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Les marbres du Parthénon, une éternelle querelle en passe de se résoudre ?


« Il est temps que le sujet soit clos » : la Grèce réclame depuis des décennies le rapatriement des marbres du Parthénon de l’Acropole d’Athènes, exposés au British Museum de Londres, un différend dont les observateurs voient les signes d’une future résolution.

« Il ne s’agit pas de n’importe quelle œuvre d’art loin de son lieu d’origine » mais de tous »partie d’un monument architectural symbole de la culture mondiale», souligne auprès de l’AFP Nikos Stampolidis, directeur du musée de l’Acropole.On parle de la réunification du monument du Parthénon», dit-il à propos de l’un des sites du Ve siècle av. J.-C. les plus visités au monde.

Objet de la bataille : une frise de 75 mètres détachée du Parthénon ainsi qu’une des célèbres cariatides de l’Érechthéion, un petit temple antique lui aussi sur le rocher de l’Acropole, deux chefs-d’œuvre du British Museum.

Depuis le début du 20ème siècle, la Grèce a officiellement demandé sa restitution sans succès. Londres affirme que les sculptures étaient « acquis légalement» en 1802 par le diplomate britannique Lord Elgin qui les vendit au British Museum. Mais Athènes soutient qu’elles furent « pillées » alors que le pays était sous occupation ottomane.

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« Il est temps de clore ce sujet au plus vite.», plaide M. Stampolidis, estimant que «un acte du Parlement anglais suffirait pour que les frises reviennent en Grèce« . L’opinion publique britannique y est de plus en plus favorable : 59 % des personnes interrogées estiment que les billes emportées par Lord Elgin appartiennent à la Grèce, selon la dernière enquête de l’institut anglais Yougov, contre 37 % en 2014.

Autre tournant majeur : l’influent quotidien britannique Les tempsqui a toujours été un fervent partisan du British Museum, estime désormais que « les temps ont changé« . »Les sculptures appartiennent à Athènes. Maintenant ils doivent rentrer», écrivait le journal en janvier.

« Adoucissement » du British Museum

Le British Museum lui-même semble assouplir sa position, selon le quotidien grec Votre Néa. Interrogé en février sur un éventuel prêt des marbres à la Grèce, un porte-parole du musée a simplement déclaré que «en temps normal« l’emprunteur doit reconnaître la propriété du British Museum, qui était auparavant un »condition préalable« .

« C’est un assouplissement de leur position, qui indique une volonté de faire ce qui est juste : restaurer les marbres« , a commenté Mark Stephens, avocat spécialisé dans le patrimoine culturel, cité par Votre Néa. « Le seul problème« pour la Commission internationale pour la réunification des marbres du Parthénon (IARPS) »est que le Royaume-Uni est devenu très nationaliste en ce qui concerne les litiges liés au patrimoine culturel« .

La Grèce doit décider de son « stratégie » mais « nous l’encourageons à poursuivre sur la voie diplomatique« , a déclaré à l’AFP Marlen Goldwin, membre de l’IARPS. Parce que « si elle va au tribunal ce sera une sorte de guerre« . Dans leur combat, les autorités grecques successives ont bénéficié du soutien de nombreuses personnalités, comme l’acteur américain George Clooney qui assure qu’Athènes a « juste à côté de lui« .

Le prêt au Musée de l’Acropole d’un fragment de frise jusqu’alors exposé en Sicile est considéré « une étape importante » qui « ouvre la voie à d’autres musées», s’est félicité le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.Le plus important bien sûr, c’est que le British Museum doit maintenant comprendre qu’il est temps pour les marbres du Parthénon de revenir ici, dans leur demeure naturelle.« , avait-il déclaré en janvier.

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Musée de l’Acropole, un « joyau »

L’inauguration en 2009 d’un tout nouveau musée avec vue panoramique sur l’Acropole, un « bijou » selon son directeur général, a fait tomber l’un des derniers arguments du refus londonien. « Le British Museum et le Royaume-Uni affirmaient jusque-là que la Grèce n’était pas en mesure d’entretenir les marbres et de les disposer correctement. Cet argument ne tient plus« , commentait alors le président du musée de l’Acropole, Dimitris Pantermalis.

Ici en Grèce, les frises »feraient face au rocher sacré, dans leur environnement et, surtout, sous la lumière de l’Attique » ou alors « le monument est né», appuie M. Stampolidis. Si le Premier ministre britannique Boris Johnson a renouvelé il y a un an le refus de Londres, il a dit comprendre »la force du sentiment du peuple grec« .

Londres refuse (encore) de restituer les marbres du Parthénon à Athènes

Les marbres sont « notre fierté, notre identité« , « notre âme», plaidait il y a 35 ans feu l’actrice Melina Mercouri, ministre grecque de la Culture. Mais des experts comme John Boardman, professeur d’archéologie à Oxford, craignent que le retour des marbres à Athènes n’ait un «effet d’entraînement sur d’autres musées à travers le monde« .

« Soyons clair», assure M. Stampolidis, «nous demandons la réunification des frises du Parthénon mais pas de tous les objets de l’antiquité grecque qui sont exposés dans les musées du monde entier« .

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