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l’horreur de la guerre du point de vue d’un enfant

Nous sommes dans un lieu idyllique, le superbe Château de Chambord, en bord de Loire, sous le soleil. Mais la période n’incite pas au plaisir, loin de là, puisque le film se déroule en 1942. Et il nous présente un groupe de six enfants juifs, pour la plupart orphelins, qui vont se cacher dans le château, et plus tard tenteront de rejoindre la France libre à travers la forêt, dans laquelle ils vivront un temps.

Les horreurs de la guerre et de la Shoah face à l’insouciance de cette bande d’enfants. C’est le projet de Coeurs vaillantsen partenariat avec franceinfo, et réalisé par Mona Achache :

« Comment raconter la guerre, la Shoah, aux enfants, à travers leurs yeux, en se mettant à leur hauteur ? Découvrir aussi toute leur lumière, leur hauteur d’esprit, et la mettre en parallèle avec la terreur de la guerre, mais faire c’est un film pour eux. »

Mona Achache, réalisatrice

chez franceinfo

« Ma grand-mère était aussi une enfant cachée, poursuit le cinéaste, et quand elle m’a raconté son parcours, quand j’étais enfant, j’ai été marqué par l’ambivalence de ses sentiments. Elle m’a rendu l’horreur de la guerre, mais j’ai aussi vu jaillir son innocence et des élans de liberté. Moi, c’était mon terrain d’attachement en fait, avant la barbarie, avant la découverte du contexte historique plus large, c’était sa petite histoire.

JTous les jeunes comédiens du film sont très justes et attachants, une prestation quand on sait que bien faire jouer les enfants, qui plus est ensemble, est souvent un challenge :

« On a tourné le film dans l’ordre chronologique, ce qui est assez rare, et j’ai constamment essayé de m’inspirer, de rebondir, et de laisser surgir spontanément ce qu’ils pouvaient vivre, ressentir. Toutes nos projections d’adultes à l’écriture du le scénario étaient des points d’ancrage essentiels pour faire avancer l’histoire, le récit, la menace, la chasse et leur évasion.

Mais ensuite, ce qui venait se construire dans le groupe, la façon dont ils devaient réagir face à la peur, mais aussi ces moments de liberté et d’insouciance, leur vie sauvage en forêt, il était impossible de ne pas se laisser emporter par leur spontanéité élan. »

Et l’actrice Camille Cottin, le rôle principal du film, est aussi époustouflante du début à la fin.

Dans un tout autre style, nous nous intéressons maintenant à un autre fillm, Nitram, qui nous emmène en Australie. Un long métrage réalisé par Justin Kurzel, qui était en compétition à Cannes l’an dernier, basé sur l’histoire de Martin (« Nitaram » à l’envers) Bryant, un jeune terroriste qui, en 1996, a tué 35 personnes lors d’un attentat à Port Arthur en Tasmanie, un État insulaire au large de la côte sud de l’Australie.

Son acte ne sera pas filmé, le film se termine juste avant, et justement il s’intéresse à la vie du tueur avant le drame : un jeune solitaire, abusé, psychotique sous traitement, qui au gré des rencontres accentuera sa colère.

Dans le rôle-titre, l’acteur américain Caleb Landry Jones, qui a remporté un prix d’interprétation à Cannes, est remarquable :

« Au début, je ne savais pas si j’en serais capable. J’avais une appréhension, j’avais peur d’échouer. Mais après avoir rencontré Justin et Shaun, le scénariste, je me suis dit : ‘C’est bon, allons-y.’

Et si le film n’évite pas un brin de complaisance, ou certaines maladresses, la démarche n’est pas inintéressante et, du moins visuellement, Nitram est plutôt réussi.

Et comme nous avons décidé de mélanger les styles cette semaine, pour qu’il y en ait pour tous les goûts, le troisième et dernier conseil de la semaine est L’homme du nord réalisé par le britannique Robert Eggers, qui avait déjà signé des films étranges et remarqués La sorcière et Le Phareet qui adapte ici une légende scandinave, qui inspira plus tard Shakespeare.

Ou l’histoire d’un Viking au XIe siècle, fils de roi, qui assiste à l’assassinat de son père et s’enfuit en mer en promettant de le venger, et qui revient 20 ans plus tard, devenu un guerrier sanguinaire.

Vous l’aurez compris, on est dans la revanche et une imagerie barbare, le film est très violent, spectaculaire, souvent remarquable sur le plan esthétique, même si on a un peu mal à la tête au bout de deux heures. Au casting, on retrouve Alexander Sasgard, Nicole Kidman, Ethan Hawke, Willem Dafoe, Anya Taylor-Joy ou encore la chanteuse islandaise Björk.



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