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Nouvelles locales

Les mots de la migration | Humanité


Dimanche, la journée internationale des migrants a donné lieu à de nombreuses initiatives pour lutter contre les préjugés et défendre les droits des migrants. Bien que le thème de la migration continue d’occuper une place importante dans l’actualité, on s’interroge rarement sur le bien-fondé des mots choisis pour en parler. Même le mot « migrant » fait l’objet d’amalgames et désigne trop souvent des personnes étrangères, même en situation irrégulière, provenant de certaines zones géographiques.

Dans notre imaginaire, les personnes migrantes relèvent du registre de l’altérité. Mais les mots ne sont pas neutres. Ils influencent la perception des citoyens et les politiques publiques. Comme l’expression « crise migratoire », par exemple, largement utilisée en France pour désigner certains mouvements de population. Oui, certains flux uniquement. Nous n’avons pas parlé de « crise » lorsque nous avons accueilli 7,8 millions d’Ukrainiens en Europe et débloqué une mesure de protection temporaire pour 4,7 millions d’entre eux. On a parlé de crise, en revanche, pour désigner le million de Syriens arrivés en Europe après 2015.

Ainsi, contrairement à ce que le terme suggère, la « crise » n’est pas tant du côté des migrants que du côté des pays d’accueil. C’est pourquoi, explique la politologue Catherine Perron, qu’entre 2012 et 2016, les Allemands ont résisté à l’expression « crise des migrants », car elle était contraire à la Willkommenskultur, une culture de l’accueil. promues pour encourager la migration de travail, et qu’elles ont préféré souligner le problème de la solidarité entre les pays européens à travers l’expression « crise des réfugiés ». Puis ça a changé.

Pour retrouver toutes les chroniques de Charlotte Recoquillon, c’est ici !

Mais les pratiques professionnelles des journalistes sont elles-mêmes encadrées par des conditions matérielles et structurelles. Manque de formation spécifique sur la migration, manque de diversité dans la rédaction, confusion entre journalistes et éditorialistes, isolement des journalistes indépendants, précarité, concentration des médias entre les mains de quelques millionnaires… de nombreux facteurs influencent le discours médiatique. Pour résister à ces logiques, il faut réunir des spécialistes dont la grille de lecture n’est pas celle de la crise, des chercheurs et associations, et des journalistes.

C’est la mission que s’est donnée l’association Desinfox-Migrations, qui a récemment organisé une table ronde sur ce sujet. Sinon, continuer à parler de « crise » entretient les réponses sécuritaires et les violations des droits des migrants, alimente les peurs et la montée de l’extrême droite. Pour lutter contre la désinformation, les discours xénophobes et les préjugés sur les migrants, il est donc impératif de mieux parler de migration.

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