toujours ainsi, mais une autre partie de ces économies servira désormais à financer l’industrie de défense française. Le décryptage du sociologue Jean Viard.

franceinfo : Cela signifie-t-il qu’en fait, la quasi-totalité des Français participeront à ce financement de l’industrie de défense ?

Juan Viard : Absolument. Alors bien sûr, c’est une évolution, c’est une information un peu surprenante, mais en même temps c’est logique, car il y a beaucoup d’économies. D’un côté, il y a l’épargne Covid, que nous n’avons pas pu consommer : c’est la moitié supérieure de la société qui a épargné. Et puis en ce moment, avec l’inflation, il y a une épargne légèrement différente, c’est une épargne de peur. Aussi, avec ce qui se passe au Moyen-Orient et en Ukraine, il y a beaucoup de gens qui disent : on ne sait pas comment cela va évoluer, alors je serre la vis. Ce sont ces deux types d’épargne qui font augmenter le taux d’épargne.

Ensuite, c’est vrai que l’année dernière je pense qu’on a atteint 2 milliards dans le monde pour les investissements militaires. On s’attendait, après la fin de la guerre froide, à désinvestir dans le militaire, et on se rend compte que ce n’est pas le cas : les sociétés se réarment, ce qui est pour moi une mauvaise nouvelle. C’est une tragédie, bien sûr.

Et la guerre en Ukraine montre clairement que les nouvelles guerres seront des guerres beaucoup plus technologiques, basées sur l’intelligence artificielle, sur la technologie numérique, et que nous avons essentiellement liquidé nos vieux obus en Ukraine, et maintenant nous voyons clairement que les Ukrainiens demandent, ce sont des techniques beaucoup plus modernes, beaucoup plus innovantes. Il existe donc un énorme potentiel d’innovation.

Dans le système que nous appelons militaro-industriel, il y a autour de lui de nombreuses PME, de nombreux sous-traitants, de nombreuses compétences et ingénieurs. Cela s’inscrit dans la relance de la révolution industrielle, qui est une nouvelle révolution industrielle, une révolution industrielle basée notamment sur le vivant, basée sur l’intelligence artificielle, qui est une des réponses au réchauffement climatique.

Thomas Gassilloud, député Renaissance ET Le président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale estime que la mesure est justifiée dans le contexte de la montée en puissance de l’économie de guerre. Est-ce que cela concerne aussi la France ?

Oui, tout à fait, et l’économie de guerre concerne tout le monde. L’Europe était sous-équipée depuis la fin de la guerre froide, et l’Allemagne était largement sous-équipée. Les Allemands viennent d’investir des sommes considérables et le plus terrible, c’est que le véritable ennemi du moment, c’est le réchauffement climatique.

La question est de savoir comment protéger les gens ? Alors bien sûr il nous faut des fusils, des canons, mais il faut avant tout gagner la bataille du climat, qu’est-ce que la production de CO2, avoir un nouveau respect des écosystèmes. Il est clair que l’idéal aurait été de réduire la production de canons et, de fait, d’augmenter les moyens de guerre climatique.

L’idée du gouvernement est aussi d’augmenter simultanément les dépenses pour la transition écologique dans le prochain budget, 7 milliards d’euros pour le logement, les transports, l’énergie ou encore la biodiversité. Une planification pluriannuelle également. Mais cela soulève cette question à long terme : où trouver les milliards pour surmonter le mur des investissements ?

Nous sommes entrés dans ce que j’appelle la troisième guerre mondiale ; En fait, l’humanité s’unit pour lutter contre une nature qu’elle a perturbée. Une bonne partie sera financée de manière privée, par chacun d’entre nous, qui change une vitre, isole une pièce, modifie ses voitures petit à petit… Et puis, effectivement, il faut de l’argent public. Pour monter plus haut, il faudra serrer les vis quelque part. Les Allemands viennent de décider de redoubler d’efforts pour augmenter les financements.

Soit il faut travailler plus, soit il faut dépenser moins, soit il faut réduire la solidarité. Il faut savoir ne pas faire des investissements inutiles, des autoroutes, des choses qui ne sont vraiment pas indispensables. Ce sera donc le grand débat des années à venir : comment réorganiser l’espace public, le financement public, même si nous savons aussi que nous avons besoin d’enfants à l’école, que nous avons besoin de policiers.

C’est le grand débat de société : comment réorganiser l’appareil public pour gagner la guerre climatique. Je suis sûr que nous allons le gagner, mais nous devons accélérer.




Gn fr bus

francaisenouvelles

The website manager responsible for technical and software work, the electronic newspaper, responsible for coordinating journalists, correspondents and administrative work at the company's headquarters.
Bouton retour en haut de la page