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Les résultats consternants de la rafle du Vél’ d’Hiv

A 4 heures du matin le 16 juillet 1942, une opération d’envergure est lancée dans les rues de Paris et de sa proche banlieue. Plusieurs milliers de policiers, agissant par paires, ont fait irruption dans les maisons de familles juives. La rafle du Vél’ d’Hiv commence.

Un objectif de 25 000 juifs déportés

Neuf jours plus tôt, dans la capitale française occupée par l’Allemagne nazie, les contours de l’opération se préparent. Sous l’impulsion des autorités françaises et parisiennes, notamment du préfet de police et créateur du « fichier juif » André Tulard, une liste de 24 000 à 25 000 juifs étrangers est dressée. Il comprend les hommes juifs âgés de 16 à 60 ans et les femmes juives âgées de 16 à 55 ans.

Instruction est donnée d’épargner certaines personnes, notamment les mères proches de l’accouchement ou de l’allaitement, les enfants, les personnes âgées, les épouses de prisonniers de guerre ou encore les parents dont au moins un des enfants n’est pas juif. Mais lors de la rafle, ces dérogations ne seront pas prises en compte : le « tri » aura lieu dans les centres de rassemblement.

Un peu plus de la moitié des juifs visés seront finalement emmenés par la police française. Au total, entre le 16 et le 17 juillet 1942, 13 152 Juifs sont arrêtés. Parmi eux, 4 115 enfants, 5 919 femmes et 3 118 hommes, dont des Juifs français. Grâce à l’aide de résistants et parfois de policiers, un certain nombre de personnes répertoriées échappent à une arrestation qui les aurait conduites à une mort certaine.

quelques survivants

Les détenus sont d’abord envoyés dans des « centres de rassemblement primaire », c’est-à-dire des gymnases ou des écoles, avant d’être envoyés pour une partie au camp de Drancy (environ 5.000 personnes) ou, à partir du 19 juillet, au Vélodrome d’hiver, à le 15e arrondissement de Paris, à l’angle de la rue Nélaton et du boulevard Grenelle.

Plus de 8 000 personnes sont alors parquées pendant plus de deux semaines dans le stade, vivant dans des conditions d’hygiène déplorables. Ceux qui tentent de fuir sont fusillés, une centaine de prisonniers se suicident.

Les captifs sont déportés à partir du 5 août vers les camps de Drancy (aujourd’hui Seine-Saint-Denis), Beaune-la-Rolande et Pithiviers (Loiret). Contrairement aux consignes initiales, les enfants de plus de 12 ans accompagnent les adultes. A la mi-août, les plus jeunes, séparés de leurs parents, y seront également déportés. Un très petit nombre de Juifs ont réussi à s’échapper de ces camps.

A partir de cette rafle, tous les détenus seront déportés à Auschwitz. À peine une centaine d’adultes survivront au tristement célèbre camp de la mort. Aucun enfant ne reviendra de cette déportation vers la Pologne. Près d’un tiers des quelque 42 000 Juifs de France envoyés à Auschwitz en 1942 l’ont été lors de cette opération policière, qui reste aujourd’hui l’un des symboles de la Shoah, la politique d’extermination menée par les nazis.

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