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Les producteurs de betteraves sucrières crient au scandale après le demi-tour français sur les pesticides tueurs d’abeilles

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Les producteurs de betteraves à sucre en France affirment qu’une décision surprise d’interdire définitivement l’utilisation des néonicotinoïdes – des insecticides nocifs pour les pollinisateurs et la biodiversité en général – équivaut à un abus de confiance de la part du gouvernement qui fera complètement dérailler l’une des plus grandes industries du pays.

Les agriculteurs étaient à des semaines de semer des graines de betteraves traitées aux néonicotinoïdes lorsque le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a annoncé lundi que la France ne contournerait plus les lois de l’UE qui interdisent leur utilisation depuis 2018.

La décision – qui prend effet immédiatement – ​​est intervenue quatre jours après que la Cour européenne de justice a statué que les exemptions d’urgence accordées par les pays de l’UE autorisant l’utilisation continue des insecticides étaient en fait illégales.

Chef de file de l’industrie

La France est le deuxième producteur mondial de betteraves à sucre – une exportation importante qui, avec la canne à sucre, est utilisée pour fabriquer du sucre blanc et brun raffiné.

Pendant deux ans, le gouvernement a accordé aux producteurs de betteraves sucrières une autorisation spéciale d’utiliser des néonicotinoïdes après que les cultures à travers le pays ont été décimées par la jaunisse propagée par les pucerons en 2020.

Un projet de décret autorisant les néonicotinoïdes pour une troisième année consécutive a été soumis par le ministère de l’Agriculture au début du mois, Fesneau ayant déclaré aux producteurs qu’il s’attendait à ce que l’exemption soit renouvelée jusqu’en 2024.

Selon les producteurs, le revirement du gouvernement intervient après qu’ils ont déjà acheté leurs semences et finalisé les plans de rotation des cultures six semaines avant la saison des semis.

Malgré les promesses d’une indemnisation non précisée de l’État pour compenser les pertes des agriculteurs et des fabricants de sucre, les dirigeants de l’industrie affirment que l’impact sur le secteur sera énorme.

« Nous craignons que la culture soit complètement abandonnée car le risque de planter des semences de betteraves non traitées est trop élevé », déclare Guillaume Gandon, vice-président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), principal syndicat représentant la filière.

« Cela entraînerait malheureusement aussi la fermeture d’usines sucrières. »

Danger environnemental

Les néonicotinoïdes, l’insecticide le plus populaire au monde, ont été utilisés sur plus de 140 variétés de cultures pour lutter contre les ravageurs dans quelque 120 pays depuis leur mise au point dans les années 1980.

Ils sont interdits dans l’UE et au Royaume-Uni depuis 2018, après avoir été jugés extrêmement nocifs pour l’environnement et en particulier pour les pollinisateurs, y compris les oiseaux.

Au grand dam des groupes écologistes, le gouvernement britannique a annulé cette semaine l’avis d’un groupe d’experts d’accorder une autorisation d’urgence pour leur utilisation continue dans les betteraves sucrières britanniques.

Les néonicotinoïdes perturbent le système nerveux central des abeilles, provoquant des pertes de mémoire et des paralysies qui les empêchent de retourner dans leurs ruches. Des répercussions sur la santé humaine ont également été documentées.

Parce qu’ils sont généralement administrés en enrobant les graines de betterave à sucre, les néonicotinoïdes sont distribués dans tous les tissus d’une plante en croissance.

Certains sont également suspectés d’être cancérigènes, explique François Veillerette, porte-parole de Générations futures, un groupe environnemental qui a fait pression sur la France pour mettre fin aux dérogations d’urgence pour les producteurs de betteraves sucrières.

« Seul un nanogramme par gramme pourrait tuer une abeille, mais il y a aussi de gros doutes quant à l’impact de cet insecticide très dangereux sur la santé humaine – donc l’interdiction est également excellente pour les agriculteurs qui ne seront plus exposés », a déclaré Veillerette à RFI. .

« C’est une grande victoire pour l’environnement en France.

Course pour une alternative

Les exemptions accordées par l’État autorisant les néonicotinoïdes ont toujours été destinées à être une mesure palliative pendant que des solutions alternatives étaient explorées.

Les betteraviers français déplorent qu’il n’existe pas à ce jour de véritable moyen efficace de lutter contre le virus de la jaunisse qui touche les betteraves à sucre malgré les recherches financées par l’État.

« Même le conseil de surveillance du Plan national de la recherche et de l’innovation, piloté par INRAE [France’s agricultural science institute] et par le gouvernement a conclu qu’aucune solution viable n’a été trouvée », déclare Gandon, de la CGB.

Il soutient que si les méthodes préférées des agriculteurs biologiques telles que la rotation des cultures, les petites parcelles et les bordures de haies fonctionnent au niveau micro, elles sont insuffisantes pour le type de rendements à grande échelle auxquels l’industrie au sens large est habituée.

Le CGB souhaite que les chercheurs aient plus de temps pour trouver une alternative durable pour protéger les betteraves sucrières des pucerons destructeurs de cultures.

« L’État a investi 8 millions d’euros dans la recherche, mais cela ne fait que deux ans et deux ans, c’est beaucoup trop court », a déclaré Gandon à RFI.

Il accuse la France de jouer à un jeu de « roulette russe » qui finira par voir les clients français se retrouver avec des produits sucriers de qualité inférieure provenant d’autres grands producteurs de betteraves comme le Brésil ou, pire encore, la Russie elle-même.

« S’il n’y a pas de pucerons cette année, il n’y aura pas de problème, mais s’il y en a, ce sera catastrophique car nous n’aurons pas les moyens de les combattre. »

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