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Les pompiers volontaires sous pression alors que la France lutte contre des incendies de forêt historiques

Des pompiers volontaires ont été appelés de leur travail de jour dans toute la France cet été pour aider à combattre les incendies de forêt.

« C’est la première année qu’on est autant sollicité pour aider à l’extérieur » de notre région, a déclaré Victorien Pottier, 23 ans.

Les pompiers volontaires représentent plus des trois quarts des quelque 252 000 pompiers du pays, selon les chiffres officiels.

Ils ont été en première ligne pour éteindre les flammes cet été alors que le pays fait face à une sécheresse historique et à une série de vagues de chaleur qui, selon les experts, sont provoquées par le changement climatique.

Ceux-ci ont inclus un énorme incendie dans la région sud-ouest de la Gironde, qui a éclaté en juillet et détruit 14 000 hectares avant d’être maîtrisé.

Mais il a continué à couver dans les forêts de pins sèches et les sols riches en tourbe, et a de nouveau éclaté cette semaine, brûlant 7 400 hectares supplémentaires.

Lorsqu’il n’est pas de service une fois toutes les cinq semaines dans le nord-ouest de la France, Pottier prépare des commandes pour un grand fabricant de produits laitiers.


Dans le sud-ouest du pays, Alisson Mendes, 36 ans, assistante commerciale pour un groupe de supermarchés de premier plan, a déclaré qu’elle était allée aider à combattre l’énorme incendie en Gironde pendant deux jours.

Elle a dit qu’elle serait prête à y retourner, mais pensait que ses chances étaient minces car elle avait entendu dire qu’il y avait une longue liste d’attente d’autres volontaires espérant aller aider.

« Ils donnent la priorité à ceux qui n’y sont jamais allés », a-t-elle déclaré.

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a appelé mercredi les entreprises privées à libérer leurs pompiers volontaires afin qu’ils puissent venir les aider.

Les grandes entreprises, y compris les fournisseurs nationaux de gaz et d’électricité, ont déclaré vendredi qu’elles feraient de leur mieux.

Tout comme l’entreprise de produits laitiers de Pottier.

Au début, il n’était pas très enthousiaste à l’idée qu’il donne de son temps, dit Pottier, qui est sur appel pour combattre les incendies depuis plus de trois ans et demi.

Équilibre fin

« Mais ensuite, ils ont vu ce qu’il y avait pour eux », a-t-il déclaré.

« Nous sommes doués pour repérer les situations à risque au sein de l’entreprise, ce qui permet d’éviter les accidents du travail. »

Chaque entreprise décide du nombre de jours qu’elle peut libérer ces employés en cas d’urgence grâce à un accord qu’elle signe avec les services locaux de lutte contre les incendies et de secours.

Mais Samuel Mathis, secrétaire général du syndicat des pompiers volontaires, affirme que les petites entreprises ne peuvent pas si facilement se permettre de se passer de leur personnel.

Le gouvernement « dit aux entreprises de libérer des volontaires », a-t-il dit.

« Mais je ne vois pas comment un artisan qui n’a que deux ou trois employés peut raisonnablement s’en passer, surtout en août », a-t-il déclaré.

Fin 2020, la France comptait 197.100 sapeurs-pompiers volontaires, selon les chiffres officiels.

Cela se compare à seulement 41 800 pompiers professionnels et 13 000 policiers paramilitaires formés pour aider.

Mais lorsqu’ils se précipitent pour aider à éteindre les flammes, les pompiers volontaires ne sont pas rémunérés comme leurs pairs.

Au lieu de cela, ils ne reçoivent qu’une indemnité d’à peine 8 euros (8 $) par heure de travail, soit moins que le salaire minimum national.

Mathis, du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires, a dit que c’était trop peu.

« Ce n’est pas suffisant pour affronter des flammes de 40 mètres (130 pieds) de haut », a-t-il déclaré.

C’est un problème qui devra être résolu alors que la France cherche à recruter davantage de volontaires.

Le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, Gregory Allione, affirme qu’une campagne de recrutement massive est nécessaire pour trouver 50 000 personnes pour combattre les incendies sur une base volontaire d’ici 2027.

Les volontaires s’inscrivent généralement pour une période de cinq ans qui peut être prolongée par la suite. Dans le passé, les gens restaient environ 11 à 12 ans.

Mais cela a glissé, selon Olivier Grauss, qui travaille comme pompier dans la ville de Sélestat dans l’est de la France et également bénévole dans le plus petit qui fait également du bénévolat dans un village d’Obernai « par passion ».

Les principales raisons sont « le travail, l’école, la famille ». « Il y a de plus en plus de femmes, mais souvent les femmes arrêtent après avoir eu un enfant », raconte cet homme de 34 ans, pompier volontaire depuis l’âge de 16 ans.

Mendes, qui vient de Corrèze dans le sud-ouest de la France, dit que « beaucoup restent deux ou trois ans et partent parce qu’ils ne se rendent pas compte qu’il y a tant de contraintes ». « Vous n’êtes pas apprécié, vous vous épuisez psychologiquement. »

Les sapeurs-pompiers volontaires doivent au quotidien trouver un équilibre entre leur vie professionnelle, leur famille et le bénévolat.

« Adrénaline constante »

Aurélie Ponzevera est une assistante sociale de 39 ans en Corse et sapeur-pompier volontaire depuis une dizaine d’années. Le manque de sommeil et le manque de temps sont ses principales contraintes.

Elle parvient à trouver un équilibre en coordonnant les soins de sa fille de trois ans avec son compagnon, pompier professionnel.

« C’est constamment de l’organisation et de l’anticipation. On sait que quand l’un est d’astreinte, l’autre ne l’est pas », précise-t-elle.

« Parfois, c’est très compliqué sur le plan émotionnel, mais nous devons aller au-delà et continuer. Mais cela fait partie du package avec cette adrénaline constante, cela fait partie de ce qui nous attire », a déclaré Ponzevera.

(-AFP)



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