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Les survivants de Pikogan vont rencontrer le pape | Le pape François au Canada


Un premier contingent d’une quarantaine de rescapés de l’internat Saint-Marc quittera Pikogan lundi matin.

Ce voyage, qui pour beaucoup s’inscrit dans un processus de guérison personnelle, vise notamment à entendre en personne les excuses que l’on attend du Pape pour les abus causés par l’Église dans ces internats.

John Charles Kistabish, qui avait fréquenté le pensionnat Saint-Marc pendant quatre ans, était de ceux qui partaient pour Québec avec une grande impatience.

C’est une visite très importante pour moi, c’est comme une libération dans mon cœur. J’en ai la chair de poule rien que d’en parler. Excusez-moi, je suis content. Ils admettent que des choses se sont passées. Pour moi, c’est son discours qui est important, pas la messe. J’attends surtout de voir les mots qu’il va utiliserfait-il remarquer.

John Charles Kistabish est ravi d’entendre les excuses du pape François.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Maintenant âgé de 68 ans, M. Kistabish dit qu’il vit toujours avec les conséquences de ses quatre années d’horreurs au pensionnat.

Quand ils sont venus me chercher, ma vie a changé du jour au lendemain, raconte-t-il avec émotion. J’ai vécu un gros chagrin d’amour, des abus physiques et sexuels. Ce qu’on a vécu, ça a généré de la colère, le goût de la vengeance. J’ai suivi toutes sortes de thérapies et je suis toujours en colère aujourd’hui, mais elle est en meilleure santé qu’avant. Ce que j’ai vécu à l’internat restera toujours avec moi, mais ça m’a fait mal. Ce n’est pas facile, mais ça arrive.

Pour Emily Mowatt Kistabish, qui a fréquenté un pensionnat de 7 à 13 ans, le voyage au Québec consiste davantage à poursuivre un cheminement personnel de guérison, au contact d’autres survivants des pensionnats.

Mes années au pensionnat ont marqué ma vie, dit-elle. Je me suis oublié et cela a causé un grand traumatisme. Je sais que pour beaucoup, cette rencontre avec le Pape fait partie de leur guérison. Je me dis que le pape n’est pas à lui de s’excuser. C’est le clergé, les missionnaires et les sœurs qui ont fait des choses qui ne sont pas justes. Moi, je veux d’abord être parmi le groupe, rencontrer des gens et voir où ils en sont dans leur parcours. Cela fait partie de mon propre processus. Ce sera une étape dans ma vie pour avancer.

Emily Mowatt Kistabish, posant dans le village de Pikogan, un tipi en arrière-plan.

Emily Mowatt Kistabish veut rencontrer d’autres survivants lors du voyage au Québec.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Édouard Kistabish fera également le déplacement à Québec, mais il regrette que l’organisation laisse très peu de places aux rescapés à l’intérieur de la basilique Sainte-Anne pour la messe du jeudi 28 juillet. Seules 10 personnes du groupe Pikogan obtiendront l’un des billets.

On nous a appris que c’est finalement l’Église qui organise les choses là-bas. Les évêques et les seigneurs devraient réduire leur présence. C’est d’abord une rencontre pour les communautés. Je suis très déçu de voir que nous sommes laissés pour compte. Le pape vient s’excuser, mais on dirait que ce n’est pas sincère. Ce n’est pas normal qu’on ait dû lui demander et cela aurait dû être fait bien avant. Les internats ne datent pas de l’année dernière. Dans tous les cas, il faudra plus que des excuses. Il prend des mesures, à la fois de l’église et du gouvernementil dit.

Édouard Kistabish, posant sur une galerie.

Édouard Kistabish déplore le peu de places laissées aux rescapés à l’intérieur de la Basilique Sainte-Anne.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

En plus de converger vers Sainte-Anne-de-Beaupré jeudi, les rescapés de Pikogan assisteront à l’arrivée des marcheurs qui relieront Mashteuiatsh et Wendake mardi, en plus d’assister à la visite du pape sur les plaines d’Abraham mercredi.

Nous savons que des autobus partiront également de Lac-Simon et de la Première Nation de Timiskaming mercredi pour assister à la messe du pape François.

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