Politique

Les jardins de La Mansonière, dans l’Orne


Les jardins de la Mansonière à Saint-Céneri-le-Gerei, dans l’Orne, font partie de mes jardins préférés. Chaque espace se déguste comme une petite ou une grande gourmandise.

Depuis 28 ans, Michèle et Philippe Manson se donnent corps et âme à ce vaste espace, organisé en chambres vertes aux ambiances très différentes. Il y a un jardin à la japonaise, un jardin à l’italienne, un potager, un jardin blanc, une roseraie, des conifères taillés en nuage, des arbres communs ou rares…

Tout est planté dans des conditions pas toujours faciles, explique Philippe Manson : « Ici, on est dans les Alpes mancelles. C’est le début du massif armoricain. Le sol est donc très granitique. Quand on creuse pour planter, il faut utiliser des barres à mine pour franchir les blocs rocheux. »

« Planter ici n’est pas facile, il faut souvent creuser les trous de plantation avec un pied-de-biche.

Philippe Manson

chez franceinfo

Pourtant, la difficulté du terrain n’a jamais freiné les envies de Michèle et Philippe. Les moindres espaces, coins et recoins sont plantés. Et le travail des sols, dans et entre les jardins, est remarquable. Alors, oui, il y a de l’herbe, du gravier mais aussi des écorces de pin, de grandes dalles d’ardoise, ou cet assemblage concentrique de pavés, de galets et de verre au milieu d’une marée d’herbes (Stipa tenuissima).

Et comme nous avons affaire à deux jardiniers perfectionnistes, le désherbage des allées se fait à la main, et la taille au sécateur. Michèle en a envie : « Toutes les tailles sont faites manuellement. Une fois, j’ai essayé de tailler les sujets plus grands avec un outil thermique, mais j’ai été déçu du résultat. C’est moins joli, l’aspect obtenu est moins doux, moins velouté. »

Les plantations les plus anciennes sont d’un côté de la maison. Là, Michèle et Philippe ont appliqué les leçons apprises lors de voyages en Angleterre.

« Lorsque nous sommes allés en Bretagne visiter des jardins, nous nous sommes rendu compte qu’ils appliquaient la même recette dans leurs plantations depuis des siècles : ils plantaient un tiers de conifères. Nous avons donc fait de même ici, notamment en plantant un magnolia à grandes fleurs. (Magnolia grandiflora).

À ce moment-là, la personne qui nous a vendu l’arbre nous a dit : Mais vous êtes fous ! Il finira par soulever la maison ! Trente ans plus tard, la maison est toujours là et le magnolia aussi ! Dans cette partie, il y a aussi un magnifique rosier « Ghislaine de Féligonde » et une grande glycine. Et puis, de la campanule des murs (Campanula portenschlagiana) qui, au printemps, fleurit bleu en abondance. »

Au printemps, le mur de la maison se couvre de la végétation de la glycine et de la floraison du rosier 'Ghislaine de Féligonde'.  (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Pas facile de faire le portrait de ces riches jardins en deux minutes. Mieux vaut se faire une idée en allant les visiter. Les jardins de La Mansonière sont ouverts jusqu’à fin août, tous les après-midi, du jeudi au dimanche. En été, des concerts classiques y sont donnés en soirée. Le jardin est alors éclairé par des centaines de bougies. Prochains concerts les 30 juillet et 27 août.



francetvinfo

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page