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Les Européens divisés sur l’issue de la guerre en Ukraine

► Quelles sont les lignes de fracture concernant les objectifs de la guerre en Ukraine ?

Le clivage s’oppose d’un côté « champ de paix »attaché à la fin du conflit en Ukraine quitte à négocier avec Vladimir Poutine, et d’autre part le « Cour de justice », partisan d’une ligne sans concession vis-à-vis de Moscou impliquant le retrait total des troupes russes. C’est ce que tend à montrer une enquête, dévoilée mercredi 15 juin, par le Conseil européen pour les affaires internationales auprès de 8 000 Européens dans dix pays européens (1).

Le premier camp, surreprésenté en Italie et en Allemagne, rassemble 35% des interrogés, tandis que le second en réunit 25%. Les autres préfèrent ne pas commenter. La Pologne est le seul pays où les partisans de la « justice » (41 %) sont plus nombreux que les partisans de la « paix » (16 %). La France, en revanche, compte 41% de répondants favorables à une négociation rapide, et 20% d’intransigeants.

► Cela peut-il avoir une incidence sur le règlement du conflit ?

« Je vous invite à mettre les choses en perspective. Ce ne sont pas les sondages qui font la diplomatie nationale. Ce sera aux Ukrainiens, pas aux Européens, de choisir l’issue qu’ils veulent donner au conflit », estime Édouard Simon, de l’Institut des relations internationales et stratégiques. Pourtant, le président Volodymyr Zelensky est sur la même ligne que sa population : 80 % des Ukrainiens rejettent l’idée de faire des concessions territoriales pour obtenir la paix, selon l’Institut international de sociologie de Kyiv.

Des divisions se retrouvent dans les positions prises par les dirigeants européens. Après la polémique déclenchée par les appels répétés du président Emmanuel Macron à « ne pas humilier » Russie, l’Élysée a dû se ressaisir, vendredi dernier, en affirmant que la France veut la « victoire » de l’Ukraine et de la « récupération » de son intégrité territoriale. Les pays baltes et la Pologne, qui ont connu l’occupation soviétique, militent pour le retour aux frontières non seulement telles qu’elles étaient avant le 24 février, mais aussi avant l’annexion de la Crimée en 2014.

► Les Européens peuvent-ils surmonter leurs différences ?

A une semaine du Conseil européen des 23 et 24 juin, les Vingt-Sept veulent à tout prix montrer que l’unité l’emporte sur le reste. « Tout le but de l’exercice sera d’éviter les questions irritantes, comme la place à donner à la Russie, l’exigence ou non d’un changement de régime à Moscou, et l’architecture de sécurité à donner à l' »Europe ».poursuit Édouard Simon, qui nous invite à distinguer le court, le moyen et le long terme.

« Nous vivons à une époque où la France livre des obusiers César à l’Ukraine, et où l’Allemagne s’implique dans le renforcement de l’OTAN sur son flanc Est, cette cohésion est déjà assez remarquable »il note.

(1) Réalisée entre le 28 avril et le 11 mai sur un échantillon de 8 172 participants d’Allemagne, d’Espagne, de Finlande, de France, d’Italie, de Pologne, du Portugal, de Roumanie, du Royaume-Uni, de Suède).

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