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Les familles des victimes réclament justice 40 ans après l’attaque d’un restaurant juif à Paris

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Alors que Paris célèbre le 40e anniversaire du tristement célèbre attentat terroriste de la rue des Rosiers dans lequel six personnes ont perdu la vie, le seul suspect accusé du meurtre affirme toujours qu’il n’est pas coupable.

Était-il un « militant palestinien » ou un « exécuteur » du groupe Abou Nidal ?

Quarante ans après l’attentat du quartier juif du Marais à Paris, le seul suspect aux mains de la justice française clame toujours son innocence.

Les avocats de Walid Abdulrahman Abu Zayed ont dénoncé l’enquête policière sur l’attaque, affirmant qu’ils recherchaient « un coupable à tout prix ».

Extradé de Norvège en décembre 2020, Abu Zayed, 63 ans, Palestinien norvégien naturalisé, a depuis été mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre et incarcéré en France.

Les juges antiterroristes français le soupçonnent d’être l’un des hommes armés qui ont perpétré l’attentat du 9 août 1982 .

Au total, six personnes ont été tuées et 22 blessées à la suite de l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg et d’une fusillade dans le Marais.

L’attaque a été attribuée au Conseil révolutionnaire du Fatah d’Abou Nidal (Fatah-RC) – un groupe dissident de l’Organisation de libération de la Palestine.


« Les limbes de l’histoire »

Abou Zayed conteste même sa présence en France au moment des faits.

Selon les avocats Bruno Gendrin et Romain Ruiz : « La commémoration de cet attentat ne doit pas faire oublier qu’il y a un homme en garde à vue qui clame son innocence.

« La réponse au terrorisme est de s’opposer à l’Etat de droit, pas à l’Etat qui se venge, ni à l’Etat qui cherche à tout prix un coupable », a-t-il ajouté.

Les avocats soutiennent que la poursuite d’Abu Zayed n’est rien de moins qu’une « pure fantaisie judiciaire ».

La recherche de la vérité, disent-ils, « s’est perdue dans les limbes de l’histoire ».

Aîné de huit enfants, Abu Zayed est né en Palestine en 1958, près de Jénine, de parents paysans.

Il aurait travaillé dans le bâtiment, aurait rejoint le Fatah en 1981 et serait parti dans un camp d’entraînement de militants en Syrie.

De 1982 à 1983, il affirme avoir vécu au Liban.

Concernant le Fatah-RC, il insiste sur le fait qu’il n’a rien à voir avec l’organisation.

En 1985, il se marie, a deux enfants et en 1991, il émigre avec de faux papiers en Norvège, qu’il ne quittera plus.

Trois témoignages « concordants »

Selon l’avocat Ruiz, Abu Zayed a appris à manier les armes comme « tous les militants palestiniens » mais n’est jamais allé en France.

Pourtant, depuis début 2010, les juges d’instruction français le soupçonnent d’appartenir au commando qui a perpétré l’attentat.

Ils pointent des omissions, des inexactitudes et des contradictions sur son passé lors d’interrogatoires au début des années 1980.

Les juges se sont également appuyés sur des notes de renseignement et trois témoins, affirmant être d’anciens membres d’Abu Nidal, entendus par les enquêteurs entre 2011 et 2015.

Les juges pensent avoir identifié trois autres suspects, deux situés en Jordanie – dont le cerveau présumé de l’attaque – et un troisième en Cisjordanie, mais la Jordanie a refusé à plusieurs reprises leur extradition.

A la veille de la commémoration mardi du 40e anniversaire de l’attentat – en présence du garde des sceaux Eric Dupont-Moretti – les avocats représentant les parties civiles demandant justice ont appelé les autorités françaises et internationales à prendre des mesures concrètes pour que les les mandats d’arrêt sont exécutés.



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