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« L’étoffe des Flamands », une exposition passionnante, qui est dans la dentelle !


Le tissu des Flamands : c’est le nom de la dernière exposition du musée de Tessé, situé au cœur de la ville du Mans. Jusqu’au 29 janvier inclus, il permet aux visiteurs de découvrir les petits secrets de la mode flamande au XVIIe siècle. De cette période, on ne retiendra que les costumes noirs et les fraises blanches, synonymes d’austérité. « Les préjugés! » s’exclame Alexandra Bosc, commissaire scientifique de l’exposition et spécialiste de la mode et du costume. Devant de Portrait d’une femme de 54 ans, signé Aelbert Cuyp, le conservateur du patrimoine explique que cette idée du noir associée à la sobriété est une invention du XIXe siècle. « Cette couleur était, au XVIIe siècle, synonyme de richesse car la teinture des étoffes de laine en noir était une activité délicate ». Autrement dit, il fallait payer cher pour avoir un « bon black » ! Et la teinture de Leyde était mondialement connue au XVIIIe siècle pour la qualité de son noir.

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Pourquoi les Flamands étaient-ils si célèbres pour la richesse de leurs étoffes ?

La première salle de l’exposition répond admirablement à cette question en présentant le contexte économique et historique -très complexe- des Pays-Bas actuels. Sous le regard du portrait de l’archiduchesse Isabelle d’Autriche, souveraine puis gouvernante des Pays-Bas espagnols de 1621 à 1633, on apprend que la Flandre fut l’une des premières régions textiles d’Europe depuis le Moyen-Âge. Mais avec les guerres, principalement entre Français et Espagnols, les marchands et ouvriers protestants émigrent vers le nord des Pays-Bas, fuyant les persécutions religieuses. Profitant de cette main-d’œuvre, cette région flamande (appelée à l’époque les Provinces-Unies) développe au siècle suivant une industrie drapière de premier ordre dont la ville de Leyde (60 000 habitants) est le centre économique. Témoin cette facture d’un marchand drapier de Leyde comprenant huit échantillons de drap de laine.

Immortalisés par la peinture de « l’âge d’or » hollandais (Ruben, Rembrandt, Vermeer, etc.), ces étoffes flamandes, faites de fraises d’une blancheur immaculée et de pourpoints noirs foncés, ont nourri notre imaginaire d’un pays flamand vêtu d’un costume suranné et séduisant façon. Ces costumes étaient l’apanage des élites urbaines, paysans et ouvriers portant des haillons raccommodés par des raccommodeurs (kleerlapersen néerlandais), comme en témoignent les tableaux représentant des scènes de la vie paysanne dans la troisième salle, mais aussi une paire de mulets du Rijksmuseumà Amsterdam.

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La fraise, symbole de réussite sociale

La quatrième salle de l’exposition porte un intérêt particulier aux portraits commandés à l’occasion de mariages nobles où les jeunes mariées portaient des gants d’une grande délicatesse de tissu. En réponse à ces peintures, le visiteur peut admirer une de ces paires de gants, propriété d’une certaine Cornelia Fagel, mariée le 15 février 1637. Un magnifique modèle de fils de soie et de perles. Sans doute le trésor de cette exposition, qui donne aussi le privilège de pouvoir admirer des supports de fraises. Aux Pays-Bas, les proportions de cet accessoire étaient si colossales (jusqu’à 17 mètres de bandes de lin !) qu’on les appelait molensteenkraag (meules, en langue batave). Symbole de réussite sociale, le cutter était fait de matériaux chers et salissants dont l’entretien nécessitait une fortune. « C’est sa mise en forme qui lui a donné toute sa valeur et son originalité », conclut Alexandra Bosc. Encadrant le visage et renforçant sa pâleur, la fraise était vue comme l’accessoire indispensable d’une raideur significative d’un « processus de civilisation des mœurs »…

« L'étoffe des Flamands », une exposition passionnante, qui est dans la dentelle !
musée d’amsterdam

Comment cette robe noire et blanche a-t-elle disparu ? La silhouette a évolué pendant les guerres du nord de l’Europe, si l’on en croit les nombreux portraits des deux dernières salles. Les Pays-Bas sont passés de la mode espagnole, très contraignante pour le corps, à la mode française, plus ample et surtout plus colorée. Quand l’histoire influence le tissu…

« Tissu flamand », Exposition au musée Tissé, au Mans. Jusqu’au 29 janvier 2023.

« L'étoffe des Flamands », une exposition passionnante, qui est dans la dentelle !
« L’Étoffe des Flamands » à découvrir au musée de Tessé. Musée Tesse

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