Nouvelles locales

Les municipalités pour une nouvelle école


Olivier Caremelle Premier Adjoint au Maire DVG de Lomme

L’école primaire est sous la responsabilité de la commune. Depuis le XIXe siècle et la loi Guizot de juin 1833, les communes sont responsables des écoles primaires qu’elles ont l’obligation de créer et d’entretenir. C’est dans ce contexte que de nombreuses évolutions leur ont permis d’investir dans leurs écoles, dépassant le cadre strict fixé par la loi pour « entrer dans le champ de l’éducation et des activités périscolaires », répondant ainsi aux nouvelles demandes des enseignants. et bien sûr les familles.

La création toute récente de politiques éducatives locales à travers le développement des CEL en 1998, des projets éducatifs globaux, comme à Lille-Lomme-Hellemmes en 2005, ont largement contribué à ce mouvement, permettant de renforcer les projets d’école et leur donner de nouveaux moyens dans les domaines de la culture, du sport, de la citoyenneté, du soutien aux classes transplantées à Lomme… depuis 1968 ! Parallèlement, de nombreux services complémentaires ont été renforcés et modernisés : restauration scolaire, transports, études guidées, soutien à la scolarité, soutien à la parentalité… Cette « intrusion positive » de la commune sur le temps scolaire dans le cadre des projets pédagogiques a produit des effets immenses, reconnus par les enseignants, les familles, les enfants eux-mêmes éveillés à la Ville et au monde qui les entoure, loin d’une école sanctuaire.

Cela signifie que, globalement, le poids des communes dans les dépenses domestiques d’enseignement primaire est fort (plus de 16 milliards sur 45) et a eu tendance, ces dernières années, à se développer, mais de manière inégale à travers les 48 700 écoles publiques que compte le pays. Malgré tout, les inégalités scolaires et éducatives ont eu tendance à augmenter, dans un rapport de 1 à 10, entre une commune désireuse ou capable d’investir durablement dans ses écoles et celle qui, par choix ou par manque de moyens, en fera le minimum vital.

C’est dans ce contexte que de nouveaux enjeux se font jour, afin de construire une ville à hauteur d’enfant, une ville récréative dans laquelle la place de l’école est centrale. Après avoir investi durablement, et il faudra continuer à le faire, sur les questions d’éducation pour conforter les projets d’école et ceux du périscolaire, se pose aujourd’hui la question des bâtiments et de la place de l’école dans la ville ​et quartier.

La prise de conscience des enjeux liés au changement climatique est nette tant au niveau de l’ensemble du pays qu’à celui des communes. Beaucoup aujourd’hui pensent différemment à investir dans les écoles afin de répondre aux nouveaux enjeux de sobriété énergétique, de conservation de l’eau, de renforcement de la nature avec des parcours pour vivre, des parcours verts, des réhabilitations de nos bâtiments tandis que certaines de nos écoles, patrimoniales, bien entretenues et sûres, ne respectent pas tous les canons de l’adaptation climatique.

Ce sera aussi la déclinaison d’autres usages pour considérer l’école comme le centre du quartier, un pôle éducatif, culturel, social, récréatif permettant, par exemple, nous l’avons expérimenté à Lomme cette année, d’ouvrir l’école et ses cours végétalisées aux habitants de la ville afin de multiplier l’accès à la nature, plutôt que de la cantonner à des temps contraints.

Cette nouvelle école, dont nous parlons, a déjà été pensée par de nombreuses villes. Il reste des questions majeures liées au rythme de travail et aux investissements absolument nécessaires, aux moyens des communes pour franchir un cap sur ces matières et poursuivre en même temps le projet de mixité.

A l’Etat de jouer son rôle, d’accompagner la politique locale d’éducation en privilégiant l’accompagnement des communes vers la réhabilitation, notamment énergétique, de nos bâtiments, d’une école destinée à irriguer les quartiers et ses habitants sans devenir des oasis isolées. Les municipalités seront là.

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